SAINT-PIERRE, MARENGO
( Saint- Pierre est garctté dans sa loge.)
MARENGO
Eh bien, mon vieux, vous v'ia enfoncé!.. . .
Que voulezr-vous, nos petits anges sont des scélérats !. . . ► des monstres!
MARENGO
Eh! non! ih sont gentils, ces petits chérubins!. ...t'nez, si j'ai un conseil à vous donner, c'est de faire comme eux, de prendre la cocarde !
SAINT -PIERRE
Comment!... à moi, Saint-Pierre, la cocarde nationale!... vous n'y pensez pas ! ... .
« MAREKGO.
^€*que j* VOUS en dis, camarade, c'est dans votre intérêt. . .
SÀINT-PIEEKE.
Vous croyez ?
MARENGO
Si VOUS voulez conserver vot' place
SAINT-PIERRE
Si je veux la conserver!.... certainement que je le veux!..» dcpuid 1800 ans que j'ai ma place, j'y tiens !
MARENGO
La porte est-elle bonne ici ?
SAINT- PIERRE
La porte n'est pas mauvaise.
MARENGO
Qu'est-ee que vous avez ici ?.. 400 f, le logement^ la bûche, le sou pour livre ?.. . .
SAINT-PIERRE
J'ai bien mieux que ça !
MARENGO
Raison de plus pour que vous teniez à votre place.
SAINT-PIERRE
Certainement que j'y tiens ;. . . mais. . . . d'abord où trouverai-je encore une cocarde tricolore!. . . .
MARENGO
Qu'à cela ne tienne ! j'en ai une dans ma poche. . . .
(// tire de sa poche une cocarde, et la donne d Saint- Pierre.) Tenez
mon vieux!.. .. bien d'autres en ont fait autant que vous, à
Paris, nos fonctionnaires n'ont pas fait tant les déijjoûtés. . . .
SAiKT-piERRE, la prenant.
Allons, puisqu'il faut capituler, capitulons (// met dsa
tête la cocarde.) Ah ! ça, à présent, vous allez me détacher.. . .
MARENGO
Rien de plus juste. (// le détache, Saint-Pierre vient en scène,)
SAINT PIERRE, ajaut la cocarde.
AIR : Il me faudra quitter l'empire.
Mon cher ami , vous voyez ma disgrâce : Celte cocarde est peu faite pour moi ; Mais puisque je tiens à ma place Il me faut bien , pour garder mon emploi , De la cocarde être orné malgré moi !
D'ailleurs un fait est là qui me rassure ,
C*estqu*à Paris on en aifçit ainsi ; Que bien' des pairs et des préfets aussi ^' Pour conserver pairie ou préfecture.
Ont fait là-bas ce que je fais ici.
f // prend un pot de couleiir et un pinceau dans sa. loge efface^ mot svissE de des s us , et y substitue le mot portier.)
SGÈN£ VIII.
Les MÊMES, SAINTE-CAMILLE, ZEPHIRINE; elles sont
CONDUITES PAR tJN ANGE.
Air : C^est charmant.
C'est charmant!
C'est charmant!
Tout m'enchante et m'émerveille;
C'est charmant! {his.) Je ne sais plus si je veille , Je suis tout yeux, toute oreille.
C'est merveille sur merveille, Oh c'est un enchantement!
ZÉPHIRINE
Oh! comme c'est vaporeux, le paradis !
SAINT- PIERRE
Ce sont nos deux sœurs de charité qui viennent nous dire quelle réception on leur a fdite.
ZËPHiRiNE^ faisant une pirouette.
Réception divine.
SaQBt doute on a bien reçu la sœur Sainte-Camille,, mais TOUS
ZEFHIRINE.
Moi, aussi, mon cher Saint-Pierre.
Air : Ils sont les mieux placés, ( de l'Artiste. ) Vous fîtes, pour m'admettre, Mainte difficulté ; Mais par Dieu je viens d'être Re-çue avec bonté,
SAINT-PIERRE
Ici, comme sur terre, Dans nos vœux, nos desseins, Mieiix vaut avoir affaire Au bon Dieu qu'à ses Saints.
{Ùn< entend' frapper à la porte.}