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de sa figure et de tout son corps (fig. 75). Aussi, dans les dernière siècles de l'empire romain, Polymnie fut-elle considérée comme présidant à l'art mimique. « Ces doigts qui parlent, ce silence éloquent, ces récits du geste, dit Cassiodore, passent pour être l'invention de la Muge Polymnie; cllcTOulail montrer que les hommes peuvent exprimer leurs volontés sans le secours de la parole.' »
Vranie est la Muse qui préside à l'étude des choses célestes, a Elle observe, dit Ausonc, les mouvements des astres dans le ciel. » La
Fig. 75. — Poljmnie. Fig. 76. — Onnie.
dignité de son attitude, la gravité de sa physionomie, le rang qu'elle occupe auprès de Calliope dans le groupe sacré', tout exprime la grandeur des nobles études qu'elle représente. Ses attributs ordinaires sont un globe céleste quelquefois orné d'étoiles, et un compas ou une baguette qui lui sert à désigner sur la sphère la position des astres ou leurs révolutions (fig. 76). Les astrologues semblent avoir revendiq[ué pour eux la Muse de l'astronomie, en lui attribuant un pouvoir fatidique', qui n'est pas en désaccord d'ailleurs avec le caractère général des Muses.
Entre ses sœurs, Calliope est la première, la Muse la plus puissante et la plus auguste. Ce rang d'honneur, qui lui est asnigné déjà dans la
1. Casoiod. Vartar., I. *, epitl., SI. Cf. Anthol. Jicobs, [X, 505.
S. ?\ai. Phadr.,^. 359, d. t^ iticpigCuriT>)K.EUi«i(>; lal t^ /m'uir^» Oùpovia. Dam U Théogonie. Uianie est citûc à cdlé de Olliope. Cet ordre ae trouTS obserré aur le iiiie Fnu- ■,'oU {tfonum. iWi/. fM(. arch., IV, pi. 54-53).
z. Atahoi., I. cit.
3S6 HYTHOLOGIL Ut: LA GIlÈCt: A.^TIUUE.
Théogonie, ne lui fut jamais conteste'. C'est à cile que les poêles s'adressent de prérérence pour obtenir l'inspiration. « Les uns invoquent CalliopCy les autres le chœur des Muses, les autres encore Apollon*. » Calliopc est ainsi jiresque é^ale au dieu Musagcte luinmême et semble lui disputer la dignité de chef du chœur. Mais il n'y a point hostilité entre eux. Le mariage de Calliope et d'Apollon, souvent représenté sur les vases peints^, indique au coutraire l'union de ces deux puissances. Quant aux attributions spéciales de cette Muse, elles ont varié avec les temps. La prééminence de Calliope sur ses sœurs a dû l'aire qu'on lui donnât d'abord la présidence du genre poétique le plus important. Quand (a poésie épique Hérissait en L^ ^1^^ Grèce, elle était placée sous l'invocation de Calliope.
/Î^Î^L f^'est l'attribution que cette Muse semble avoir con- ' Jf^^^\ servée en dernier lieu, si l'on se rappelle le vers d'Ausone : Cariuina CatUupe libris heroïca mandat.
Mais cette attribution ne Tut pas constante. Quand l'éloquence devint en Grèce le premier des arts, l'éloquence fut placée sous la protection de la première des Muses. Calliope, qui avait présidé d'abord au genre épique, présida ensuite au genre oratoire. Elle a déjà cette l'onction dans la Théogonie : « c'est elle qui acconijtagne les rois vénérés, » c'est-à-dire c'est la puissance de l'éloquence que doivent posséder les rois et les hommes d'État, suivant l'interprétation que donne Plutarque de ce vers connu*. Les Stoïciens atti'ibuaicnt le même sens à Calliope. « Elle représente l'éloquence à la belle voix et au beau langage, qui sert aux hommes d'État à gouverner, à s'adresser au peuple et à le conduire par la persuasion'. » Une épigramme de V Anthologie lui donne un sens plus large : Calliope devient la Muse de la science'. Malgré cette variété de significations, les rc-
\. Theog.. 70. Plal. Vhadr., 1. cil. Aiwllud., I, 3, 1, clc. Sur la ciilèbre sjnphorc (v>sc Princoia) qui rcprÛ!«iilu lis dieux de l'Uljitiiie cscorl&i Ac* Husui, Cilliupt: est en liili: de
S. Philoslr., Her., XIX .1,7; XX, 3.
3. Voir, entre aulrcs, f.Ul. Céram., Il, pi. m. He l'union d'A|iallun et de Calliape naîs- •ont llyméiism, lilfrnos, Orphée. Schol. Apollaa., Argon., 1, 23. Schol. Piiid., Puth., IV, 313.
*. Sijmp., 1, cil.