PERLES DE VERRE ET DE SPATH-FLUOR
cinq tombes royales et qui seront décrites plus loin. Je n’ai trouvé que très-peu de fragments de vases portant d’autres dessins. Avec ces fragments de poterie, on a découvert une partie de collier avec une grosse perle de verre blanc (fig. 205); deux perles de spathlluor d’nue couleur bleuâtre et transparente, et trois de spath-fluor d’un bleu tirant sur le rouge, toutes percées de trous et enfdées dans un mince fd de cuivre (fig. 206, 207, 208, 209) ; un fragment de frise en marbre blanc, avec une ornementation (voy.la fig. 154).
Fig. 205 à 200. — Perles de verre et de spatli-lluor (à 4 mèt.). Grandeur réelle.
Juste au-dessus de la partie basse du dromos se trouvent les fondations d’une maison hellénique, qui, selon toute apparence appartient â la période macédonienne.
La Société archéologique d’Athènes n’a pas encore envoyé d’ingénieur pour consolider la sculpture qui est au-dessus de la porte des Lions et pour réparer le mur cyclopéen, dans la partie avoisinante ; mais on a toujours l’intention de le faire. Néanmoins on m’a autorisé à continuer les fouilles à la porte des Lions, à condition de laisser à droite et à gauche une masse considérable de décombres insitu^ pour qu’on puisse plus facilement hisser les blocs destinés à restaurer le mur. Il m’a donc été possible de reprendre les fouilles a la porte des Lions, et j’en ai découvert le seuil, qui est énorme. Les deux dessins ci-contre en donnent une idée exacte (fig. 210). C’est un bloc de brèche très-dure de 15 pieds (4”‘, 50) de long sur
l.E SEUIL DE LA DOUTE DES LIONS.
8 j)ieds de large. Les ornières qii’y auraieiit creusées les
roues des chars, et dont parlent tous les guides^ iLexistent queMans rimagination des voyageurs enthousiastes, mais nullement dans la réalité. Les deux immenses rangées parallèles de dalles étroitement unies que j’ai découvertes interdiraient aujourd’hui absolument aux chars l’accès de l’acropole.
Mais comme je ne puis pas assigner une très-haute antiquité au mur qui soutient la double rangée de
dalles dans la partie basse de l’acropole, il en résulte que je ne puis pas non plus assigner une très-haute antiquité au cercle de dalles lui-même, et avant qu’il fût construit, les chars pouvaient certainement avoir accès dans l’acropole. Mais, vu rescarpement des pentes du rocher, il est impossible que les chars aient jamais pu pénétrer plus loin que la première des six terrasses naturelles ou artificielles, qui est la plus basse. Il est donc évident que l’on ne devait
pas faire grand usage de chars en cet endroit, et qu’on les rem-
plaçait par des bêtes de somme, chevaux, ânes ou mulets. Sans nul doute, les quinze petits sillons tracés parallèlement en ligne droite, dans le seuil, pour empêcher les bêtes de somme de glisser, ont causé la méprise, et on les a pris pour des ornières creusées par les roues. D’autre part, comme le seuil a été profondément enfoui sous les décombres pendant des siècles, à tout le moins depuis la prise de l’acropole parles Argiens (468 av. J. -G.), nul œd mortel n’a pu le voir depuis plus de deux mille trois cents ans.
Il y a un trou quadrangulaire, de 1 pied 8 pouces (0"go75j de long et de I pied (0'“,80) de large, au milieu du seuil, à l'endroit où les battants se rejoignaient. De plus, le seuil offre sui* son coté est un sillon droit, nettement tracé, de I pied((b\80) de lai'ge, et sur son côté ouest un autre sillon qui décrit une ligne courbe. Ges deux sillons sendjlent avoir servi de canaux |)our récoulement
FOUILLES DANS L’ACUOl'OLE.
de Teaii de pluie qui devait se précipiter avec violence, car le seuil est plus bas que le roc vif formant Taire du passage, qui va en montant graduellement. Sur le côté du seuil qui regarde le nord, il y a un trou artificiel allongé et d’une forme particulière qui doit avoir quelque rapport, difficile à déterminer, avec la porte ; car il y a un trou de la même forme au milieu de la porte de Troie. A une distance de 11 pieds I (3'", 45) à partir du seuil, des deux côtés, on voit, comme à Troie une masse quadrangulaire de maçonnerie cyclopéenne, haute et large de 2 pieds (0'“,60), et longue de 3 (0‘",90), qui marque la place d’une seconde porte de bois.
Plus loin, à droite, j’ai découvert, au-dessous des fondations d’une maison hellénique, un véritable labyrinthe de murs de maisons cyclopéens, formant une quantité de corridors parallèles de 4 à 6 pieds I (P", 20 à 1"',95) de large, remplis de pierres et de décombres, que je suis en train de déblayer. Un de ces corridors mène directement à la maison cyclopéenne déjà décrite En quelques endroits les murs conservent des traces de leur enduit d’àrgile. J’y ai trouvé beaucoup d’idoles de Hèra, [trois pointes de flèches toutes en bronze ; deux ont des barbes ; la troisième a la
forme d’une pyramide, comme les flèches carthaginoises que j’ai découvertes Tannée dernière dans mes fouilles à Motyë en Sicile.
A gauche de l’entrée, il y a d’abord la petite chambre du gardien, ensuite un mur de grosses pierres, destiné tout simplement à soutenir les masses de débris de 24 à 26 pieds (7'“,20 à 7'‘',80) d’épaisseur, que la pluie avait précipitées de la colline pendant des siècles. Plus loin, sur la même ligne, se présente le mur cyclopéen, dei66 pieds (49"', 80) de long sur 30 pieds (9 mètres) de haut, dont j’ai fait mention dans le deuxième chapitre ; il est fait de pierres énormes reliées entre elles par des pierres plus petites. Ce mur, comme il a été dit, est couronné par les ruines d’une tour et donne à l’acropole un caractère de grandeur tout particulier Ce jmir était enfoncé à une profondeur de iO à 12 pieds (3 mètres
1. Voyez le plan de la porte des Lions, lig. 22, Comp. Atlas des Antiquités troijennes,\A. 211 et 212. ^