‹ Napoléon apocryphe, 1812-1832Chapitre 9 sur 154 · BULLETIN DE LA GRANDE ARMÉE · texte numérisé non relu

BULLETIN DE LA GRANDE ARMÉE

a Novoyorad, ce 9 octobre 1812.

« La journée du 8 octobre sera glorieuse parmi toutes les journées de gloire.

40 BATAILLE DE NOVOGOROL.

« La grande armée a rempli l’attente de l’empereur, la bataille de Novogorod l'illustre à jamais.

« Trois cent mille Russes, Suédois et Anglais avaient pris position sous les murs de la ville et dans la plaine qui la précède, vers la route de Twer.

* L'armée française, forte de deux cent cinquante mille hommes, occupait tout entière la gauche de la route et les trois collines qui dominent Novogorod.

« La bataille a commencé à neuf heures, à quatre heures du soir tout était terminé.

« Soixante mille hommes de l'armée ennemie sont morts, plus de soixante-dix milfe ont été faits prisonniers, le reste s'est noyé dans le lac, ou s'est dissipé devant nous.

- « Sur les deux heures, le maréchal Kellermann, à la tête de sa division, a été atteint d’un boulet de canon dans le bas-ventre et est mort sur le champ de bataille.

« L'empereur Alexandre et le maréchal Bernadotte, placés sûr une des hauteurs, à droite de la route, ont été tournés par :le corps du général Compans, et ont été faits prisonniérs.

« Des vingt-cinq mille Anglais, deux mille à peine ont pu échapper à la mort.

« La grande armée a perdu environ six mille hommes, et a eu huit mille blessés.

« L'empereur s'est porté en avant sur Saint-Pétersbourg, emmenant à sa suite le czar et l'ex-prince royal de Suède.

« L'armée ennemie a perdu le général en chef anglais. trois feld-maréchaux et vingt-deux officiers généraux.

« Nous avons à regretter, avec le maréchal Kellerman, le brave général Friant et plusieurs autres généraux.

« Les généraux Grouchy et Rapp ont été blessés.

« Soldats ! votre bravoure et votre conduite ont été admirables, je vous en remercie. « NAPOLÉON. »

Tel fut ce bulletin, expression fidèle et encore coafuse des miracles de cette journée; il y avait longtemps que l'histoire n'avait offert un pareil désastre, et cette catastrophe de deux souverains tombant au pouvoir du vainqueur.

L'empereur, sans daigner les voir, continua rapidement sa marche avec l’armée vers Saint-Pétersbourg : c'était là qu’il voulait traiter avec ses ennemis.

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