‹ Naples et ParmeChapitre 214 sur 235 · LE MARQCIS DE CHAUVELIN · texte numérisé non relu

LE MARQCIS DE CHAUVELIN

pas avoir des idées bien assurées sur sa situation ; elle a marqué un goût pour gouverner son mari et ses Etats, qui n'a été soutenu par aucun principe raisonnable, ce qui a produit, comme cela devoit être, le désordre.

On peut lui dire, ainsi qu'à l'Infant, que l'on ne gouverne pas un Etal sans raison et en s'abandonoant sans réflexion i sa volonté première. Il faut savoir gouverner pour gouverner, et il ne parolt pas que l'Infant ail les talents^ la réflexion, l'amour de l'ordre nécessaires pour acquérir ta science du gottvernement. L'Infante, par ses vertus, méritera sans doute l'estime et les égards de Vlnfant; ses vertus doivent être recompensées dans l'intérieur de leur union ; il est de l'hoaaèteté de l'Infant de rendre heureuse la Princesse qui lui est unie, de lui rendre sa Cour, sa personne et son union agréable, de lui marquer en toute occasion de l'estime et de la considératioe : mais il est inutile de lui parler de ses affaires quand elle oelc; entend pas et qu'elle n'est pas à portée de les entendre.

U est revenu au Roi que l'Infante marquoit do l'aversioii pour les François et pour les Espagnols ; elle est bien la maîtresse d'aimer ou de haïr les nations fk qui son seutiineot eil parfaitement indifTcrcnt, mais il ne serait ni décent, ni politique à rinfant de souffrir que l'Infante affichât un sentiment contraire h la Maison dont ÎI est né et qui seroit un mépris Ina^ que pour sa personne et qui dovroit l'humilier. Le Roi et le roi d'Espagne sont plus justes; ils désirent qu'en ne se mèUnt que de ce qui la concerne eu particulieir, l'Infante soit parfaitement heureuse et perpétue une branche de leur maison qui leur est infiniment chère. Cet article des instructions du marquis d« Chauvelin sera envoyé h Vienne à l'Impératrice qui certainement ne désavouera pas les principes des Rois ni sur ce qui regarde l'Infant, ni sur ce qui concerne madame Infante.

Enfin le marquis de Chauvelin parlera, par transitiou et comme d'une chose ridicule, de la familiarité avec laquelle l'Infante permet que ses gardes du corps jouent dans la mérae pièce où est le Prince, ainsi que de faire manger avec lui des personnes qui ne doivent point, ou par leur état ou par leur naissance, y manger.

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