‹ Naples et son golfeChapitre 2 sur 27 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Beaucoup s'imaginent que Xaples n'est pas une « ville d'art » : je souhaiterais que ce livre les convaintiuit de leur erreur. Il \' a autre chose à voir et à admirer à Naples que son site : elle contient dans ses églises et ses vieux palais des merveilles artistiques presque aussi nombreuses et aussi variées cjne n'importe quelle autre cité d'Italie. Jusqu'au jour oii Xaples passa à, la maison île Savoie, elle connut des maîtres divers dont beaucoup furent d'impitoyables tj-rans : chacun cependant lui a appris une forme et des principes d'art nouveaux. De l'art normand, du gothique français, des grandes écoles de peinture de Flandre ou d'Espagne, Naples possède encore de fort Iieaux souvenirs. De tout temps aussi, elle a accueilli les artistes qui venaient à elle du nord de la péninsule italienne, et le XV et le XVI" siècles peuvent y être étudiés presque aussi complètement qu'à Rome ou en Toscane. Certes, elle n'a que très tardivement formé une

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école : ju>qu"au XVll" siècle, elle s"est appropriée seulement l'ail tpH lui venait du dehors ; elle ne fut à la tète d'aucun mouvement artistique: elle suivit simplement Timpulsion ([ue d'autres donnaient. Ce n'est point cependant une raison pour na pas étudier son évolution artistitiue : Xaples. comme les plus célèbres cités d'art italiennes, par les maîtres du Nord qui vinrent travailler chez elle, pztr les élèves qu'ils formèrent, a contribué au grand édifice de la Renaissance.

Au xvil" siècle, une école proprement napolitaine s'est constituée, qui eut dans toute l'Italie une influence considérable. Je ne prétends point que cette influence ait toujours été heureuse : le baroque a défii^uré, déformé, à Xaples et ailleurs, beaucoup de chefs-d'œuvre. S'il n'a ]5as driiii au.\ louanges que certains lui ont décernées, il ne mérite pas non plus un blâme exagéré : il vaut d'être étudié II y a entre ses divers représentants des différences notables : les uns ont été de vrais artistes, les autres de mauvais ouvriers. Xaples, av'ec le baroque, a en tout cas grandement influé sur la vie artistique de l'Italie. (Juand le Ijaroriue eut disparu, elle est restée, et elle est encore, parmi les ]j1us fécondes sources de cette vie.

Il y a fort peu d'études françaises sur l'évolution artistique île Xa|)les. On ne peut guère citer que le beau livre de .^l. lùnile Bertaux, l'Art (1(7 lis r Italie nicritlionnle, où est étudiée excellemment le début de la période médiévale. On trouve également d'intéressants travaux dans les Mélanges iV archéologie et d histoire de l'Kcole française de Rome. Les ouvrages italiens sont beaucou^D plus nombreux : certains, comme le Vitecleipittori,sciiltori ed archittetti iiapoletani, de Dominici 1742}, renferment des erreurs innombrables, d'autres sont au contraire fort comjjlets et précis. (Jn trouve dans (.jeux vieilles revues. VOiniiihiis pittoresco. le Poliorama pittoresco, dans la collection de Y Arcliivio storico per le provincie napoletaiie, lians ci-lle aussi des Atti del AcccideDiia di Archeologia di Napoli, des renseignements très précieux ' : aucun ouvrage cependant ne vaut, pour l'étude de l'art à Xaples, l'excellente revue Napoli nobilissiina. publiée par fascicules mensuels de 1892 à 1906, et dont la collection est devenue très rare. Je dois des remerciements particuliers à l'éminent savant qui la dirigée, .^l lienedetto ("roce, pour sa très aimable obligeance.

' Comme niivraoes artistitiuus récents sur Naplcs ou ses environs, on peut mentionner Ntipoli de Salvatore di Gi.icomo; / caiiipi Plilegrci de Giuseppe de I.orenzo ; A'capel de Rolfs.

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