VIII. — ARCHIVES D'ETAT
Ce dépôt est probablement l'un des plus riches qui existent ; malheureusement le classement insuffisant de la période moderne empêche d'affirmer qu'on ait cherché partout où il convenait. D'ailleurs, les papiers de l’époque correspondant à la Révolution et à l'Empire ont subi, sans nul doute, de terribles atteintes. Pour ceux de la République napolitaine, la destruction avait été officielle, systématique. (Il était même interdit de conserver des imprimés émanant du gouvernement révolutionnaire.) Au départ de Joseph, bien des documents furent emportés, en vue de faire, le cas échéant, l'apologie du règne. Sous Murat, le bruit courut qu'on détruisait, dans les ministères, des papiers concernant les affaires de Sicile. Dans la réaction qui suivit son règne, et où chacun cherchait à se garder, on fit certainement de même, sous des mobiles divers (2). Où sont notamment les dossiers de la police, les procès criminels des tribunaux d'exception ?
Nous ne sommes donc pas certain d'avoir tout fouillé, et nous avons dù, à plusieurs reprises, depuis notre départ de Naples, faire exécuter par des tiers des vérifications et des copies. Les cotes que nous allons énumérer sont celles-là seules sous lesquelles nous avons trouvé des documents pour notre travail, et non, bien entendu,
(1) M. Laurent Lanzi a bien voulu nous communiquer des lettres de Saliceti. D'autres lettres, passées en vente en 1862, n'ont pu être retrouvées.
(2) Par exemple, de la lettre du prince héritier à Joseph (24 janvier 1806, d’ailleurs connue), il n'existe plus que la page blanche. La rareté des papiers de police n'est évidemment pas l'effet du hasard (les divisions ministère de la police générale et préfecture de police ne commencent qu'à 1815). De la correspondance de Saliceti il ne reste que des épaves : or, nous savons que son unique héritier,
le prince de Torella, fut longtemps en suspicion et dut sans doute prendre des précautions.