LE JAULIER
N'aray-je autre chose de vous?
Aiez , de par le dyable , alez !
En les metant eti la prison.
Or balez là dedens , balez,
FESCENNIN,
Jaullier, que font tes prisonniers?
LE JAULLIER.
Sire, ce sont larrons monniers Qui n'ont riens du monde vestu.
FESCENNIN.
Respons-moy, quefont-ilz? ces-tu?
LE JAULLIER.
Se je sçay le dyable le sache.
FESCENNIN.
Va-t-en à eulz et hors les sache.
Sergens , sus! ilz sont trop en mue.
Illecques , enmy celle rue , En ces tourmens lez estendez.
En monstrant les tourmens.
De pié en chief lez m'étendez Comme en fait drap à la poulie ;
Puis leur donnez, non pas boulie, Mez de bons bastons de nefflier :
Ronpez tout jusques aus os froissier, Sans estre bougiez ne Q3tez Jusqu'à tant que par lez costez Lez boiaus hors du corps leur saillent.
HUMEBROUET.
Sire, se les bras ne nous faillent Il n'y remaindra cuir entier.
MENJUMÀTIN.
Je vueil estre leur charpentier.
Avant, jaullier, mez-lez-nous hors.
LE JAULLIER.
De male-mort soient-ilz mors !
Mors deussent-ilz estre pieçà.
Or çà , de par le dyable, çà, Yssiez hors , le prevost le veult.
s. DENIS , en yssant hors.
Mez Diex qui les siens garder seult* Et à son plaisir d'eulz ordeine.
MASQUEBÏGNET.
Passe , passe , souffte en miteine , Vien chevauchier ceste buchete
En monstrant le chevau fust.
HAPELOPIN.
Nous les mettons à la selete, Car ilz ne tiennent pas leur ordre.
s. DENIS.
Sans regiber ne sans remordre
Jf.
Soufferrons quenque vous vourrez.
LES SERGENS
Couchiez-vous donc, car vous mourrez.
Cy les defferrent et lez roetent suz.ni. chevausde fustou suz .111. fourmes qui aient lez piez devant lez plus haus, et soient leurs mains liées aus piez dez fourmes, lez piez tirez aval, couchiez et estenduz dessus et adens.
FESCENNIN.
Or avant, ilz sont bien tendus; Je pry Mahon qu'il soit pendus , Qui de bien férir se faindra.
HUMEBROUET.
Le prévost de nous se plaindra , Denis , se vous n'avez du nostre.
Tenez , Denis, cecy est vostre.
Esgar, corne il baie du cul.
En bâtant d'un baston.
MENJUMATIN.
Denys sy jeue à bonde cul :
Pour ce vueil-je qu'il ait du mien.
Tent t'escuele, cest os est tien.
En férant. Port-en la moitié à ta famé.
MASQUEBIGNET.
Rustique recorde sa gamme :
Il veult estre abbé détornu.
Sy ly vueil ce baston cornu Près de ly mètre en lieu de croce ; Or tien, frère, tien, va, sy croce.
En frapant.
* YS't
y--.-.Wf-- -tn^4fr: * *
Renouarde, il est en pasnioisons.
HAPELOPIN.
Frère Elcuthère a trenchoisons Et j*ay oignement de Bretaigne Qai garist de roigne et de taigne.
Tieny tu seras gary en l'eure.
En férant.
s. DENIS.
Je vous regracie et honneure, Doulz Jhésucrist, de ce tourment : Batre fault-il le bon fourment Afin que hors de l'espy saille, Pour le mètre en guernier sans paille.
Àussy fault au corps pain ne dure Pour faire saillir l'âme pure En la joye de Paradis.
HUMEBROUET.
Denis crie le vin à .x. :
Beauls seigneurs, alons-en taster :
FESCENNIN. , ; ■..-.«*
Vous ne faictes là que baster .
Frapez fort , ilz ne font; que rire. • ;
LES SERGENS
Il soit pendu qui se faînt, sire.
FESCENNIN.
Ce n'est nient, Postez d'ilecques.
Prenez .1, lit de feu avecques Charbons ardans et enflambez ; Sy rosticiez sez engamlfbt
Comme les costez d'un toriau.
HUMEBROUET.
Foy que je doy torche raoireau y Vous le verrez tantost fumer.
MENJUMATltf.
Par Mahon , je vueil alumer
Bon feu de charbon , cler , ardant.
MASQUEBIGNET.
Et ces .u. l'iront regardant.
Avant metons-lez hors de cy .
Cy les ostent. ,
HAPELOPIN.
Levez sus, vous avez vecy,
. HUMEBROUET 7 tfn monstrant le greil.
Ça, Denis, monte suz ce lit.
s. DENIS.
Doulz Diex, en qui est tout délit, Tout bien , tout sen, toute valeur, Qui m'as fait vaincre la chaleur De Tardant feu de convoitise, L'ardeur de ce feu amenuise Par ta doulce bénigne grâce Sy que nul mal il ne mfe face.
Lors se couche suz .1. estai fait comme .t. greil.
FESCENN1N.
Faites bon feu sous ce viellart.
LES SERGENS, en SOUfflaut.
Sy bon feu que sa piau viele art.
ET DE SES COMPAGNONS. ï3ï
FESCENNIN.
II me semble qu'il n'en tient conte.