‹ Naples et ParmeChapitre 202 sur 235 · DISPOSITIONS DE L'ESPAGNE · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS DE L'ESPAGNE

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doit avoir une exlrômp aUention à ne jamais s'expliquer par rapport k un objet si délicat, et sur lequel les événcraools pourront seuls indiquer le système qa'il conviendra de suivre. Dans toutes les occasions où l'on feroit tomber la conversutiou sur ce point, il doit se borner à répondre que la prudence humaine ne sauroit tout prévoir et tout prévenir, mais que, quels que puissent être les événements, l'Infant Don Philippe éprouvera toujours les marques les plus sensibles do la tendresse et do la bonté du Koi et do rinlér£t que Sa Majesté prend à soo sort. Qu'au reste l'Infant doit se conduire de façon à se concilier toujours de plus on plus l'amitié des Rois ses frères, et surtout ilu roi d'Espagne de qui il peut attendre les secours les plus essentiels en tout genre et auquel il doit par conséquent marqnor la confiance la plus entière et la plus constante. Le Roi d'Espagne vient cnKn de se déterminer à augmenter pai* des bienfaits en argent les revenus de llufant Don Philippe son Cependant cette marque de générosité a été accompade circonstances qui prouvent plus que jamais le dessein é par la cour de Madrid de se conserver une influence prenante de persuasion et môme d'autorité sur l'Infant et sur tstration de ses Etats. Le roi d'Espagne, en laissant Ilnfant, son frëro, le maître de nommer tous les ofÛciers de justice, police et finance dans ses Etals, ne s'est résen'é que la nomination à la place do socrétairo d'Etat h cause de la relation politique que pouvoit avoir cet Elal avec ses voisins. Sa Majesté catholique a donné pour raison do détermination le désir qu'elle avoit que l'Infant son frèro fût considéré comme il dovoit l'être, et que ses Etats fussent respectés, que ce secrétaire, chargé d'y veiller, le seroit aussi d'empêcher do la part de cet Etat rien qui fût préjudiciable aux voisins et pût tendre h altérer la tranquillité nécessaire, et à compromettre cottséquemrocnt la cour d'Espagne dans le parti qu'elle auroîl à prendre pour les intérêts de l'Infant.

i. L'infantA avftil I&trplrA L «on mtxi le gain du tMf, «t U 4aa dult elurgti dd deUM <itui lo mi d'EAp.apne rafiua d'ahord do paf4>r. Il finit pu y con«cDtir ftiM MUt «ollicttAtionfl do Voulu XV, el fit k riafAiiL uao |>èlistoi d* dnix

▼Ingt-citKi m'illf' ItTre».

304 LE COMTE DE ROCHECHOUART, i7K4.

On sait que le ministre plénipotentiaire qui réside à Parme de la part du Roi d'Espagne*, a ordre d'employer, lorsqu'il le croira nécessaire, le nom et Tautorité de Sa Majesté catholique pour engager Tlnfant à n'agir que suivant les injonctions du Roi son frère. Il est juste que rétablissement de l'Infant étant principalement TouTrage de l'Espagne, elle s'occupe du soin de lui donner la consistance dont il est susceptible, et le Roi ne prétend nullement partager avec elle les détails qui peuvent avoir rapport à l'administration intérieure et économique des trois duchés.

Le comte de Rochechouart se bornera donc à être exactetement instruit de tout ce qui se passera relativement à cet objet, pour en rendre compte à Sa Majesté ; mais sa conduite sera d'ailleurs purement passive à cet égard, et il évitera surtout de paroltre désapprouver les arrangements que la Cour de Madrid a pris ou pourroit prendre dans la suite par rapport à la maison et aux aiïaires de l'Infant. Si ce Prince lui confîoit quelquefois ses peines et lui demandoit des conseils, le comte de Rochechouart se renfermera dans des assurances générales de bienveillance de la part du Roi, et il exhortera l'Infant à se conformer avec docilité aux volontés de Sa Majesté catholique sans marquer ni aigreur ni mécontentement contre les ministres qui en seroient les dépositaires ou les exécuteurs. Le ministre du Roi ne sauroit porter trop loin la prudence et la circonspection sur une matière si importante et si délicate; il aura soin de s'expliquer toujours do manière à ne point indisposer l'Infant et à se ménager toujours sa confiance en paraissant s'intéresser à sa satisfaction sans cependant le Qatter sur les goûts et sur les prétentions qui ne seroient pas conformes aux vues de l'Espagne et en évitant aussi de heurter de front et trop ouvertement les vues de ce Prince ; en un mot, en donnant à tous ses discours la tournure convenable pour se rendre agréable sans complaisance outrée et sans exciter la jalousie et la défiance des Espagnols qui ne sont que trop susceptibles de prendre légèrement des ombrages peu fondés.

1. Ce ministre cat nommé quelques lignes plus bas; c'était le marquis de RcTÏUa, qui aTait remplacé Carpentaro.

PERSOXNACES DE LA COUR DE PARME 30tf

Le marquis de Kérilla, ministre plénipotcnUairc de Sa Ma-

catholique à la cour de Parme, y exerce par intérim les

DcUoas de secrétaire d'Etat depuis la mort du Sieur Car-

lero.

Le siour comte de Rocbecliouart ne sauroit 6tre trop aUeatîf de ne rien dire ou faire dont ce ministre ne puisse abuser dans les relations qu'il fera passer à la cour d'Espagne.

Le ministre du Itoi doit au contraire mettre dans ses discours el dans sa conduite avec le marquis de Revilla tout ce qui pourra le plus persuader Madrid que Sa Majesté ne t'a chargé que de seconder les vues des ministres espagnols et de concourir avec eux h toutes les mesures qu'ils jugeront être les plus coavenablcs à la gloire et aux avantages de l'Infant.

Co prince a parmi ses domestiques quelques François qu'il honore d'une bonté particulière. Le comte de Uochechouart a trop d'usage du monde et connolt trop ce qu'il se doit à luîmdme ot à la dignité du ministère que lo Roi lui confie pour ne pas 50 rcofcrmer avec ces sortes de domestiques dans les bornes *exige la diiïérence des conditions, naais il ne pourra ùire *iltile qu'il leur marque quelques attentions. Ces canaux suternes n'inOucnt guère dans les afîatres principales; mais, mme ils sont quelquefois en état de procurer des notions fessantes sur l'intérieur do lu maison des princes qu'ils ont ooneur de servir, le comte de Roebechouarlse servira, mais ftftQs alTcctation, des moyens qu'il croira propres à inspirer assez do confiance en lui aux domestiques dont il s'agit, pour 1m engager à l'informer lidèlement de ce qui viendroil à leur connaissance.

Rien ne sera plus naturel que les bontés particulières que M*** Infante témoignera sans doute au ministre pléaipotenliairû da Roi son père, mais te comte de Rochcchouart sentira parfailemcnl de lui-m'^me avec quelle prudence il devra se conduire pour ne pas donner lieu de juger que c'est par ses insinuations que cette princesse agît, el pour éviter d'exciter sur un point si délicat la jalousie des ministres espagnols et peut-élro même celle de l'Infant.

Les m<>mos motifs doivent engager lo comte de Rochecbouarl

SM LE COKTE DE ROCnECHODART, 1754.

& se lenir avec la Princesse TriruUy* dons les bornes des é^^rAs et «les politesses que sûii sexe ei sa place ciûgentf ti il «un rattenlion la plus scrupuleuse à ne se livrer à aucune des foclions et intrigues qui sont communément plus vives et plus dA&gcrenscs dans les petites Coarsque dans les grondes.

Il so conlentera de tout voir et do tout examiner sans y prendre part, et de ménager sans affectation les moyens dont il croira pouvoir faire un usag« utile pour le service da Roi.

11 nVst pas possiblo d'indiquer dons co mémoire la façon dont le comte do Kochocbouart aura à se conduire avec les Pl^ mesans et Plaisantins. II aura bientdt reconnu par lui-mêi»e quels sont ceux qui, par leur naissance, leurs emplois, learm^ rite personnel ou leur crédit auprès de leurs maîtres, siiroal droit à des distinciions particulières de sa pari, et il proportionnera sur les notions qu'il aura acquises par l'expéneace les ^ards qu'il leur marquera.

Le titre de Ministre Plénipotentiaire n'assujettit à aucun eéièraonial d'obligation, ainsi le comte de Rocbccbouart aura une liberté entiérodc faire assidûment sa cour à l'Infant et à IIdfaute et il n'exigera d'autres traitements de leur part que cetu quUl peut attendre des fils de France. Mais il est vrais embloUe que ce Prince et cette Princesse, par respect et par attachement pour le Roi, se porteront deux-môraes à lui faire éprouver l'accueil le plus favorable et les distinctions les plus marquées.

On joint ici deux lettres du Roi en créance sur le comte As Rùchechouart, l'une pour l'Infant et l'aulrc pour llnfante, et, eo les leur présentant dan» ses premières audiences, il aura soin de conformer ses discours aux assurances que Sa Majesté leur renouvelle de ses sentiments de tendresse pour eux, et du vif 'intérêt qu'Elle prend h leur repos et à leur bonbeur.

Quant au cérémonial à observer dans ses premières audiences ou dans tes fonctions publiques, le comte de Rochechoaart s'informera de ce qui a été pratiqué par rapport au marquis de Crusflol et il s'y conformera exactement sans rien exiger w delà.

Il rendra compte exactement au ministre et secrétaire d'&at

CEREMONIAL ET CHIFFRE

l cpiî le Roi ft eonfîé le tléparlcmont des alTairos élrongîires de tout ce qui lui paroîtra mériter l'attention ou la curiosité de Sa Uajeslé. Il so servira pour cet elTet du cliilTre intitulé pour la déftêche^ lorsque co qu'il aura à mander exigera cotte précaution, cl il en fera usage conformément à la méthode expliquée dans le mémoire qui lui sera remis à ce sujet et qui doit servir de règle invariable dans sa secrctaireric.

Quant à la correspondance que le comte de Rocbecbouart entretiendra avec les ministres du Roi dans les cours étrangères el en particulier avec les ambassadeurs qui résident à Madrid et à Naples, il sera essentiel qu'il la renferme dans les bornes de la plus grande circonspection par rapport aux nouvelles qu'il jugera convenable de leur faire part, et il se servira pour leur écrire du chiffre qu'on lui remettra intitulé de correspondance.

U aura également soin qu'on ne se serve pour chiffrer les pièces qui pourroîcnt lui ôtrc communiquées, que des tables qu'on lui remettra aussi et qui sont uniquement destinées pour cela, le chilTre pour les dépf^ches au ministre des oCfaires élrangères no devant jamais être employé i^ aucun autre OMge.

Ces diverses tables de chiffres et le mémoire pour indiquer la raaDÎëre de s'en servir seront remis au comte de Kocbechouort par le sieur Collet, chargé des affaires du Roi à Parme depuis l'absence du marquis de Crussol.

Les Instructions et les ordres plus circonstanciés dont le comte de Rocbecbouart pourroit avoir besoin dans la suite lui seront successivement envoyés suivant que les conjonctures et les événements l'exigeront.

Le Roi, ayant ordonné que tous ses ministres dans les cours étrangères lui remettent à leur retour auprès de Sa Majesté une relation exacte do tout ce qui se sera passé de plus important pendant leur mission dans le lieu de leur résidence, soit par rapport aux négociations et au cérémonial, soit sur l'état des pays oii Us auront été employés, sur le caractère et les inclinations des Princes et de leurs ministres, entin sur tous les objets relatifs aux affaires publiques, le comte de Rocbecbouart aura

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