‹ Napoléon en paradis; vaudeville en un acte. Par MM. Simonnin, Benjamin et Théodore NChapitre 18 sur 20 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les MÊMES, ARCOLLE, ERNEST, FRANÇOIS, accourant.

ARGOLLE.

Air : Alerte.

La porte ! [bis.) Voilà l'escorte

Du héros.

La porte [bis.)

[On ouvre, il s'approche de Marengo.) Pins de propos !

GABRIEL

A un troisième. . .

I! prétend qu'à l'Ambigu / Des soldats l'ont reconnu j

Tirant l'épé' du fourreau A la bataiir de Mont'reau.

MARENGO

C'est pas ça ; {bis) Sous c' te redingott' gris' là J*ài r'oonnu 1' fils d' Louison, Ce n'est pas Napoléon.

GABRIEL

Encore un autre; il y va de franc jeu, lui.. .Il dit touthaut^ à la porte St. Martin : je suis l'Empereur.

MARENGO

Voyons donc un peu c' farceur Qui dit : je suis l'Empereur.

Ya quelqu' chose.. . en vérité...

Ça fris' la réalité.

C'est mieux ça, [bis.) Son aspect m'a remué-là.

Y a du chiqu' et d' l'aplomb...

Mais c' n'est pas Napoléon.

SAINT-PIERRE

Passons encore à un autre ; mais il me semble que vous êtes bien difficile.

GABRIEL

Vous reconnaîtrez p't* être enfin Napoléon à Berlin.

Mon cher, comme on s'est mépris!

C'est Jocrisse en habit gris ,

( Ju faux Bonaparte.) Mon pauvre garçon :

C'est pas ça , {bis, ) Fallait pas prendr' ce rôl' là!

A la farc' retourn' donc , Tu n'es pas Napoléon.

GABRIEL , présentant le Napoléon-Comte.

En v'ia encore un p'tit en maillot.

MARENGO, tournant le dos.

Ah! quel conte!.,. Celui-là faut lui donner le fouet.

GABBIBL.

Le cavalier en avant, en voilà un à cheval. . . {Itfdll èop\ hop !)

Celui-là, pour mieux r*sembler, A l'esprit de n'pas parler , Mais c'qui r'ssembl' surtout pas mal , C'est la couleur de son cheval.

Cest pas ça, (bis,) .^

Il a beau prendr' du tabac, ' •

C n'est pas 1' nez du patron, C n'est pas là Napoléon.

GABRIEL

MARENGO

 un autre...

Encore !..

Toi qu*a l'air de je n' sais qui , J' t'ai vu chez madam' Saqui Mett' du blanc sous ton soulier, Pour danser sans balancier.

C'est pas ça, [bis. ) Mon, vieux mets bas c*t'habit-là.

N'abus' pas d'un grand nom :

Respect à Napoléon !

SAINT-PIERRE

Ainsi, vous ne reconnaissez aucun de ces messieurs?'

MAREKGO.

Non, non, aucun. Ces messieurs ont fait preuve de rèle et de patriotisme ; mais, pour la plupart, il devrait er être de certaine grands hommes comme des choses saintes , auxquelles par respect on ne devrait jamais toucher.

GABRIEL

II a raison, père Marengo; il ne s'agit pas seulement de mettre une redingotteetunpetit chapeau, c* de dire : je suis Napoléon, je suis Napoléon !

MARENGO

Quelquefois. . . c'est possible. . . Mais il faut représenter dignement un sujet aussi noble, aussi imposant...

CAB&iEL, gaiment.

Allons, voyons , vieux grognard., ne vous fôchez p«9; vous allez voir voire général; je sais bien où il «st, mais je voulais vous taire droguer un peu.

SAINT-PIEBttE.

Ah! dieu! droguer... Ce que c'est que de fréquenter la mauvaise compagnie!,..

MÀRBNGO, vivement.

Espiègle! vraiment!.. Ah! mais dites donc, que ce soit bien lui ! pas des farceurs comme ceux que vous venez de me montrer !..

GABRIEL

£h, non! je vous dis que vous allez le voir lui-même.

Tors, avec étonnement.

Il est ici?

GABRIEL

Certainement!.. On a été le chercher bien loin, il est bien près ; on le cherchait en bas, il est en haut. . . tenez, regardez, /e voilà!..

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