‹ Napoléon apocryphe, 1812-1832Chapitre 52 sur 154 · DRESDE · texte numérisé non relu

DRESDE

Le roi de Suède s’avança en tremblant et dit d’une voix faible et respectueuse : — « Nous demandons à Votre Majesté le traité qu'il lui plaira de nous accorder.

— Pas de traité, dit l’empereur d’une voix tonnante; des ordres ! Allez!»

Jamais il n'avait paru plus irrité et plus méprisant; il sentait que l’Europe était à ses pieds et qu'il pouvait la fouler et la piétiner comme il lui plaisait.

Tous sortirent la rage et la honte dans le cœur.

L'empereur ordonna au duc de Bassano d'écrire aux rois de Suède et de Prusse et aux trois grands-ducs de Russie qu'ils ne pouvaient retourner dans leurs Etats, dont la destinée n’était pas fixée. La ville de Prague leur était désignée comme lieu de résidence. —Ils s’y rendirent.

Le roi d'Italie, après la victoire de Belgrade, traversa ” la Servie et la Roumélie, et étant aussi entré à Constantinople, il reçut les ordres de l’empereur touchant cette contrée. Il fit en conséquence évacuer la Roumélie, où se trouvaient les restes de l’armée turque. Les troupes ainsi que le sultan Mahmoud furent transportés en Asie, de l’autre côté du Bosphore. |

Cette guerre si grande, dans laquelle une moitié de l'Europe avait combattu contre l’autre, fut ainsi mise à fin en peu de temps et par la plus mémorable victoire. Ce fut la dernière, et dans les premiers jours du mois de juin 1817, cette partie du monde se trouvait comme la propriété entière et exclusive de Napoléon, qui put la diviser à son gré, et laisser tomber comme il l’entendait des couronnes dépendantes sur des princes feudataires.

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