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le rôle de Zélide de Si fêlais mi. Comme la musique de M. Adauij la musique de M. Gauthier a été pour elle roccasion d'un succès. Il est vrai que sa voix si fraîche et si souple sait se prêter à toutes les difficultés comme à tous les effets. Jeunesse! beauté 1 talent! tout un avenir pour une roulade! Ainsi va le monde.
Grignon père et Grignon fils jouaient tous deux dans Choisy-le-Roi. Grignon fils n"a jjerdu aucune de ses excellentes qualités, il a de la méthode et du talent comme comédien. Quant à Grignon, il a été ce qu'il est toujours, excellent comédien et chanteur de goût. Le temps nous manque pour faire de lui Téloge qu'il mérite; nous y reviendrons avec plaisir. C'est un des bons barN-tons et des bons comiques des théâtres de
Paris.
Cornélius Holff.
— 23 octobre. — AMBIGU-COMIQUE.
TOUT EST BIEN QUI FLXIT BIEN, Proverbe ea trois tal)leaiix, par M. E. de Varenne?.
Trois nuits et deux jours, j'avais travaillé sans prendre d'autre repos que le temps nécessaire à fumer une cigarette toutes les heures. Le soir du second jour, je sortis; il était minuit quand je rentrai chez moi. Je me mis au Ut avec cette promptitude de l'hounne qui cherche dans le sommeil autre chose qu'un délassement ,
le plaisir, l'oubli. A peint? fus-,jc dans mon lit quejc ni'endormis, et à peine fus-je endormi que je me sentis transporté dans une pièce haute et froide : elle n'avait qu'une fenêtre qm donnait sur une cour étroite où jamais le soleil n'avait pénétré ; les murs étaient tendus de serge verte; au lieu de parquet, c'était un carrelage peint en rouge ; il y avait au milieu une table exactement carrée, recouverte de drap vert ; devant la table, il y avait un fauteuil à accotoirs en bois, taillés à angles droits ; l'étoffe du fauteuil était du damas en laine rouge; sur la table il y avait un encrier noir, un paquet de papiers fort sales; on y reconnaissait des enveloppes de chandelles et de bougies, des comptes de cuisinières et des cornets veufs de leurs pommes de terre frites. Il y avait encore sur la table un flambeau d'argent dans lequel brûlait un cierge surmonté d'un abat-jour vert. Sur le fauteuil se tenait un petit homme sec et maigre. Il avait des lunettes vertes, un mouchoir à carreaux, une rolie de chambre de molleton gris et une petite cravate de soie noire. Au lieu de pantalons, il portait des culottes; il avait des bas defiloselle noire et des souliers à boucles d'argent; à côté de lui empestait une large tabatière dans laquelle il puisait de larges prises.
J'étais sur le seuil de la porte, et le petit homme ne paraissait pas faire attention à moi. Je frappai.
— Frappez, et on vous ouvrira, répondit une voix aigre comme celle d'un enfant de chœur.
Je uj'avançai dans la chambre.
— Où suis-je? dis-je après quelques instants de silence.
— Demandez, et vous obtiendrez.
— Qui êtes- vous?
— Qui trop embrasse mal étreint.
— Me réponilrez-voiis?
— Trop parler nuit.
Un silence.
— Eh bien !
— Tout vient à point à qui sait attendre.
— Allon? ilnnc!
— A l)on vin pas d'enseigne !
— Parlerez-vous ! repris-,je avec colère.
— A brosser un nègre on perd son savon.
— Vous m'ennuyez !
— A quelque chose malheur est Iwn
— Finissez-vous donc ?
— Il y a une fin à tout.
— Taisez -vous!
— Rira bien qui rira le dernier 1
Et en proie à une explicable fureur^ je saisis mon poignard et me précipitai sur le vieillard; il poussa un cri, et je me réveillai.
Le lendemain J'eus l'explication de ce songe; on donnait à l'Ambigu-Comique la première de : Toiit est bien qui finit bien. C'était sans doute le dieu du proverbe qui avait voulu avoir une entrevue avec moi ; je suis peu flatté de cette distinction. Encore si le dieu avait bien voulu me décorer de l'ordre du Proverbe sifflé ? Quelque commun qu'il soit, ce ruban eût agréablement figuré à la boutonnière de mon habit.
Une femme est infidèle à son mari sans que celui-ci s'en aperçoive; voilà la pièce de M. Edmond de Varennes. C'est assez leste pour un homme grave, pour un père de famille,
Cornélius Hnltl'.
IllSTOmE I) i:.\£ FEMME MARIÉE, Drame-vaudeville en trois actes, par M^KBrisebarre et Nyon.
Il en est autant qu'il y a de femmes mariées. Quant au drame en question, c'est la \ieille histoire de ce monsieur qui dit à sa femme et à son amant : « Allez-vousen ensemble. » L'amant et l'amante s'en vont, et puis ils s'ennuient et se séparent. Qu'est-ce que cela prouve? Qu'ils ne s'aimaient pas ; car s'ils s'étaient aimés, ils ne se fussent ni ennuyés ni séparés. Le vrai amour n'a qu'un temps; il vit autant que l'objet aimé. Ce qui a perdu l'amour de réputation, ce sont les amoureux; mais ce n'est pas sa faute, à lui : il est obligé d'accepter toutes les recrues que lui amène le printemps. Ce dramevaudeville est infiniment déplorable.
Cornélius Holfl".
FOLIES-DRAMATIQUES