CHAPITRE PRÉEIMINAIRE
Ce livre est un essai. Ee domaine des maladies infectieuses a trop d’étendue, il montre trop de parties encore mal explorées pour qu’ü soit possMe d’oser, à la fin du premier demi-siècle de l’ère pastorienne, une œuvre plus hardie qu’une tentative de synthèse.
Tel qu’il est écrit, il ne s’adresse à aucune catégorie particulière de lecteurs.
Ees spécialistes de la Médecine et des Laboratoires y retrouveront des données, connues d eux, et des opinions que la Httérature médicale considère comme acquises. Là-dessus il ne leur apprendra pas grand chose.
n contient des faits plus secrets et, pour les relier, des enchaînements nouveaux. Quelques conceptions paraîtront téméraires à nos confrères.
Certains s’en piqueront. Je souhaite que d’autres soient attirés par ces perspectives inédites, qu’ils ne craignent pas de s’y engager et qu'ils les prolongent à leur tour.
Pourtant, je ne doute pas que ce livre reçoive son meilleur accueil de lecteurs moins ancrés dans des doctrines, de ce public instruit, avide de comprendre, qui cherche, en toutes circonstances, les occasions d’accroître le champ de ses connaissances. Il a le goût des méditations ; il aime de voir sortir les pensées générales ailées de la gangue des doctrines particuHères. Ce pubhc s’instruira, en même temps, des habitudes d’esprit des gens de science. I<es savants n’appartiennent pas à une caste ; ils sont gens de la même espèce que ces lecteurs. S’ils suivent exemplairement les disciplines sans lesquelles rien ne se fonde ni demeure, l’imagination hante ces ho mm es aux heures décisives. Pour résoudre les problèmes qu’il s’est ]posés, le scientifique fait appel à toutes les ressources qu’il connaît en lui. Il ne dédaigne pas, lorsque l’occasion n en est pas périlleuse, de prendre pour guide la f la mm e le plus andeime, vivante au cerveau de tous les hommes, le rêve.
Pmsse ce livre être lu surtout des jeunes gens et leur communiquer l’enthousiasme nécessaire aux