‹ Napoléon et l'EuropeChapitre 22 sur 235 · A Talleyraad. Corr. de Nap., XIII · texte numérisé non relu

A Talleyraad. Corr. de Nap., XIII

De Wurzbourg, le 5 octobre au soir, Napoléon partit pour Bamberg, où il fut le lendemain, en son quartier général. En huit jours, son plan de campagne se développa avec une merveilleuse précision. C'était un plan semblable à celui de Marengo ou d'Ulm, une large manœuvre sur les derrières de l'ennemi, sur ses lignes de communication. Napoléon l'avait dit à son frère Louis : « Mon intention es* de concentrer toutes mes forces sur l'extrémité de ma droite, en laissant tout l'espace entre le Rhin et Bamberg entièrement dégarni, de manière à avoir près de 200.000 hommes réunis sur un même champ de bataille ' . « En fonçant vigoureusement le long de la Saale, il allait se jeter entre l'armée prussienne et Berlin et prendre Berlin, comme en 180 5 il avait tourné l'armée de Mack et enlevé Vienne.

Le 6 octobre, il annonçait l'ouverture des hostilités par une proclamation à ses soldats : « La même faction, le même esprit de vertige qui, à la faveur de nos dissensions intestines, conduisit, il y a quatorze ans, les Prussiens au miUeu des plaines de la Champagne, domine dans leurs conseils. Si ce n'est plus Paris qu'ils veulent brûler et renverser jusque dans ses fondements, c'est aujourd'hui leur drapeau qu'ils se vantent de planter dans les capitales de nos alliés... Qu'ils sachent donc qu'il serait mille fois plus facile de détruire la grande capitale que de flétrir l'honneur des enfants du grand peuple et de ses alliés ! Leurs projets furent confondus alors ; ils trouvèrent dans les plaines de la Champagne la défaite, la mort et la honte... Que l'armée prussienne éprouve le même sort qu'elle éprouva il y a quatorze ans ! Qu'ils apprennent que l'inimitié du grand peuple, qu'on ne peut provoquer que par l'abandon de tout esprit de sagesse et de raison, est plus terrible que les tempêtes de l'Océan^ ! »

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