ENTENTE AVEC L'ANGLETERRE
en lui faisant envisager qu'il seroit contre les règles d'une saine politique de sY'puiser d'hommes et d'arj^'enl pour achever un ouvrage qui peut finir en un jour ot sans risque, qu'il pourroit n&ttre dans la continuation de la guerre des incidents capahles de renverser les espérances qui paraissent le mieux établies, et qu'enfin ce Prince pourroil employer bien plus utilement ses forces pour achever d'établir son autorité en Italie, pour la faire respecter dans l'Empire et dans le Nord, et peut-être pour d'autres objets, s'il lerminoit l'affaire de Sicile promptement, sans ellusion de sang^, ot sans épuiser ses ûnanccs, et si ce Prince enlroit dans ses vues il no faut pas douter que ceux qui lai en donncroient le conseil ne regardassent comme une circons* lance heureuse pour Taccomplissemcnt de leurs desseins les restes de division qu'ils laisseroient entre la France et l'Angleterre, d'une part, et l'Espagne de l'autre, et qu'ainsi ils ne fiiMent bien aises que le Roy catholique se trouvât en état de continuer la guerre pendant quelques campagnes.
La confiance que Son Altesse Royale a prise dans la bonne foi de l'Empereur n'a pas cmpûché qu'elle n'ait depuis longtemps porté ses attentions sur cet événement. Elle a fait communiquer tu roi de la Grande-Bretagne les avis qu'elle a reçus eu dîlTéreolcs occasions qui pouvoicnL donner lieu de craindre que la Cour de Vienne ne fût tentée par les ofTres de celle d'Espagne, et l'expérience que ce Prince vient de faire des desseins du cardinal Alberoni lui a fait connaître de quelle importance il est pour Ka propre sûreté que ce ministre ne puisse pas parvenir à rMserabler les forces du Roi son maître en Espagne jusqu'à ce qae la paix soit rétablie entre toutes les puissances alliées et ce Prince, et combien il seroit à craindre qu'il ne se servit de ces mêmes forces, ai elles étoient à sa disposition, pour occuper celles du Roi et pour exciter des troubles en Angleterre,
Le roi de la Grande-Bretagne, touché de ces considérations et toujours porté à donner à Son Altesse Royale des marques de son aitenlion (en ce qui peut intéresserson administration) afait assurer qu'il avoit envoyé des ordres précis au chevalier Bing non emcnt de ne pas consentir aux propositions qui pourroient faites do remettre la Sicile au pouvoir de l'Empereur et