‹ Napoléon en paradis; vaudeville en un acte. Par MM. Simonnin, Benjamin et Théodore NChapitre 4 sur 20 · LES ANGES · texte numérisé non relu

LES ANGES

C'est vrai ! c'est vrai !

SAIST-PIERKE.

Hommes, femmes, enfans, chacun retrourera son individu, sans qu'il en manque la moindre chose.

Air : du dimanche d Passy,

Quand sonnera la trompette Pour le jugement dernier.

Chacun doit à celte fête Ressusciter tout entier.

Ceux qui par maints accidens Furent mutilés, vivans, Pour le jour du grand arrêt Seront tous au grand complet.

On verra, pour leur remonte.

Des membres en tas, si bien Que chacun aura son compte, \

Et retrouvera son bien. . . . D'ici , voyez-vous là-bas Le manchot chercher son bras; Et sortant de son cercueil Le borgne chercher son œil; Et cette vieille édentée , Pour plaire à ses prétendans, A peine ressuscitée.

^ Aller ramasser ses dents.

Voyez avec leurs bâtons Ces aveugles à tâtons.

Cherchant bien et tout joyeux De retrouver k urs deux yeux.

Et ce boiteux, dans la lice, Courant sur tous les chemins Après sa jambe ou sa cuisse Qu'il ramasse avec ses mains.

Bref, ceux qui voudraient alors Mettre de leur pauvre corps Quelques fragmens à l'écart.

Seraient toujours repris ; car

(6) Quand sonnera la trompette Pour !e jugement dernier, Chacun doit à cette fête Ressusciter tout entier.

( On entend frapper. )

Page 1