Euripide : fragment. Walckenaer, Diatr., p
... •vÇJv nEgit ê^ovO* wyçtctç iv àpàXai^.
premiers simulacres du culte, qui sont de simples symboles ; ainsi la pierre de Zeus Kappotas, près de Gythion, celle de Zeus Sthénios près d’Hermione. Ailleurs, c’est une stèle carrée, comme sur les monnaies de Géos. Quand la main de l’homme commence à traduire cette conception d’un dieu qui est répandu partout, dont la puissance s’exerce sur la terre, sur la mer, dans le ciel, un symbolisme naïf inspire des images enfantines, comme l’ex-voto de Zeus Triopas, consacré à Argos, dans le temple d’Athéna. C’était un xoanon , à forme humaine : au milieu du front s’ouvrait un troisième œil. On peut se figurer l’attitude raide et gauche de ces xoana de Zeus, à l’aide de monnaies asiatiques représentant une divinité barbare identifiée au dieu hellénique. Une monnaie de Mylasa reproduit sans doute l’antique image de Zeus Labraundeus, adorée par les Gariens, et signalée par Strabon.
Pour les origines de la période historique, les monuments ne peuvent nous faire connaître par quel travail l’art s’efforce de créer le type plastique de Zeus. La première statue du dieu connue par les textes est celle du Laconien Dontas, élève des maîtres crétois, qui avait exécuté pour les Mégariens un ex-voto consacré à Olympie: Zeus y figurait dans un groupe fait de bois de cèdre incrusté d’or. Les statues de métal, vers cette même époque, accusent l’insuffisance de la technique. Ainsi le Zeus Hypatos de Cléarkhos de Rhégion, placé dans un temple de Sparte, était fait de feuilles d’airain réunies à l’aide de clous; même procédé pour le colosse du dieu en or battu, consacré par les Kypsélides à Olympie, aux environs de la XXXIIIe olympiade. Avec
LES DIVINITÉS DU CIEL
Agéladas d’Argos, on voit apparaître dans Tart un type juvénile de Zeus. Une statue du maître argien, exécutée pour Ægion, représentait Zeus enfant. Peut-être avait-il donné le même type à son Zeus Ithomatas que les Messéniens chassés d’Ithôme avaient consacré à Naupacte1. Nous ne connaissons que par des textes la statue de Zeus Panhellénien, due à PÉginète Anaxagoras, et celles de Kalamis, de Myron, d’Aristonoos d’Égine ; ces noms témoignent au moins qu’avant Phidias, Part avait maintes fois traité les représentations de Zeus. A Olympie, on voyaitdans PAltis un grand nombre de statues du dieu qui se distinguaient par leur aspect archaïque ; Pausanias en cite plus de quarante.
C’est le caractère propre de l’archaïsme de répéter fréquemment un petit nombre de formes. Aussi, bien que les monuments conservés pour cette période soient fort rares, on peut croire que le type de Zeus dans la plastique n’offre pas encore une grande variété. Les bas-reliefs et les vases peints d’ancien style le montrent vêtu et assis. Sur le monument des Harpyies, à Xanthos, on a pu reconnaître le dieu dans une figure assise et tenant un sceptre, qui est répétée trois fois, comme pour exprimer l’idée du triple Zeus, dieu du ciel, de la mer et de l’enfer 2. Sur les métopes les plus récentes de Sélinonte, le dieu porte le long himation, drapé à mi-
1. Une monnaie messénienne montre, il est vrai, un Zeus barbu, debout, et lançant la foudre. Mais il est peu probable qu’on puisse y reconnaître le Zeus d’Agéladas. Voir Overbeck : Griech. Kunstmyth., I, p. 12.
2. Cf. un vase peint de Chiusi, où sont figurés trois Zeus tenant le foudre et l’éclair. Le Zeus de la mer, Zenoposeidon, tient en outre le trident. Arch. Zeitung, 1 85 1, pl. XXVII.
corps; ses cheveux sont tressés et frisés. Les peintures céramiques lui prêtent à peu près les mêmes traits, et les mêmes attributs : à savoir la chevelure soigneusement peignée et flottante, ou réunie en masse
(D’après un vase peint.)
sur la nuque; la barbe longue, le chiton de line étoffe plissée, en partie recouvert par l’himation orné de broderies, et le sceptre parfois surmonté d’un aigle. Il est vraisemblable que dans ces plus anciennes représentations de Zeus, on retrouve le souvenir des statues de bois, vêtues de riches étoffes, que paraît reproduire un cx-voto en bronze, trouvé à Olympie.
Les DIVINITES DU CIEL. 31
Mais pas plus que les bas-reliefs, les vases peints ne nous font connaître le type de Zeus, tel qu’il est traité par les maîtres archaïques. Il faut ici recourir au témoignage des médailles qui n’est pas sans valeur, car suivant toute vraisemblance, les graveurs des monnaies s’inspiraient des statues destinées au culte. A l’aide de ces indices, on peut distinguer trois types du Zeus archaïque. Le premier, qui nous est connu par des monnaies d’Ægion, de Messène et d’Athènes , est celui du dieu qui lance la foudre. Zeus, nu et barbu, est figuré dans l’attitude de la marche ; d’un geste menaçant, il brandit le foudre.
C’est ainsi que le représentait une ancienne statue de l’Acropole d’Athènes, celle de Zeus Polieus 4, qu’on est en droit de reconnaître, avec Otto (Monnaie d’Athènes.) Iahn et Overbeck, sur les monnaies archaïques d’Athènes. Un second type, moins fréquent, nous est fourni par les monnaies de bronze d’Athènes, qui montrent Zeus avec les mêmes traits, mais au repos, et dans une attitude bienveillante; il figure ainsi sur un bas-relief de style archaïsant qui décore une base de candélabre au Vatican. Ehfin, sur les monnaies archaïques de Rhégion et d’Arcadie, Zeus est assis, s’appuyant sur son sceptre, le bas du corps recouvert par l’himation. Ces représentations sont les plus rares. Si faibles que soient ces indices, ils permettent de croire que le type traité
i. Pausarnas : I, 24, 4. Cette statue a peut-être inspiré à Léo* kharès sa statue de Zeus.
fig. 7.
ZEUS POEIEUS.
par les sculpteurs à l’époque archaïque est surtout celui de Zeus lançant la foudre. L’aspect du dieu est redoutable ; aucun vêtement ne couvre ses formes robustes ; debout dans l’attitude de la marche rapide, il élève le bras droit armé du foudre.
C’est ainsi , du moins, que le montre un curieux bronze trouvé à Dodone, d’un archaïsme affecté, et qui accuse un emprunt fort apparent aux formes primitives de l’art 1.
Quand Phidias exécute pour le temple d’Olympie sa statue chryséléphantine de Zeus, l’art a déjà essayé de traduire sous plusieurs formes la conception du dieu maître de l’Olympe. Le sculpteur athénien trouvait pour son œuvre des éléments tout préparés. Mais c’est lui qui, de l’aveu de l’antiquité tout entière, donne au type du dieu le plus haut degré de noblesse. On n’a pas à rappeler ici les