II PRÉFACE
M. Riither se base presque uniquement sur la correspondance de Napoléon, de Davout et de Talleyrand, et cite à peine une trentaine de livres pour la période de 1800 à 1812. Aussi son livre est-il rempli d'erreurs. Le rôle de Kosciuszko n'est pas suffisamment mis en relief et l'œuvre de Wybicki est mal interprétée. L'auteur ne se rend pas compte de l'importance qu'avait à cette époque l'organisation de Topinion publique à Paris. Les relations avec l'Autriche, le plan d'une insurrection en Volhynie, les motifs qui ont décidé Napoléon à conclure la paix après Friedland, la genèse du statut constitutionnel du Duché, sa proclamation et son caractère ont été superficiellement décrits. Leur étude est pleine d'assertions arbitraires et de lacunes.
Récemment, plusieurs auteurs se sont occupés de la période de 1806-1807, et ont contribué à éclairer cette époque. C'est d'abord M. Loret qui l'envisage au point de vue de la politique autrichienne, en s'appuyant principalement sur les sources puisées aux archives de Vienne et de Dresde. M. Konic vient ensuite avec son ouvrage sur l'organisation du Gouvernement provisoire à Varsovie, d'après les archives de Varsovie. C'est enfin M. Schottmuller, qui publie les rapports des agents prussiens 011 l'on trouve la description de l'insurrection en Pologne en 1806-7. La préface de ce volume est plutôt une œuvre de propagande nationaliste antipolonaise qu'une étude véritablement scientifique. L'auteur y est d'ailleurs plus d'une fois en contradiction flagrante avec les sources sur lesquelles il s'appuie, ou même qu'il publie. Mais son ouvrage est écrit d'après les documents inconnus puisés aux archives de Berlin et de Posen. Toutes ces études renferment beaucoup de matériaux
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nouveaux qui nous ont permis d'aborder l'étude de notre problème avec plus de documents que notre unique prédécesseur. Nous nous sommes appliqué d'autre part à compléter les études citées plus haut en puisant principalement dans les archives françaises. Nous avons essayé d'esquisser non seulement les rapports de Napoléon avec la Pologne, mais aussi ceux de la Pologne avec l'Empereur. Sans chercher à nous attarder aux détails de l'organisation administrative et militaire, nous nous sommes etTorcés de tracer un tableau politique de la Pologne qui doit servir de fond à l'action (le Napoléon, figurer l'objet de ses rapports et de sa politique et faire ressortir les causes et le cours d'une révolution nationale. Le récit commence avec la Révolution et prend fin avec celle-ci, c'est-à-dire avec l'organisation définitive d'un nouvel Etat, issue de l'action combinée de l'Empereur et de cette révolution.
Dans ce sens, c'est le premier essai, bien imparfait sans doute, d'une définition scientifique des rapports de Napoléon et de la Pologne.
Les sources inédites dont notre étude est le résultat, sont des recherches faites avant tout aux Archives nationales à Paris. Les cartons A. F. IV, 1687 et A. F. IV, 1692 formentlefonddesmatériauxnouveaux. En outre, nousavons fait des recherches dans tous les autres cartons de la secrétairerie d'Etat, concernant l'Autriche, la Prusse et la 1 iussie (pour la même époque) , ainsi que dans certains cartons qui renferment les rapports de la police à l'Empereur.
Aux Archives du Ministère des Affaires étrangères (Aff. Etr.) ce sont les volumes Pologne Mémoires 16, Cor-