‹ Napoléon et l'Europe; TilsitChapitre 32 sur 185 · POSEN (DEC · texte numérisé non relu

POSEN (DEC

Le 25 novembre, Napoléon était à Custrin; le 28, àPosen, en plein Orient.

A Posen, le 2 décembre, il signa le décret sur le monument de la Grande-Armée ou le Temple de la Gloire : « Il sera établi sur l'emplacement de la Madeleine de notre bonne ville de Paris, aux frais du trésor de notre couronne, un monument dédié à la Grande Armée, portant sur le frontispice : l'Empereur Napoléon aux soldats de la Grande- Armée. — Dans l'intérieur du monument seront inscrits, sur des tables de marbre, les noms de tous les hommes, par corps d'armée et par régiments, qui ont assisté aux batailles d'Ulm, d'Austerlitz et d'Iéna; et, sur des tables d'or massif, les noms de tous ceux qui sont morts sur les champs de bataille. Sur des tables d'argent sera gravée la récapitulation, par départements, des soldats que chaque département a fournis à la Grande- Armée. — Autour de la salle seront sculptés des bas-reliefs où seront représentés les colonels de chacun des régiments de la Grande-Armée avec leurs noms. Les statues en marbre des maréchaux qui ont commandé des corps ou qui ont fait partie de la Grande Armée seront placées dans lintérieur de la salle. . . » .

Récapitulation de gloire avant d'autres gloires.

A Berlin, Napoléon avait reçu le comte de Bose, ministre de Saxe, et l'avait abouché avec Duroc, pour négocier sur la nouvelle condition qu'il convenait de donner à l'électorat. Il ne s'agissait d'ailleurs encore que de la Saxe électorale, l'Empereur ayant encore à réfléchir sur la destinée des autres Etats Saxons. « Monsieur le prince de Bénévent, écrivait-il le 10 décembre, je vous envoie le traité avec la

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Saxe et les pleins pouvoirs pour le maréchal Duroc. Vous lui donnerez les instructions nécessaires. J'ai jugé convenable de ne point parler des autres Maisons de Saxe ou autres Maisons princières ; mes idées ne sont pas encore claires sur tout cela. Je verrai, à la conclusion des affaires, l'espèce de contentement que j'aurai de la cour de Saxe, et je me réglerai en conséquence ' . »

Par le traité de Posen, du 1 1 décembre, l'Electeur Frédéric-Auguste Ier était élevé au titre de roi de Saxe et admis, comme récemment le grand-duc de Wurzbourg, au Collège des Rois de la Confédération du Rhin. Il devait fournir à la Confédération un contingent annuel de 20.000 hommes, réduit pour le moment, à cause des circonstances, à 6.000 hommes, le complément étant remplacé par une contribution de 2 5 millions.

Par l'Elbe moyenne et Dresde, la route était ainsi ouverte sur l'Est.

Le i5 décembre, les cinq ducs Ernestins entraient au collège des princes de la Confédération. Le 18 avril 1807, ce devait être le tour des trois ducs d'Anhalt, des deux ducs de Schwarzbourg, du prince de Waldeck, des deux princes de Lippe, des deux princes de Reuss. On retrouve tous ces noms dans la constitution territoriale de l'Allemagne contemporaine.

Il n'y eut pas alors d'autre changement dans la Confédération du Rhin, qui du moins d'après cela paraît avoir des frontières très extensibles capables de toucher l'Oder, ou la Vistule. Aussi bien dans toute l'Allemagne s'attendit-on à une refonte totale du Corps Germanique.

En s'enfonçant toujours plus avant vers l'Est, Napoléon, avec la prudence et la méthode qui étaient des éléments de son génie, assurait ses communications.

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