‹ Napoléon apocryphe, 1812-1832Chapitre 35 sur 154 · LOUIS XVII · texte numérisé non relu

LOUIS XVII

Vous connaissez peu les cœurs de roi, monsieur, pour essayer de les atteindre par une telle corruption.

NAPOLÉON , se levant avec colére.

Ni vous la fermeté terrible de l'empereur des Francais, prince ; là où les bienfaits cessent, le châtiment, plus facile, pourrait commencer.

LOUIS XVIII, avec calme.

Ma famille est accoutumée au martyre, général; me voici prêt à tout : il y a encore de la place pour moi dans vos fossés de Vincennes.

A ce mot de Vincennes, le vieux prince de Condé, qui avait écouté avec un froid dédain cet entretien, trembla tout à coup, pâlit, et laissa tomber sa main sur le pommeau de son épée ; puis, des larmes ayant coulé sur ses joues, il leva les mains au ciel et sortit en s'écriant : « Oh! mon Dieu!»

Napoléon n'avait perdu aucun de ces mouvemenis, et, redevenu calme, il dit à Louis XVIII :

« Votre Altesse ne pourrait rester en France, et l’Angleterre est devenue la France; mon ministre lui fera connaître mes intentions. » En achevant ces mots, il sortit précipitamment, remonta à cheval, et, sans adresser une seule parole aux généraux qui l’accompagnaient, il regagna, avec la plus grande vitesse, la ville d’Aytesbury.

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