‹ Napoléon et la Pologne, 1806-1807Chapitre 57 sur 182 · Mazade, Czartoryski, 11, 148-158, n · texte numérisé non relu

Mazade, Czartoryski, 11, 148-158, n

3. II consacre à ce sujet un mémoire spécial pour le cas où l'empereur va " relever ou non la couronne de Pologne », dans lequel il demande que l'on fasse une proclamation pour l'opposer à celles de Napoléon, que l'on observe une stricte discipline, que l'on traite bien tous les Polonais, que l'on prépare des écrits, brochures et lettres circulaires qui traduiront" les intentions paternelles » de l'Empereur, que l'on proclame la levée en masse. Mazade, Czartoryski, II, 179-182, n" 21.

4. Mazade. Czartoryski, 11, 63, n° 10, d'après la correction de date, faite par Lenz.

60 NAPOLÉCKN ET LA POLOtiNE.

rétablir la Pologne à sa guise, ce qu'il ne pourrait faire que par des flots de sang et sur la ruine d'un pays dévasté, ce royaume » deviendrait '< plutôt la proie d une de ses créatures » qu'il y établirait « à la tête d'une armée de sangsues français ». Cependant l'éloignement de la France rendrait l'existence de cet État infiniment précaire, mille circonstances en accéléreraient bientôt la chute et ce malheureux pays sera derechef livré à l'envahissement de ses puissants voisins ». La Pologne ne pouvant exister que sous la dépendance de la France ou de la Russie, il faut choisir l'union avec cette dernière, avec laquelle la Pologne va constituer un gfrand empire slave. Un projet de la déclaration que devait faire l'Empereur après avoir pris le tilre de roi de Pologne, était déjà tout préparé *. Ces plans de Czartoryski n'étaient pas des chimères mais des projets basés sur un fond réel, «On m'assure», écrivait Murât à Napoléon le o décembre « que s'il est vrai que l'empereur de Russie se soit déclaré roi de Pologne, il en résultera nécessairement une grande convulsion et qu'on verra deux partis en Pologne s'entre-détruire parce que, quoique la France ait naturellement plus de partisans que'la Russie, il est incontestable que cette dernière en imposerait davantage par sa proximité et que la France en perdra beaucoup par l'idée que l'on a généralement qu'il va s'établir un intervalle immense depuis le Rhinjusqu'à la Warta, tandis que la Russie reste toujours en point de contact. Cette nouvelle, vraie ou fausse, fait déjà sentir quelque refroidissement'^»

Les seigneurs de Varsovie hésitaient. Ils envoyaient des députalions à Napoléon, ils commençaient à prendre part à la nouvelle organisation et en même temps ils calmaient l'enthousiasme du peuple, ils prêtaient une oreille attentive à

1. Mss. de Czartoryski, n° 5231; Aslcenazy Wczasy, I, 83, 439 et suiv.

Page 1