DEUX COQS VIVAIENT EN PAIX
Vaudeville en un acte, par M. Lefranc.
Deux paysans, — deux frères, — allaient se marier, lorsque survient leur cousine, Henriette, une jeune fille qu'ils ont fait élever à la ville. Tous les deux s'énamourent de la donzelle; mais, au moment où ils vont se livrer à un pugilat des plus réjouissants pour la galerie, M"<^ Henriette, qui aime dans la coulisse, réconcilie leurs inimitiés et pousse la délicatesse jusqu'à renouer les mariag(;s que sa présence avait rompus. Il y a dans cette pièce une pensée fort ingénieuse : c'est un monsieur qui revêt son habit de garde natio-
nal jx)ui- i)lairc à celle qu'il aime. La plaisanterie est colossale, mais elle est fort heureuse. Pour notre part, nous félicitons M. Lefranc des progrès qu'il fait faire à la civilisation. Dans sa pièce, des paysans se donnent la peine d'écrire à leur futur beau-père pour l'informer de leur changement de résolution. Je demande l'arrondissement où, entre paysans, les choses se passent ainsi; et je le demande avec d'autant plus d'instance, qu'étant sur le point d'ensevelir dans la retraite mes chagrins d'amour, je serais heureux d'aller vivre au milieu de cette population simple, — mais honnête.