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Eubée, sous la conduite de marins Phéaciens. D'après Âpollodore, Rhadamanthe , après avoir donné des lois aux insulaires de la mer Égéc, se retira en Béotie où il épousa Alcmène, la mère d'Hercule ^ Voilà tout ce que nous savons des événements de sa vie terrestre. La conception de^Rhadamanthe, chez les Grecs, n'est d'ailleurs, à certains égards, qu'une variante de celle de Minos. Lès poètes vantent sa sagesse, sa justice, sa vertu supérieure, qui en ont fait un favori des dieux'; les philosophes et les historiens veulent qu'il ait été instruit par son frère, qu'il lui ait servi de ministre, ou bien encore qu'il ait régné comme lui sur les iles, dont les plus anciens rois prétendaient avoir été ses successeurs '. Aux enfers, il fait partie du redoutable tribunal qui juge les mérites et les fautes des hommes ; il y siège à côté d'iEaque et de Minos ^. Mais si nous nous reportons aux plus anciennes traditions qui le concernent, sa figure se distingue assez nettement de celle de son frère. Tandis que ce dernier est avant tout Tidéal du roi terrestre, Rhadamanthe a pour domaine la région lointaine et merveilleuse où habitent, après leur mort, les héros aimés des dieux. C'est aux extrémités de la terre, dans la plaine Élysienne ou dans les iles des Bienheureux ', où il est Tassesseur de Cronos, que règne a le blond Rhadamanthe » '. Si Minos rappelle le Manu indien, Rhadamanthe peut être comparé à Yama, le roi védique des morts \
i. ApoUod., II, 4, 11. III, i,â. Cf. Pherec., ap. Anton. Lib., Tramform., 35.
2. Piud., Pyth., II, 73. Theo^n., 701. Ibvc. ap, AUicu., XHI, p. 603, c.