‹ Napoléon apocryphe, 1812-1832Chapitre 49 sur 154 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

On était arrivé au mois de février 1817, qu'aucune manifestation extérieure n'avait encore fait connaître les projets de guerre de la ligue du nord-est. Et déjà, sur l'ordre de Napoléon, les flottes de l'empire, composées de telles de France, d'Angleterre, de Hollande et de Danemark, se réunissaient dans les ports de Toulon, de Barcelone et de Gênes, et au mois de février toutes ces flottes se portèrent ensemble dans l’Adriatique.

En même temps les forces de terre se tenaient prêtes sur les bords du Rhin.

On eût dit que l’Europe attendait quelque prodigieux résultat, tant étaient grands la stupeur et, pour ainsi dire, le silence des nations.

L'armée russe commença la première les hostilités. Elle se porta sur Grodno en Pologne, ets empara de cette ville.

Dès lors tout fut en feu, et les quatre puissances liguées, et la France, qui traînait après elle le reste de l'Europe.

Le roi de Pologne tenta de reprendre Grodno, mais vainement. Les maréchaux ducs de Bellune et de Tolosa (Victor et Foy) accoururent à son secours et entrèrent en Pologne avec quarante mille soldats.

Le prince de Hohenlinden (Moreau), avec cent mille

Français, Anglais et Danois, occupa le Mecklenbourg et le Danemark, en se dirigeant vers la Suède.

Le roi d'Italie (Eugène), avec les Napolitains, les Autrichiens et les Bavarois, et en outre avec les corps des maréchaux prince de la Moskowa et duc de Castiglione, entra en Bosnie et en Servie.

La flotte française, divisée en deux escadres, sous les ordres de l’amiral comte de Yarmouth et du vice-amiral Missiessy, parut dans l’Archipel et fit voile vers Constantinople.

L'empereur lui-même, à la tête de la grande armée, traversa la Bavière, et entra une fois encore en Prusse.

Alors la tempête des guerres rugit dans toute sa fureur. Mais elle fut courte, car presque en même temps, dans le courant du même mois d'avril 1817 :

Constantinople était bombardée et prise par nos flottes, et l’amiral Missiessy en prenait le gouvernement pour la France.

Le roi de Pologne et le maréchal de Bellune entraient dans Moscou, tandis que le maréchal Foy s’emparait de Pétersbourg.

Moreau, ayant écrasé à Wexio une partie de l’armée suédoise, était lui-même entré en maître à Stockholm.

De son côté le roi d'Italie avait, près de Belgrade, taillé en pièces l’armée turque, et lui avait tué vingt-cinq mille hommes.

Et le 21 avril, sous les murs de Berlin, l'empereur, avec sa grande armée, avait, dans la plus extraordinaire de ses victoires, anéanti les armées combinées suédoise, russe et prussienne ; et un boulet perdu, sur le soir de cette journée, avait atteint et frappé à mort l’empereur Alexandre.

La rapidité de ces victoires survenues en même temps confondit cette fameuse ligue du nord-est qui s'évanouit comme un nuage devant le soleil.

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