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voulu la diviser, l’affaiblir et la rendre sans aucun poids dans la balance des peuples. Elle était appauvrie de la Finlande, de toutes les provinces polonaises, et, pour comble de misère, divisée en trois États sans aucune force.
Étrange retour dans les déstinées des nations ! Lorsqu’à la findu dix-huitième siècle, l’Autriche, la Russie et la Prusse s’acharnajent sur le cadavre de la Pologne et la déchiraient par lambeaux, qui pouvait penser que le jour viendrait où la Pologne ressusciterait plus brillante, tandis que de ses avides ennemies la Prusse serait anéantie, la Russie partagée à son tour , et la superbe Autriche pendrait la Bohême avec le titre et le rang de César !
La Sardaigne se trouvait restaurée en royaume et enlevée à Naples : l'heure était sonnée de punir Murat de cette imprudente conquête, et de le reléguer sur un trône du nord.
Le Holstein était réuni à la France, et son souverain, toujours fidèle allié de Napoléon, fut largement récompensé par le titre de roi des provinces du nord de l’ancienne Turquie.
On voit dans ce décret le grand-duc de Bade devenu le plus petit des rois de l'Europe.
Tous les membres de la famille impériale sont faits rois.
On y voit aussi Lucien, chargé d'une royauté bizarre : ancien républicain, devenu roi d'une république.
Outre la Bohème et le titre impérial, l'Autriche perdait encore la Transylvanie. Ces châtiments la punissaient de son hésitation lors de la ligue du nord-est; c'était d’ailleurs la seule puissance encore importante, un empire enfin, et Napoléon ne voulait plus d'autre empire que le sien.
Cinq souverains dépossédés conservent le titre de
rois, et dans ces promotions royales toujours le même oubli des anciens rois de France.
On doit encore remarquer dans ces décrets qu’en s'aftribuant le droit et le nom de souverain de l’Europe, et en repoussant ses autres titres, l’empereur ne parlait plus de la grâce de Dieu et des constitutions de l'État.
Si jamais acte de puissance avait été jusqu'alors accompli sur la terre, c’est sans doute celui-là.