MOUVEMENT DES TFIÉATBES DE PARIS POUR 18."JI
Reprises. Nouvelles. Tolal.
Opéra 18 H 24
Opéra-Conii(pie 37 i il
Opf'ra-Natiunal s .1 11
Théâtre-Français si II ui
Odéou 74 !• 83
Théâtre-Italien - I i 2 lis
Porte-Saint-Martin 12 [i w
Gaîté 32 8 40
AmI)i!ru-Comique <i 12 18
Naiiétés 22 37 39
\audeville 0 12 21
(lymnase V.) 20 o;;
Palais-Royal 43 27 70
Tliéàlre-National Il S ly
Folies-Dramatiques. ... 3(i 2;> bl
Délassements-Comiques. . . 20 33 'M
Beaumarchais 2 8 10
Luxembourg- 59 12 71
Choiseul 26 8 34
Funambules 8.S l 89
Total. . . filH 203 909
Le Théâtre-Français et les Funambules sont les deux théâtres qui ont représenté le plus de pièces; après eux viennent, par ordre d'activité : TOdéon, le Luxembourg, le Palais-Royal, les Folies-Dramatiques, les Variétés et les Délassements-Comiques ox ocquo, eic. L'Ambigu-Comique est, de tous les thé;itres qui n'ont pas eu d'interruption forcée, celui qui a le raohis varié son afilche. Cela prouve-t-il qu'il n'a eu que des succès?
La statistique est quelquefois singulièrement bouffonne : elle a des rapprochements assez significatifs. Le Théâtre-Français accolé aux Funambules, l'Odéon encadré entre les Funambules et Bobino ! Voilà des plaisanteries comme savent en faire les chiffres : qui pourrait dire qu'elles ne sont pas justes? Il y a quelquefois plus de sentiment dans les pantomimes de Debureau qu'il n'y en a certainement dans une tragédie de Davrigny.
Les théâtres qui ont donné le plus de pièces nouvelles sont les Variétés, — ce théâtre a cependant été fermé pendant plusieurs semaines, — les Délassements -Comiques, le Palais-Royal et les Folies-Dramatiques. Parmi les théâtres qui n'ont point chômé, ceux qui ont donné le moins de pièces nouvelles sont : l'Opéra-Comique, les Funambules et l'Opéra, le Théâtre-National, la Gaîté et le théâtre Choiseul ex œquo.
La denrée qui abonde sur la place est le vaudeville. C'est peu cher à monter et très-facile à sous-tacher. On en fait beaucoup, on en vend beaucoup et on en use énormément tant à Paris qu'en province : ce qui fait aussi peu d'honneur aux provinciaux qu'aux Parisiens. Plus longs, plus coûteux, plus pénibles à apprendre, lec drames et les op 'ras ont une durée plus longue-
Dans un (Irdiiie, le point capital est le développement des passions^ et de cette étude l'on ne se lasse jamais, parce qu'elle n'est jamais épuisée.
Les théâtres qui ont donné le plus de pièces anciennes sont : les Funambules, les Français, TOdéon, le Luxerabourg et le Gymnase.
11 a été joué, pendant Tannée 18^1, 42 ballets et pantomimes : 33 au théâtre des Funambules, 8 à l'Opéra, et 1 au Théâtre-National. L'Opéra a donné 3 nouveautés de cette sorte; le Théâtre-National, t; les Funambules n'en ont pas donné une seule : cela prouve que la podomime n'est pas en faveur aujourd'hui. Je m'attendais à cette preuve de mauvais goût de la part de mes contemporains.
Il a été exécuté à grand renfort de grosses caisses et de saxophones o8 opéras, opéras comiques et olla-podrida dite Ode symphonique. L'Opéra-Comique à lui seul en réclame il , soit plus des 4/6. Sur ces 08 partitions, 10 sont nouvelles; l'Opéra-Comique n'entre dans les nouvoaufs que pour 6/io, tandis que dans le total il entrait pour 10/15: il s'en faut dune différence de 4/15 qu'il conserve sa supériorité relative. Si l'Opéra-National avait été ouvert toute l'année, il eût doublé le total des opéras nouveaux. Le Théâtre-Italien a joué i 6 opéras, dont 2 nouveaux, si Ton veut compter comme nouveauté cette énorme et absurde imitation de ce Shakspeare dont les excentricités ne sont tolérables que dans l'originalité la plus intacte.
J'ai le regret d'annoncer que, pendant l'année i8-"Jl, il a été, contrairement aux règles du bon sens, déclamé 2i tragédies : I i au Théâtre-Français et 10 à l'Odéon. Mais c'est avec satisfaction que j'annoncerai que pas
unp gpule de ce.s traffwlies n'est nouvelle. Je félicite de tout mon cœur l'époque cuiiteniiiorainc de n'avoir donné naissance à aucun de ces monstres au cœur de marbre^ à l'haleine de glace, au parler majestueux.
Un fait désolant, c'est qu'il a été tiré à quatre épingles 12'.1 froideurs dites rom('dies, (iO aux Français^ M) àl'Odéon; la faculté génératrice de l'année 1831, en fait de comédies, est représentée par ~ aux Français et I»ar fi à rOdéon. Le Théâtre-Français n'a donné cette année qu'une seule de ces études parfumées que l'on appelle des proverbes, une délicieuse boutade de M"* de Girardin.
Il a été hurlé, [tendant l'année IS.ll , n;i drames, dont 36 nouveaux. La G;i(t(^ a représenté i'i drames; l'Ambigu, lo; la Poile-Saint-Martin, fermée pendant une notable partie de l'année, 13; l'Odéon, tou,j ours ouvert, 1; l'Ambigu, le Luxembourg et le Théâtre-National, 10; le Théâtre-Français, 7; le Gymnase, 2, et le théâtre Beaumarchais, \. Le boulevard soutient courageusement sa vieille réputation larmoyante. L'Ambigu a rcjtrésenté 10 drames nouveaux ; la Gaité, 7; la Porh- Saint-Martin, 0; le Théâtre-National, I; le Théàtri'- Françai- t-l l'Odéon, :j; If G^innase, -J; le l.uxemiKJurg, 1. Toujours la palme au boulevard! toujours l'Odéun, njalgré son heureuse situation, malgré son puldic d'élite, se laisse distancer. Parmi tous ces drames, il en fut sept très remarquables : /iruyére, Valhla, Molière, Vicforine, Mercaclet, les Vengeurt: et l'Imayier de Ilarlem. De t>eaucoup d'années l'on n'en jiourrait dire autant.
Tout le reste de la végétation dramatique de Itfot n'aboutit qu'à des vaudevilles, parmi lesquels brillé-
juvellos
Total.
3fi
ri'iil, coiniuc des rayons de soleil perdus dans le liioiiillard : Mi'jno» aux Vai'irtrs, le Coiirlirr d'uno KloiU- oi los Robes blanches au Vaudeville. Notons encore neuf pièces de ces excroissances pour lesquelles il a fallu créer une sous-espèce dans l'espèce vaudeville^ Fespcce revue.
Résumons-nous :
Ueitrises.
Ballets . 38
Opéras 62
Tragédies 24
Comédies 1 1 <>
Proverbes >'»
Drames ï9
Vaudevilles 337
Total «36 263 XOO
Mais ce n'est pas tout. Ces 8i>9 pièces n'ont i)as poussé derrière le rideau comme des champignons après une pluie d'orage. La terre n'est pas assez marâtre p(jur liourg;eonner spontanément de pareils produits. \ oyons un peu d'où pro\ienneiil les luxuriances de cette germination intempestive. 332 pièces, 170 reprises et 133 nouvelles sont dues à des collaborations simples; 33 pièces, 19 reprises et 1 i nouvelles sont le produit de collaborations en partie triple. On sait ce que c'est qu'une collaboration : un individu fait la pièce, un ou plusieurs individus la font recevoir, et l'auteur est, en lin de compte, celui qui reçoit le moins. Telle est l'intelligente organisation des administrations théâtrales.