‹ Naissance, vie et mort des maladies infectieusesChapitre 20 sur 42 · UN MÊME AGENT PATHOGÈNE PEUT PRODUIRE DES MALADIES DIFFÉRENTES · texte numérisé non relu

UN MÊME AGENT PATHOGÈNE PEUT PRODUIRE DES MALADIES DIFFÉRENTES

Après que Talamon l’eut trouvé dans les crachats et les lésions des pneumoniques, le pneumocoque fut vite reconnu comme l’agent de la pneumonie.

Ta pneumonie, dans sa forme franche, lobulaire, classique, est une des maladies dont les symptômes, 1 évolution sont les plus caractéristiques.

VIE DES MALADIES ISFECTIEUSES

C’est la première maladie qu’ü convient de montrer à un jeune étudiant. On crut donc pouvoir poser l’équation : Pnetunocoque = Pneumonie. C’était el le que consacrait la loi de spécificité, imposée par le génie de Pasteur.

Or, pneumocoque et pneumonie ne sont point termes de même étendue. On ne tarda pas à retrouver le pneumocoque, en deiiors de la pneumonie, Hant; des inflammations du poumon moins classiques, tantôt à foyers étendus, mais superficiels, comme la congestion pulmonaire de Woülez, tantôt à petits foyers distincts, mobiles d’im jour à l’autre comme certaines broncho-pneumonies. On découvrit ensuite le même microbe, en dehors du poumon, dans des foyers de suppuration qui tantôt accomp^ent, font suite à la pneumonie franche : pleurésies, péricardites, méningites, tantôt se montrent après une réaction pulmonaire fugace, tantôt sans réaction pulmonaire appréciable. Pe pneumocoque a été retrouvé dans certaines angines, dans des conjonctivites de type spécial, n peut se rencontrer dans la salive de gens bien portants. C’est même là qu il avait été vu pour la première fois, non par Talamon, mais par Pasteur qui pensa lui attribuer un rôle dans la rage. I^orsqu’il se rencontre chez les personnes

LES MALADIES INFECTIEUSES

saines, le pneumocoque est souvent privé de toute propriété pathogène.

Si, de l’homme, nous passons aux animaux, nous constatons qu’aucun de ceux-ci n’est atteint de pneumonie naturelle. Il est [paiement impossible, quoiqu’on ait dit autrefois, de reproduire la pneumonie dans aucune espèce. Par contre, une souris, inoculée avec une trace de produit contenant le pneumocoque (pour peu que celui-ci ait de virulence), meurt en une dizaine d’heiures et, dans la plus petite trace de son sang, on retrouve en nombre considérable des pneumocoques. Or, la même maladie (cette septicémie) se rencontre exceptionnellement chez l’homme.

Il y a donc loin de l’équation Pneumocoque = Pneumonie à la vérité des faits. Et nous pourrions multiplier les exemples.

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