‹ Napoléon en paradis; vaudeville en un acte. Par MM. Simonnin, Benjamin et Théodore NChapitre 16 sur 20 · SAINT-PIERRE, MARENGO · texte numérisé non relu

SAINT-PIERRE, MARENGO

( Saint- Pierre est garctté dans sa loge.)

MARENGO

Eh bien, mon vieux, vous v'ia enfoncé!.. . .

Que voulezr-vous, nos petits anges sont des scélérats !. . . ► des monstres!

MARENGO

Eh! non! ih sont gentils, ces petits chérubins!. ...t'nez, si j'ai un conseil à vous donner, c'est de faire comme eux, de prendre la cocarde !

SAINT -PIERRE

Comment!... à moi, Saint-Pierre, la cocarde nationale!... vous n'y pensez pas ! ... .

« MAREKGO.

^€*que j* VOUS en dis, camarade, c'est dans votre intérêt. . .

SÀINT-PIEEKE.

Vous croyez ?

MARENGO

Si VOUS voulez conserver vot' place

SAINT-PIERRE

Si je veux la conserver!.... certainement que je le veux!..» dcpuid 1800 ans que j'ai ma place, j'y tiens !

MARENGO

La porte est-elle bonne ici ?

SAINT- PIERRE

La porte n'est pas mauvaise.

MARENGO

Qu'est-ee que vous avez ici ?.. 400 f, le logement^ la bûche, le sou pour livre ?.. . .

SAINT-PIERRE

J'ai bien mieux que ça !

MARENGO

Raison de plus pour que vous teniez à votre place.

SAINT-PIERRE

Certainement que j'y tiens ;. . . mais. . . . d'abord où trouverai-je encore une cocarde tricolore!. . . .

MARENGO

Qu'à cela ne tienne ! j'en ai une dans ma poche. . . .

(// tire de sa poche une cocarde, et la donne d Saint- Pierre.) Tenez

mon vieux!.. .. bien d'autres en ont fait autant que vous, à

Paris, nos fonctionnaires n'ont pas fait tant les déijjoûtés. . . .

SAiKT-piERRE, la prenant.

Allons, puisqu'il faut capituler, capitulons (// met dsa

tête la cocarde.) Ah ! ça, à présent, vous allez me détacher.. . .

MARENGO

Rien de plus juste. (// le détache, Saint-Pierre vient en scène,)

SAINT PIERRE, ajaut la cocarde.

AIR : Il me faudra quitter l'empire.

Mon cher ami , vous voyez ma disgrâce : Celte cocarde est peu faite pour moi ; Mais puisque je tiens à ma place Il me faut bien , pour garder mon emploi , De la cocarde être orné malgré moi !

D'ailleurs un fait est là qui me rassure ,

C*estqu*à Paris on en aifçit ainsi ; Que bien' des pairs et des préfets aussi ^' Pour conserver pairie ou préfecture.

Ont fait là-bas ce que je fais ici.

f // prend un pot de couleiir et un pinceau dans sa. loge efface^ mot svissE de des s us , et y substitue le mot portier.)

SGÈN£ VIII.

Les MÊMES, SAINTE-CAMILLE, ZEPHIRINE; elles sont

CONDUITES PAR tJN ANGE.

Air : C^est charmant.

C'est charmant!

C'est charmant!

Tout m'enchante et m'émerveille;

C'est charmant! {his.) Je ne sais plus si je veille , Je suis tout yeux, toute oreille.

C'est merveille sur merveille, Oh c'est un enchantement!

ZÉPHIRINE

Oh! comme c'est vaporeux, le paradis !

SAINT- PIERRE

Ce sont nos deux sœurs de charité qui viennent nous dire quelle réception on leur a fdite.

ZËPHiRiNE^ faisant une pirouette.

Réception divine.

SaQBt doute on a bien reçu la sœur Sainte-Camille,, mais TOUS

ZEFHIRINE.

Moi, aussi, mon cher Saint-Pierre.

Air : Ils sont les mieux placés, ( de l'Artiste. ) Vous fîtes, pour m'admettre, Mainte difficulté ; Mais par Dieu je viens d'être Re-çue avec bonté,

SAINT-PIERRE

Ici, comme sur terre, Dans nos vœux, nos desseins, Mieiix vaut avoir affaire Au bon Dieu qu'à ses Saints.

{Ùn< entend' frapper à la porte.}

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