I. tUTTElR
CVst ot' qu'on a (\\\k fait. Jo fonnais un dialoiruo fort tstiuK' itii (t'ttf expression se trouve. F.es interlocuteurs s(tnt Ulysse et Grillus que la baguette, de Circé a changé en ]iourceau. Ulysse plaint son conipa.irnon qui se trouve très-l)ien de sa uiétaniori»liu?e et qui lui réptnd : « Mon teuipérainent de cochou est si heureux (j[u'il inc m* t au-dessus de toutes ces belles choses. J'aime mieux grognonner que d'être au.s5i éloquent que vous. La patrie d'un cochon est partout où il y a du gland. Allez, régnez, revoyez IVhiélope; pour moi, nia l'énélope est la truie qui règne dans mon étahle; rien ne trouble mon empire. » Ulys.se lui réplique : « Les hommes, au rang (lesquels vous ne voulez pas être, mangeront votre lard. Vus lioiulins, vos Jambons... »
l'a.m.\tki it.
Laissez, laissez ce dégoûtant dialogue ; l'auteur était sans doute quelque misérable né dans un cabareL..
l'éliïjuh.
Ou sous les piliers des halles, comme .Molière...
L'A-M.VTECU.
Oui n'a jamais vu la boiUK^ c(im[iagnie.... Je vous detie de médire son nom.
L'ÉUlTKUlt.
Ot homme de mauvaise compagnie se nommait mps-
sirP FlS.V.NÇOTS DE S.^LIfi.VAG HE L.V M0TTE-KÉNEL0\, jtréci-iitpur de inpsspiijnpurs LES EXK.WTS HE FRANCE, ar- ( lierêquc dp Cambrai, priiicp du saint-Ptnpirp, pf dp plus (iiilpitr dp TÉLÉ.MAorE. »
Soi)
Alloz donc reprocher à .M. Ponsard :
Et de plus il avait ici , dans douze étables. Douze troupeaux de porcs...
Ils mangent sans mesure au delà du besoin , Et prennent les plus gras des para...
Il vouïî répondra : ^fossire François de Saliirnac de la Motte-Fénelon, précepteur de messelaneiirs les enfant? de France, archevêque de Canihrai, x>i'inie du saint-empire, et (le plus auteur de Télêmmjuel II pourrait aussi répondre Hom'-re : « Cependant le «livin Euinée donne ses ordres à ses compagnons : « Conduisez-moi un porc des plus succulents, afin que je le sacrifie pour cet hôte qui vient de contrées lointaines. Nous-mêmes, nous nous délecterons à ce repas. Vavons-nous pas assez d'aflllttions, nous qui faisons \\dMv(tces animaujc à dents blanches et qui voyons des étrangers dévorer impunément le fruit de notre labeur? » A ces mots, il fend du l»ois avec le fer tranchant; ses compagnons amènent un porc de cinq ans, florissant de graisse, qu'ils étendent devant le foyer... Eumée honore Ulysse en lui offrant le dos entier du porc aux dents Manches. Le roi, en son âme, s'en glorifie et lui adresse ces paroles : « Puisses-tu, ô Eumée! être toujours chéri du fils de Saturne, toi qui, mal j ré ma misère, m'honores de ce porc succulent ! »
Ce n'est pas nous qui blâmerons .M. Ponsard de l'emploi du terme épique. Il faudrait vraiment que nous n'eussions pas lu dans la préface du More de Venise toutes les difficultés qu'a eues le mot mouchoir à obtenir ses entrées au Théâtre-Français. Il est acquis que le
mot mouchoir a mis quatro-vinat-dix-sopt ans, — dp \i:ii à l.s-29, — à se faire recevoir dans la tragédie.
iM. Ponsard, avec ce bonheur d'audace qui caractérise les forts, a osi'' son mot francliement, délibérément, du premier coup. « Il a osé son mot à l'épouvante et évanouissement des faibles qui jetèrent ce Jour-là des nis lojips et douloureux, mais à la satisfaction du public qui. en urandc m;i,|oiité, a ( outume de nommer Kit iiurc un jHur. Le uKit a fait son entrée. lUdicule tiiompbe! ajoute .M. de Vigny. Nous faudra-t-il toujours un siècle jiar mot vrai introduit sur la scène? »
Kiillldlld l'I .IllIi'S (le (idllCOlirl.
SPKCTACLES-CONCEKTS.
TACI.KAIX VIVANTS.
La belle cliose que la liclle naturel la belhu-liose que le nu, même quand il n'est transparent qu'à travers les opacit''s d'un maillot! A défaut des lucidités delà cliair vive, des scintillements de la peau, du jeu des ombres dans les mollesses langoureuses du corps, ne perçoit- on pas dans toute son intensité l'enivrement des poses? On va admirer de froides et insensil)les statues dans un musée, il y en a «pii se mettent à genoux devant un marbre sculjtté, et l'on sait les précautions dont on entoure la Vénus Callipyge; et pourtant ce ne sont point là les pantelants frétillements de la nature Italpitantc et vivante. Ah! pouniuoi ce maillot? voilà : ]iourquoi ce uiaillot?.Je suis sur que, plus raffinés (pie nous dans lem-s plaisirs, nos descendants ne voudront paschi maillot. He ceci j(> ne parle qu'au point de vue
plastique. Est-ce que dans les ateliers les modèles ont des maillots? Est-ce que la morale la plus ri^-oureuse peut trouver à redire à ce qui se passe dans les ateliers ! Non; personne n'ignore que l'art n'est que dans l'Imitation, et peut-on imiter ce que l'on ne connaît pas? 1/on ne met point de maillot à l'œuvre du statuaire ; pourquoi donc en mettre à la nature? l/ima.i:e peut avoir les mêmes inconvénients que la r'alité, elle ne peut en avoir tous les avantages, car elle exclut l'idée d'étude et d'observation. I,a nation française passe pour la nation la plus artistique du monde^ ses laudateurs font sonner bien haut son goût pour les arts. Eh bien! placez-vous dans un quartier élégant, au coin de la rue Laflitte et du boulevard, et interrogez les passants sur l'anatomie ; je serais bien étonné si dans toute une journée vous recevez une réponse satisfaisante, le hasard vous eùt-11 conduit les nombreux médecins qui illustrent la capitale. Il n'en serait point de même en Allemagne. Nous portons des vêtements peu gracieu.v: nous sommes lourds dans notre ext'^rieur, lourds comme la brume des bords du Rhin, épais comme la mousse de notre bonne bière d'Heidelberg; mais si tous nous ne savons pas tenir un crayon, tous nous connaissons l'anatomie, tous nous étudions l'antique et ses admirables modèles. Le peuple allemand deviendra de tous les peuples le plus artistique, car c'est le sevd qui apprenne et cjui sache. Vieille Tiucbland, i»ourquoi t(in sein est-il couturé des cicatrices de la guerre! Non, ce ne peut être pour rien que tu as porté le poids de la réforme et de la révolution, que tu as servi de champ clos aux duels de l'idée religieuse nt de l'idée sociale contre le même ennemi !
Vous nie tioiivt'z loiii'los tahlfiiiix vivants du bazar
Bonne-Nouvelle : non, car voki la Mort (fAhcl, la Toitptte
(le Vénus, la Faiitilh- de Cm'n, — des poses gracieuses^ de
belles fonnnes, — des idées de mort, de famille, d'amour,
de société; — n'est-ce pas qu'il y aurait là les vignettes
d'un cours de pbilosopliie, si on mettait la philosophie
à 20 c, la feuille?
Cornélius HolH'.
illPl'OOROME.
Ktes-vous allé à l'Hippodrome cette année? — Non. Ivn ce cas, .je vous en fais mes compliments. Moi, non I>lus, je n'y étais pas allé, et bien m'en avait pris. Ah! iwurquoi l'expérience ne se jjeut-elle acquérir que par l'expéri uientation ?
Pauvre Hippodrome! si élégant, si coquet du temps (les Franconi! qu'est-il devenu aujourd'hui? Alors il y avait de beaux chevaux, des costumes frais, des exercices amusants ; aujourd'hui, il n'y a plus que des rosses, des costuQies fripés, des exercices au petit pas, depuis longtenqts parodiés dans tous les cirques de province, par tous les bateleurs de sous-préfectures. C'est que les Franconi étaient des artistes en équitation, qu'ils aimaient leur art et leur science en gens qui leur devaient tout, et fortune et réputation, — tandis que le directeur actuel n'est qu'un spéculateur. Par exemple, les Franconi n'avaient point d'aussi belles affiches , illustrées et historiées de tous les coups de crayon de la banque et de la réclame. La direction de l'Hippodrome est fort habile, — c'est un talent que je ne lui conteste pas. — Si vous voulez l'écouter, elle vous peisuadera que vous vous amusez quand l'ennui vous fait monter
ifii
le soiunieil à la tète. Il n'est rien que ne puisse la réclame; s'aj^irait-il même de faire passer le Juif errant puur une pièce non profondément ennuyeuse, on y arriverait; mais cela ne dure pas. L'Hippodrome s'en est trop lié à l'excellence de la réclame, et je ne sais pas s'il y avait bien cinq cents personnes lorsque j'eus le malheur d'y aller.
Construction émineunueiit rustique, échafaudage de planches â penie dégrossies, l'Hippodrome aurait au moins besoin d'être tenu avec propretî, et c'est ce qui n'arrive pas; outre que les banquettes sont rembourrées avec un foin qui, tour à tour imbib ■* par la pluie et desséché jiar les rayons du soleil, exhale un(^ odeur de fermentation qm, par instant, se rapproche des senteurs du fumier; outre que les banquettes sont fort dures, elles sont couvert(!S de poussière et de .uraisse, au point qu'une fraîche toilette ne s'en peut relever que faïK'e. Les accotoirs sont humides et rouilleux et laissent leurs traces ferrugineuses sur les couleurs claires. Les balustrades sont couvertes d'une crasse qui ne permet pas que l'on s'y appuie un instant. • Ai-je dit que les places étaient plus étroites qu'à l'Ambigu, et qu'entre la rampe et le siège, il n'y avait faciUté jiour la circulation qu'aux dépens des cors et des dentelles de la galerie? Faut- il ]>arler de la tribune? Les loges sont étroites, les chaises et les fauteuils sont durs comme des selles de manège, et la piètre décoration de ces places à .} fr. est d'un goût si piteux que, par respect pour leur teint, les fennnes préfèrent ne point s'y asseoir. Et dire que, dans une ville comme Paris, le seul théâtre de jour ne soit pas autrement comfortable. Le public est si bétc qu'il va où il est mal, sans s'apercevoir qu'il
est mal; luairi un juur vient ui'i il si' lasse. La dircclioii (le l'Iliitiiodi'omc a beaucoup à faire si elle veut conserver à son élablisscincnt la laveur et la poijularité qu'avait su lui conquérir rintcUipenlo administration des frères Francoiii.
Ou pardonnerait peut-être à rHii)podrome sa malpropreté et tous ses autres inconvénients, si dans le spectacle en lui-même était véritablement un attrait. MallKmreusemeiit il n'en est rien. Ce qui distingue arluellemcnt l(>s exinrices de FUippodrome, c'est le mau- \ais }£où{ ■ et, dans un(> ville intelliiicntt> comme Paris, i(! mauvais goût est ce (|ui se doit le moins pardonner, l'eut-on concevoir quelque cliose d'im goût plus détestable que les Comiques de l'iiris sur le turf? En province, on bausserait les épaules ; à rilippodrome on applaudit, car il y a une clac^ue à l'Hippodrome connne aux Val'iétés; encore un perfectionnement que ne connaissaient point les frères Franconi. Outre que, selon moi, c'est faire beaucoup trop d'bonneur aux gros bonnets de la gent cocassière que de les parodier, je me demande vainement quel sel peut avoir une pareille plaisanterie, — le masque de Sainville tombant de cbeval, par exemple! — Les Femmes J' Athènes ont cela de fâcheux que les chars sont montés sur ferraille et que c'est pendant toute la course un bruit à écorcher les oreilles. Et les attelages, et le harnachement ! C'est un succès de fou rire, quand paraît le harnachement gris-ljleu. Le beau plaisir d'ailleurs de voir une cours»^ dont l'on sait le vainqueur d'avance désigné ! L'intérêt de l'administration l'exige, car on ne peut laisser à ces dames la faculté de lancer leurs chevaux à toute vitesse; mais les jouissances du public n'en s«>nt-elles pas d'autant diininuée>"'
et, puisqu'il paie, il peut ])icn, après tout, exiger que Ton crève des chevaux pour sou phiisir. Ces réllexious s'appliquent à tous les exercices c(iuestres d(î rHip[)udroiue : le Triomphe des trois Grecs, les Courses de Chuntillji, la Chasse sous Louis A' V, les Fantaisies équestres, te Jeu de barres, etc. Quant au Saut de rivière, c'est une plaisanterie hien déplacée après les merveilles de Berny et de la Marche. Si des amateurs sautent douze pieds, des joueurs de tours devraient en sauter trente, et ils n'en sautent que douze. — La partie burlesque de YU\\ypodrome est peut-être ce qu'il y a de jdus déjilorahle. On ne réunirait personne à Concarneau. avec les Coclineis de la Cité, les Siurjes en catrche et Robert Maiaire, etc. A Paris, avec de grandes affiches, une administration réunit tmijours du monde jusqu'à ce qu'elle se trouve seule en face de ses lianc^uettes; c'est ce qui se prépare pour celle de l'Hippodrome, si elle ne se hâte d'acheter à ses figurants des feuti'es un peu moins ramollis, si enfin elle ne fait le sacrifice d'une mise eu scène plus soignée. MM. Hingler et Parish sont sans doute de très-liahiles acrohates; mais quelle satisfaction que de voir un homme risquer sa vie pour peu de chose prohahlement! De tels sjiectacles conviennent à des barbares, mais ils ne sont plus dans nos inu.'urs, et fort Jieureusement. La direction de rilii»podroiue ne fera pas que l'on t'-prouve aujourd'hui du plaisir à voir à quarante pieds en l'air un homme suspendu par les t pieds.
Quand on n'a pas d'idées à soi, on emprunte celles des autres. Aussi, voyant le succès du capitaine Huguet de Massilia, la direction de rHii>podrome a voulu avoir sa mi'nagerie et son dompteur. L'excellente charge 1
Kit: UR'z- vous une rauc tr;iiiin' par six chcvuiix, dans laquelle suiil •■iil'>3riiit 'S quelques aiiiuiaux [tréteudus féroces. Un inonsiour du nom d'll(;r]>eit descend là-dedans par une trappe. 11 se naet à califourchon sur le lion, puis sur le tij:re, et le tour est fait. Pourquoi cela s'appelle-t-il /(• Miiili/rchri'lint/ S'il va un martyr là-dedans, c'est ce pauvre public qui paie et (^ui s'ennuie. Ce ne sont pas là le^ bouillantes fureurs des pensionnaires du capitaine lluuuet de Massilia ! ce ne sont pas les terribles luttes de Cliarle.s le duuqiteurl ce ne sont pas les pantelantes émotions des spi-etatcurs de la ménaj-Trie ! Un éclat de rire accueille toujours la ridicule exhibition de l'Hippodrome. On pourrait croire que les animaux sont cmpailli's, si on ne les voyait se remuer de temps à autre. Ces pauvres bétes sont tout simplement vaincues par riiébétude, la privation de nourriture et de sommeil, et peut-(Hre le chloroforme. Si c'est une parodie,
elle est bien mauvaise.
E. I.ij Barbier.
CIROUE.
Depuis que, siiint .Médard a arboré lotemlard de la pluie, on ne se hasarde qu'avec peine dans ces immenses llaques d'eau, plus généralement connues sous le nom de Champs-Elysées. Guiunol est bien souvent forcé de faire relâche. Le ehat i^ielotte devant le manteau d'Arlequin du petit tlK'àtre en coutil et cherche de ses yeux étonnés son public habituel : les enfants, — leurs caméristes, — et derrière ces caméristes de la Normandie ou de la Ik'auie, leur consé(|uence inévitable, les ti'oubadoUrs de la hu-^ne. Le Commissaire et Polichinelle
iin,
àiionnent,eutre deux 011 Jées, Icuivs antiques lazzis. Les rlianteu^? des cafés-concerts, eiiruhaniit'rs et chamarrées de satin et de soie, lancent h-urs notes hyperljoliques devant un auditoire d.^ciiué par le rhume et la lluxion. Pas de soleil en juin, pas de soleil dans ce mois qui jaunit la moisson, cest triste! (^)ue voulez-vous? saint Médard Ta voulu ainsi.
Malgré ce quasi-déluire, on va toujours au Cirque. r,>st que dans l'éléjiiant théâtre de M. Dejean, vous qui \oulez tout voir, vous irétes jias fatiijué pai six mortelles heures de spectacle; c'est qui^ là tout est irais H de bon goût. Tel est le frrand mystère des succès Umjours répétés du directeur du Cirque. 11 fait tout hieu et largement; il sait donner à tout un cachet parisien ; — aux grandes comme aux petites choses, — aux plumes et aux satins de ses écuyères comme aux' selles et aux simples bridons de Chandor et de VN'agram.
Nous avons vu au Cinjue deux charmantes dans».'uses de corde. M"""' Adams et Bridges. M'"' Adams surtout, ravissant tyije anglais, bondit sur la corde avec une grâce et une souplesse incroyables, avec une légèreté qui vous fait lui chercher des ailes.
M""' Amaglia exécute, sur un cheval nu, un travail que nous avons vu faire autrefois à Lejears, à Lalanue, à Paul Cuzeiit, et qui, de la part d'une femme surtout, est un(! énorme hardiesse; aussi est-elle rappelée chaque soir. (Citons eiicor..- deux jolies écuyères : M"'' Coralie Ducos et M"'= Virginie Tourniaire.
M. Guertener fi"anchit, sur un cheval sans selle, banderoles, cercles, tonneaux avec une rapidité fabuleuse; ou le croirait de caoutchoue. four lui. il n'est point d'obstacles.
(^)uant à Auriol, il nous a seiiiliJi' triste. Terd-il courayo? Ailons, notn; joyeux clown, (^uavez-vous donc? Ciai^iiez-vous de ne plus être à la hauteur de votre réjintation? Si vous n'avez iilus cette réussite assurée I»our cliacun de vos malicieux tours, nous pensons toujours à vos Ijelles années et nous ne serons pas assez ingrats pour vous refuser nos bravos.
Maintenant, aurons-nous assez d'applaudissements, de trépignements pour les deux clov^ns Candier et Laristi? Si vous iTavez [las vu la Penhc, ami lecteur, allez au Cirque, et vous verrez cet exercice diabolique ; c'est le ncc plus ultra de l'équilibre.
M. Dejean nous prépare, dit-on, bien d'autres merveilles. A bientôt : le succès Jie s'obtient qu'au prix
d'eilbrls continus.
E. U' Bmliier.
— :< jiiillol. — VAUDEVILLE.
LES .NÉRÉIDES ET LEi CYCLorEs, Pièce inylholo^iqiie, par MM. Glairvillo et Lambeit Thiijuust.
Analyser cette pièce serait lui rendi'e un fort mauvais service : l'imbroi^dio mythologique n'est acceptable qu'à la condition que l'on pi'ofltera des légèretés du costume de M"'' Cico, Marthe, Caroline Bader, Clary, Clorinde, Jeanne, Marie et Corniue. Jamais M. Clairville n'avait encore trempé dans une stupidité
auséi monstrueuse; il a outre-i)a,ssé les bornes du jh lisible. Heui-eusonient que M"'' Cico est toujours la délicieuse leiiime que vous savez; heureusement que la musique de -M. Montaubry est irracieuse et coquette; heureusement que ni les Néréides ni les Cyclopes ne sunt les lariatides du vaudeville.
CornéUus Holff.
DÉLASSEMENTS-COMIOIKS.
VIENS, «.ENTILLE HAMEl Vamlexille en un acte, par M Ju<li(is.
Oii? — Sur mon oa'ur, parbleu! — Vous avez dfvùié. C'est précisément ce qiie voudrait M. Henri-B(jursier, quand il joue de la flûte, — un drôle d'instrument, — sous la fAiétre de M"'' Camille, la tille de la marquise-Valmy, voisine de campa.irne du barou-Re naud, Tonde de M. Henri. — N'oubliez pas que vous êtes ici aux Délassements-Comiques, que les ofticiants ne sont itoint MM. Scril>e et Bavard, et que l'amour est à l'ordre du jour. Je m'apprêtais donc à voir paraître Ca mille- Élisa, — et M. Judicis aflirme qu'elle serait venue, — lors<ïu'un malencontreux coup de fusil vient inlt-rrouque la sérénade de M. Henri, et fait reculer d't'pouvante jusqu'au plus profond de son alcôve M"*^ Camille-Klisa, qui, jeune encore dans la vie et aussi dans le vaudeville, ne réflécliit pas, dans le premier moment de son émoi, que ce coup de fusil i>eut bien n'être qu'un truc de l'auteur. Ce n'est, en etlct. qu'un truc. Celui qui a tiré le •tiui» de fusil, c'est le baron-Renaud, l'oncle de M. Henri-Aulète, — le joueur de Uùle, si
VOUS ignonv, la lo,i:itl();-ài' ûivnjuo et Thi.-îtoiro dos Ptolôuiôos. — Mais pourquoi le l)ar-oii a-t-il tir'' ce coup •le fusil? Parce que nous sommes dans re temps heurfu\ où la (liasse est permise, et que le baron est chassi'ur. -Mais Henri-Aulètc n'a pas été interrompu pour rien dans l'aimable exenice auquel il se bvrait. Tant pis pour son oncle, il faut qu'il écoute Tbistoire des amours de son neveu. M. Henri finit par prier son oncle de demander pour lui, Henri, la main de M"" Camille; car à quoi servirait un oncle, si ce n'est à payer les lettres de cliance et à faire les commissions matrimoniales? C'est ici que le vaudeville prend des proportions shakspeariennes. Entre la famille du baron et celle de la marquise, il y a quelque cbose comme entre les Capulet et les Montaiiiu : il y a du sang... le sang d'un lapin. Voici les faits : le baron est un vieux marin de l'empire qui a fait écrire ses titres de noblesse au dos des patentes d'un bâtiment pris à l'abordage. F,a manjuise aiqiartient à la noblesse de l'ancien régime. Entre le baron et la marquise, rivalité nécessaire. Ne sachant comment vexer le baron, et connaissjint son bumeur vagabonde, la marquise s'est amusée à le faire surveiller par ses gardes, et chaque fois que, dans l'ardeur delà chasse, il franchit les limites rigoureuses de la propriété de la marquise, il se trouve face à face du procès-verbal fait homme, du garde juré. Demain encore le baron aura à répondre au juge de paix, séant à la justice de paix, du sang d'un lapin versé indûment sur les terres de la marquise. Ce fait n'a rien d'extraordinaire. Rien de plus usuel que ces tracasseries de voisinage. — Pour ma part, je connais une exiTllente et spirituelle femme, la comtesse de V...,
la raf're de mon meilleur ami, qui est atteinte de ce petit travers : elle possède les plus beaux bois de son arrondissement, — bois qui sont une tentation pour les chasseurs à dix lieues à la ronde, et elle les fait earder avec une susceptibilité jalouse, pointilleuse et processive, qui la fait donner au diable par tous ceux de ses nombreux voisins quelle mène annuellement devant le Jutre de ])aix, au irrand contentement des gardes, qui ont les b'>nétices de l'amende — Je reviens au baron. 11 refuse un mandat qu'il ne saurait remplir. Eh! c'est la marquise. Elle vient pour reprocher au baron de tolérer Tenijikii exagéré que fait son neveu des charmes de la sérénade, et s'en va après lui avoir laissi'* je ne sais quoi d'écrit. Ce je ne sais quoi d'écrit, c'est le dénoûment de la pièce. Le baron reconnaît cette écriture, et il tire de sa poche des lettres d'amour qui émanent de la même [tlume, — Ce monsieur qui a l'air bète, c'est l'avocat de la marquise. Le baron l'engage à jouer de la flûte. A ce son doux à son cœur, Camille parait : Herui met une échelle contre le mur, monte au balcon de sa belle, et en descend ave« elle. Au milieu du bonheur des deux amants, l'arrivée de la marquise éclate comme une bombe; mais le baron la calme en la menaçant de montrer les lettres qui sont en sa IKJSsession. — Henri et Camille se marient, et auront beaucoup d'enfants, — un malheur que je neveux pas souhaiter à .M"'= Élisa. — Si le mot immoral signifiait quelque chose, je dirais que ce dénoûment est inunoral; je dirai simplement qu'il est ignoble. L'emploi du chantage est toujours condamnable, et le baron, aprèg tout, fait ce qu'en argot industriel on ap[ie]Ierait faire chanter la marquise. (^)ue Ion metU' du chantage sur
la scènp, co n'est (|ue justice, pnis({iie le chantage est dans nos miBurs; mais que Ton ait Tair de lui donner raison, c'est ce que ,j(; di'iilore. Jeter de pareils exeni pies en pâture aux imaginations impressionnables de ces hommes abrupts qui forment le public des thi^âtres populaires, c'est leur apprendre le chantage, c'est-àdire le crime! (ju'eùt jH^rdu la jnèce en gaieté et en esprit si le baron avait noblement rendu à la marq\iise ces témoignages compromettants de ce que le monde aui'ait ajtpelé une coupable faildesse, etsila marquise, tdUfiiée de ce bon in'(jcédi'', avait consenti à unir les deux amants?
TEXPANT T-'ORAOE.
Vaudeville eu un acte, par M. de Jallai?.
Quel farceur que le tonnerre! On sait les bons tours qu'il s'amuse à Jouer. La marquise de L... nous racontait encore, il y a quelques Jours, comme quoi, son cuisinier et sa fille de cuisine étant dans l'exercice de leurs fonctions, le tonnerre était entré dans le laboratoire et avait dénudé l'une et l'autre sans leur faire aucun mal, ensuite que l'une s'était mise à rire, tandis que l'autre admirait de tous ses yeux; un mois après, la fille de cuisine épousa le cuisinier. C'est ainsi que le tonnerre lui-même se plaît à marcher sur les brisées de ;M. de Foy. L'autre soir, aux Délass(>!nents-Comiques. Je souhaitais bien vivement que le tonnerre fit ce qu'il avait fait au château de I,..., et Je me promettais de voir des choses que Je n'avais Jamais vues, car M™" Mathilde et Taigny étaient en scène Malheureusement le tormerre est r(>sté dans la coulisse, à mon
i'îi
grand dpsai»i»ointcment et à celui de tous les autres spectateurs, J'en suis persuadé. Cependant, cette, fois, il n'a pas tout à fait menti à ses trailitions; il a fait un mariapre : celui de Peblo et de Kioretta. Fiorettn-Mathilde donne asile, chez elle, à Pehlo-Taig'ny, pour utpas le laisser mouiller par loraiïc, et, apri'S des scènes (pii ont le tort do rappeler un vaudeville l>ien coiuiu. Kinretta donne sa main à Peblo. Le curé passera par là, je ne dis pas le maire, car nous sommes en Espagne, Rien de plus ennuyeux, en général, que ces pièces à deux personnages. ^I""' Taigny a su faire passer la chose grâce à l'exquise finesse de son jeu; elle éùiit ravissante avec son costume andalou, et dans son r(>le d'amant passionné et pressant elle a mis une verve, un entrain, une chaleur auxquels, malgré toute sa Itonne volonté de se défendre. M"* Mathilde ne pouvait résister plus longtemps; aussi s'est-elle rendue avec une grâce qui faisait honneur à l'éloquence de Pehlo. Pauvre Peblo 1 comme il a l'air heureux d'entrer en ménage. Hélas! que l'on est heureux d'être heureux! He ma part, est-ce un regret? est-ie un souhait? — L'un et l'autre, madame.
rXE MIT srit LA SCÈXE, Par ]\LM. Af Jallais et Audeval.
il n'y a que les pompiers qui liassent de ces nuits-là, et certes, je n'envie nullement leur sort, surtout depuis qu'on leur a ùté le mousquet, cet instrument si utile pour éteindre les incendies. MM. de Jallais et Audeval n'ont point voulu nous faire assister aux mystères de la ix)mpe et du seau. Bouvard entre chez
son voisin Poussier en revenant de la Porte-Saint-Martin, et lui raconte les .V«//.v de la Scène, ce draine émouvant dont le succès a, dit-on, si fort monté à la tète de Timpresario-maëstro. MM. de Jallais et Audeval ont, je crois, voulu faire une scène comique aux dépens de M. Marc-Fournier. Peut-être un truc de Tintelligent diiecteur. M. Marc Fournier a de si belles affiches, qu'il ijeut bien aussi se i)ayer la réclame d'une parodie; notez bien qu'au même théâtre l'on a représenté Venittroto Cef/iiii, la parodie de Bcncenuto Cellini. De quelque manière que soit la chose, Je sais bien que MM. de Jallais et Audeval n'ont rien fait qui vaille Cadet Hideux a rOpéra ou la Mère Michel aux HcdieuH.
Comélitis Holfr.
10 juillet.
opérà-comiulf:.