Brockhausen à Frédéric-Guillaume III
TœpUtz, 4 août 180"? lettre interceptée, extrait).
Pendant le travail pour régler la Constitution future du Duché de Varsovie les difticuUés s'étaient accumulées sous chaque pas; les députés polonais voyaient distinctement que différents points de 'acte constitutionnel rendraient le pays infiniment plus malheureux qu'il n'était précédemment et que le Roi de Saxe avait la plus grande répugnance de se charger du gouvernement d'un pays qui allait détruire son repos et la pratique de ses plus douces habitudes; ils trouvaient surtout que l'immense don de 30 millions de livres tout mis en fonds de terres aux Généraux français et polonais coupait la dernière ressource au pays qui, au lieu d'un État indépendant, ne présentait plus qu'un misérable squelette. Toutes ces circonstances et la crainte surtout de voir les paysans Polonais abuser de leur affranchissement ont fait naître l'idée, parmi cette députation de supplier l'Empereur Napoléon de rendre à Votre Majesté le Duché de Varsovie sous les mêmes conditions que le Roi de Saxe allait signer, puisque dans ce cas les Polonais prollteraient encore de tant d'excellentes institutions civiles et militaires auxquelles ils avaient applaudis(!), même pendant leur soumission sous le sceptre prussien.
Le secrétaire d'État Maret ayant été choisi de sonder les intentions de l'Empereur sur cette idée, il la proposa dans un moment où ce souverain se trouvait accablé de nouvelles représentations des députés Polonais; il y ajouta l'offre qu'un des députés, le comte de Dzalinsky, venait de faire de parcourir dans le plus court délai possible tous les départements pour recueillir les vœux des habitants. L'Empereur a hésité quelquetempset puisil a dit : «C'est trop tiird, il y a beaucoup de fait déjà. »
(Atr. Étr. Prusse, Gorresp. 240, f. 144