‹ Mycosis du PharynxChapitre 18 sur 25 · AAA ALES · texte numérisé non relu

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toujours trancher la question, le bacille de Klebs et Loeffer étant toujours facilement reconnaissable. Je n'insiste pas pour montrer la gravité que l’on commettrait en faisant une erreur de diagnostic de ce genre.

L'apparition de ‘‘ plaques muqueuses”, dans la gorge, est toujours accompagnée d’autres symptômes de la syphilis (angine, ganglions, etc.); les plaques elles-mêmes n’ont pas la forme pointue des colonies mycosiques et dépassent d’habitude la grandeur de ces dernières.

La ‘‘ tuberculose ” ne ressemble et encore d'une façon très vague au mycosis, que sous la forme de phthisie miliaire du pharynx, qui ne se déclare qu’à la dernière période de la tuberculose. L'état du malade, l'anémie des muqueuses, la couleur jaunâtre et la transparence des petits nodules, qui se produisent à la suite de cette affection, dans la gorge du malade, rendent le diagnostic facile.

Parfois, 11 existe des ‘‘ bouchons de mucus et d’épithélium ” dans les lacunes des amygdales. Ils sont de couleur jaunâtre, dépassent la grandeur d’un grain de millet et se trouvent toujours isolés ou en petit nombre et se caractérisent par la facilité extrême avec laquelle ils s'enièvent. Une légère pression, une quinte de toux du malade suffisent pour les faire sortir de leurs loges.

On observe aussi des petits ‘ kystes ” dans les lacunes des amygdales; ils forment des élévations

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plates, transparentes, jaunâtres, se trouventtoujours isolés et occupent habituellement le sommet des amygdales.

Le ‘ muguet ”, maladie d'enfants par excellence, peut cependant parfois atteindre les personnes adultes. Le muguet forme des membranes blanches, très variables de grandeur, qui peuvent siéger sur toutes les parties de la muqueuse bucco-pharyngienne, mais qu'on rencontre plutôt sur la partie antéro-latérale de la langue sur sa base. Elles ont de la tendance à confluer et se détachent facilement par friction. Au-dessous, la muqueuse n’est pas ulcérée mais seulement congestionnée, d'un rouge foncé. Il est en général accompagné d'un état cachectique ; il y a aussi de la dysphagr'ie.

Il est cependant des cas de muguet primitif qui sont plus difficiles à distinguer du mycosis.

Dans les cas de ‘‘ concrétions calcaires ” des amygdales, celles-c1 sont plus grosses que les points blancs de la mycose pharyngée et elles rendent sous le stylet un son pierreux, ce qui n'existe pas dans la précédente affection. Elles sont isolées et après leur ablation, elles ne récidivent pas.

Les concrétions ‘‘ caséeuses

du pharynx granuleux peuvent simuler le mycosis, mais s’en distinguent cependant, en ce qu'elles sont plus molles et beaucoup moins adhérentes que les autres.

La confusion avec ‘ l’angine pultacée ”’, ne saurait exister, car dans celle-ci, il y a de la fièvre et

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un malaise général qui n'existent pas dans le mycosis. Cependant certaines angines herpétiques légères peuvent ne donner lieu à aucune réaction générale ; la distinction sera alors facile à faire, car les vésicules d'herpès siègent principalement sur le voile du palais et jamais sur la base de la langue, ce qui est ordinairement le contraire pour le mycosis. De plus, la base de la vésicule est entourée d’une auréole inflammatoire, chose qui n'existe pas pour la touffe du mycosis.

Kraus rapporte le cas d’une « angine infectieuse » (causée par des oiseaux empaillés), qui se montra sous forme d’angine folliculaire intense, accompagnée de fièvre et de prostration grave. Ces symptômes cessèrent après quelques jours pour réapparaître dans des intervalles de quinze jours à trois semaines. Le malade ne souffrait pas pendant ces intervalles, mais présentait des petites taches blanches sur ses amygdales, qui ressemblaient à celles que produit le leptothrix. Les caractères aigus distinguaient cependant cette affection des mycosis.

Brown Kelly appelle « kératose pharyngée » ce que nous appelons « mycose pharyngée, et d’après lui il y a une différence clinique très nette entre ces deux affections. Leur seule ressemblance, dit-il, est la présenee du leptothrix dans leurs productions. Les excroissarces de la kératose sont rudes, très adhérentes, de forme caractéristique. Les taches de la mycose sont doucesau toucher, faciles à détacher

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et légèrement saillantes, et la muqueuse qui les entoure est enflammée. La kératose, poursuit-il, se limite à une certaine région, tandis que la mycose a été observée sur tous les points, entre la bouche et l'estomac.

Nous ne partageons nullement l'opinion de M. Brown Kelley.

Le diagnostic de l'affection est facile lorsque la maladie est développée ; au début, la difficulté consiste à découvrir les colonies peu nombreuses encore et occupant des endroits cachés de la muqueuse, comme la partie postérieure des amygdales, les replis de la langue, etc.

Et puis, du reste, le diagnostic précis, toujours désirable, n’est pas essentiel pour qu'un traitement convenable soit appliqué. Il importe néanmoins de ne pas confondre la pharyngo-mycose avec la pharyngite folliculaire.

PROMO SEATC

Le pronostic est favorable, malgré une résistance désespérante du parasite aux moyens théra- ‘peutiques (Observation IV).

Îl y a parfois guérison spontanée, mais plus

souvent l'affection est chronique et les parasites réapparaissent à plusieurs reprises successives.

Hemenway croit que ceux-ci peuvent passer dans

la muqueuse pituitaire ou dans les poumons. Localisés dans les poumons, ils donneraient lieu à une bronchite très opiniâtre.

PRAITEMENT

Il est important de reconaître le mycosis au début, quand les colonies parasitaires sont encore superficielles; il peut, à ce moment, être détruit

facilement, alors que plus tard le traitement devient long et difficile.

Les différents agents antiseptiques, astringents ou caustiques, comme les acides, phénique, chromique, borique ou salicylique, le sublimé, le nitrate d'argent, l’alcool, etc., n’ont même en solutions très concentrées, aucun effet sur la maladie, qu’on les applique sous forme de gargarismes, de badigeonnages ou sous une autre forme (Observation [V).

Notre maître, M. A. Castex, préconise l’emploi des gargarismes chauds avec la solution aqueuse de résorcine à 1 p. 100, suivi de l’extirpation, en plusieurs séances, des points myco-

siques, au moyen de la pince nasale de Duplay (Observation V). | ;

D'autres fois, il emploie le galvano-cautère, qui lui réussit très bien (Observation VI et VII).

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Lie DOS

Hemenway recommande aussi l'emploi du galvano-cautère et du thermo-cautère; comme seul traitement, Moure dit que le traitement consiste à arracher ou râcler les touffes et à cautériser leurs points d'implantation avec des solutions de chlorure de zinc (1/20 à 1/30), d'acide lactique (à 1/2 ou pur), ou mieux encore avec le thermo-cautère pour les amygdales, et le g'alvano-cautère pour la base de la langue.

Garel affirme que le traitement consiste dans l’arrachement à la pince, suivi de cautérisations au galvano-cautère.

M. Natier a guéri une petite fille atteinte de pharyngo-mycose avec le galvano-cautère et le chlorure de zinc.

Le docteur Webster, dans un cas de mycose, a fait disparaître peu à peu, les végétations par l'emploi combiné du galvano-cautère et de l’hyposulfite de soude.

M. Frederick Knight (de Boston) n'a rien trouvé de satisfaisant, en dehors de la pénétration profonde dans chaque follicule, avec l'aiguille galvano-caustique.

Nykamp a obtenu une disparition totale des dépôts mycosiques, par l'emploi du galvano-cautère combiné avec des badigeonnages de solution de chinoline à 10 0/0.

M. Goris emploie comme traitement, l’extirpation des clous mycosiques avec la pince et

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