‹ Naples et ParmeChapitre 144 sur 235 · LE MARQUIS DE DURFORT · texte numérisé non relu

LE MARQUIS DE DURFORT

coupables de prévarication et de fraude au préjudice des lois et douanes établies dans le royaume des Deux-Siciies. Quant aux représentations justes qu'il sera dans la nécessité de faire, elles devront être conçues en^iermes fort modérés et conformes k Tunion et à l'amitié qui subsistent entre les deux cours.

On profitera de la première occasion qui se présentera pour envoyer au marquis de Durfort de nouvelles tables de chiffres pour servir à sa correspondance avec le ministre et secrétaire d'État, ayant le département des affaires étrangères du Roi. Cet ambassadeur se servira en attendant, ou des chiffres qu'il avoit à Venise, supposé qu'il les ait portés à Naples, ou de ceux qu'il trouvera entre les mains du sieur de la Houze.

Le marquis do Durfort cherchera à entretenir une liaison de confiance et d'amitié avec le comte de Neûperg, ministre impérial, et lui marquera l'intention du Roi à cet égard, vu 1m liaisons intimes qui subsistent enb'e Sa Majesté et la cour impériale'.

L'ambassadeur du Roi cherchera aussi à donner des distinctions au ministre du roi de Sardaigne, en évitant toutefois de lui parler d'aucune affaire.

Le comte de Neuperg, ministre impérial, est jeune, léger, ayant beaucoup de ce que Ton appelle des airs, peu jaloux de dire toujours la vérité, mais d'un caractère doux et sociable, aimant par goût les Français, et méritant d'ailleurs des égards à cause de son père le maréchal de Neliperg, favori de l'Empereur, et à la tête du ministère de la guerre de la cour impériale, et de sa sœur la princesse d'Ansberg, que l'on dit être aimée de Sa Majesté impériale.

Le comte de Roubion, ministre de Sardaigne, a peu d'esprit, beaucoup d'intrigues et d'envie de se mêler d'affaires ; il ne mérite rien par lui-même, mais il convient au service du Roi que ce ministre mande à Turin que l'ambassadeur du Roi l'a accueilli et l'a traité comme l'on traite le ministre d'une puissance amie, dont le Roi a sujet de se louer.

Tout ce que le marquis de Durfort aura vu dans ses instruc-

I. Depuis les traités de Vienne de 1766 par lesquels la France et rAutriche s'étaient rapprochées.

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