‹ Napoléon I et Napoléon III.: Parallele historiqueChapitre 1 sur 1 · CÉRAT ET BOURGUIGNON, IMPRIMEURS, 78 RUE NOTRE-DAM · texte numérisé non relu

CÉRAT ET BOURGUIGNON, IMPRIMEURS, 78 RUE NOTRE-DAM

L'homme de guerre, voilà sans doute ce qui a dominé ea Napoléon Bonaparte. Comme tel, sa renommée à retenti par le monde, — retenti d'autant plus, qu'il ne fut, oomme Charles XII, qu'un météore militaire. En effet, une carrière dont le résultat a été l'amoindrissement de la France par la perte de ses eolonies et d'une partie considérable de la frontière qu'elle possédait même sous l'ancienne monarchie, ne reste pas comparable, par exemple, à celle du Grand Frédéric, qui a renouvelle tout l'art de la guerre, et qui, aux prises avec la France, l'Autriche et la Russie réunies, a résisté non-seulement à cette ligue apparamment irrésistible ; mais a aussi élevé l'électoral de Brandebourg au rang des grandes puissances de l'£ufope. Voilà ce que dit la simple raison, et cependant je ne manquerai pas de passer pour un téméraire aristarque. On va s'exclamer contre moi, je le pressens. Aussi m'empressé-je de me mettre en quête des hautes autorités qui mettent tout le monde à même d^apprécier Napoléon à sa juste valeur, même comme capitaine. Pour réussir au bout du compte, il ne suffit pas d'avoir certaiues qualités guerrières : il faut les réunir toutes ou presque toutes. *^ Napoléon, dit M. Capefigue, est impétueux «t sublime dans l'attaque, mais désordonné et irréfléchi ^ans la retraite. Ses plans sont subitement conçus comme une illumination soudaine. Les chances diverses les

modifient avec l'instinct de l'aigle. (*) Mais au moindre

[*] QuAlqae ingénieux qa'U fût eependant, lord WellingtoOf dans sa marche de la frontière du Portugal au torrent de Bajas, et Kutusof, dans la retraite de Russie, lui apprirent qu'une marche de flanc est pl^s prodncti Te qu'une poursai te sur les talons. Votre vieux renard Katasof m'a trompé par sa marche sur mes flancs, disalt^il au général Protoratskj. Les alliés lui apprirent aussi à Waterloo, qu9 la «uit n'est pas nécessairement le terme des combats*

revers, Napoléon est abattu 5 sa retraite est presque toujours une fuite : il attaque brillamment, mais il ne sait point résister." Or un tel capitaine ne devait-il pas finir par succomber ?. . . Ecoutons maintenant le baron Rogniat :— " Ce général, extraordinaire, admirable pour combattre et vaincre ses ennemis sur un champ de bataille, — admirable pour les surprendre dans leur marche, attaquer et dissiper leurs colonnes, ne savait pas faire une guerre méthodique, la seule cependant qui puisse asseoir des conquêtes stables en Europe. La tète remplie des hauts faits d'Ale3fandre,.il courait le monde, comme •le héros grée à la tète d'une armée victorieuse, sans appr écier la différence des circonstances, qui nç permettaient pas 'CLX mêmes moyens d^opérer les mêmes résultats. La funeste campagne de. Russie est, une invasion dans le genre asiatique, où l'on n'aperçoit pas les plus légères tracer dçs précautions que nous prescrit, la prudence dans nos guerres européennes."

*f Napoléon a péri ; — il a pérjt, dit le général Foy, pour avoir tenté avec les hommes du.XIXe. siècle l'œuvre des Attila et .des Genghis Khan j — ppur avoir, cédé à «ne imagination toute contraire à l'esprit contemporain j^—pour .n'avoir point voulu s'arrêter le. jour où il. eut la caescien- . ce de son impuissance à réussir. La nature a marqué un ' terme au delà, duquel . les entreprises folles ne peuvent .pas être conduites avec sagessiQ, ,. Ce tj^irm^, l'enxperenr l'atteignit en Espagne, et le dépa^si» en.Riissie. S}i\ ^ût ..échappé alors à:sa ruine, son liipiiâecsibleroutrecui^Ànce lui .eût fait trouver ailleurs. Baylen et Moscou-'? ■ -' .-. •.: . Un passage du manifeste .de,!' Au trjçlsLe à l'entrée de la cani pagne de Sa^ce, corrobore .la .pensée du général Foy : — " La campagne de|.'4815 fournit un exerr^ple mémorable de l'irréussite d'une entreprise soutenue^ par une puissance colossale, et .conduite par un capitaine du. premier ordre, quand, se confiant dans de grands talents utilitaires, il négliga les règles àe la prudence», et dépasse les bornes de la nature."

" Les revers de l'armée françai'se à Waterloo, dit le chevalier Azaïs, furent imilaenses, épouvantables. Mais généralement, les revers de Napoléon ne pouvaient être que ressemblans à ses succès. Pour obtenir ceilx-ei, il avait institué un système de haute et foudroyante imprudence. Point de magasins, rien de préparé pour des ca-

de retraite \ ses solclats qe devaient pas même s'imagin^er qu'un mouvement de retraite fût chose possible. Par dé tels prpqédés, si on ne saisit pas le but, on s'écrase, on s'anéanliti^'

. Oui, Napoléon n'a pas été moins imprudent là où il a réussi, que dans ses revers. Nous avons ici le double té-, moignage de l'archiduc Charles et du baron Rogniat»! ** Buqnaparte, dit le premier, risquant tout pour tout ga-r gner, préférant les choses extraordinaires aux évènemen^t naturels, les actions d'éclat aune conduite sûre, et le» opérations! hasardées à celles que dicte la prudence, tomba suir les communications de son adve* xxue en exposant le.s sfîejtmes, propres. Mêlas rassembla ce qu'il put de se» tjr(?.iïpes éparses et les deux armées se rencontrèrent dans les. champs de Marengo. Un combat sanglant s'engagea, et; penchait e,n faveur des Autrichiens ; j.;iis manquant d'ensemble, Jeurs troupes s'éparpillèrent, jes ailes, n'ap-. puvèrent pas le centre^ et une réserve française se trquvait encore intacte à Torre di Garofolo. Avec elle le brave pesàix sejeta sur les ennemis dispersés, et périten téros dans les bras de la victoire. Mêlas, surpris par la défaite des siens, céda par convention toute Tltalie ju^^ que au Mincio au trop heureux Buonapartc, qui décida le sort de la guerre, et qui, par une marche avanturée éleva t?L gloire des armes françaises au dessus des actions les plus brillantes de ses adversaires dans la campagne de 1799* "

" Le public, dit à son tour le général Rogniat, — qui se rp,nge toujours du côté de la fortuue, a blâmé sévèrement les campagnes de Russie et de Saxe, tandis que les trompettes de la renommée retentissaient encore des louanges de la brillante campagne d'Austerlitz. Mais les connaisr s^urs, qui jugent plutôt d'après les principes de l'art que d'après les évènemens, aperçoivent dans cette fameuse campagne les mêmes fautes qui nous perdirent ici. On voit Napoléon y faire la guerre sans bâse^d'opération avec plus d'éclat que de solidité ; et cependant, quelle différence de résultat ,• tant il est vrai que la fortune est bien puissante dans les affaires du monde.** Les campagnes non moins glorieuses d'Iéna et de Wagram paraissent aussi fautives à cet aristarque^ et Napoléon lui-même lui a donné raison, comme on va le voir, quand on aura lu unie page où f py prétend le justifier, après l'avoir con-

damné. " Quelques généraux ont donné une bataillé aussi bien que lui. On en citerait plusieurs qui Pont mieux reçue. Il lésa surpassés tous dans la manière de diriger une campagne offensive. Les guerres d'Espagae et de Russie ne prouvent rien contre son génie. Ce n'est pas avec les regles.de Montecuculli et de Turenne manœuvrant sur la Renchen qu'il fatit juger de telles entreprises. Les utis guerroyaient pour avoir tel ou tel quftlrtier d'hiver ; l'autre, pouï conquérir le tnonde. Il lui fal* tait souvent nàn pas seulement gagner une bataille, mails la gagner de tella façon qu'elle épouvantât l'Europe et amenât des résultats gigantesques. Ainsi les vUes poli* tiques intervenaient sans cesse dans le génie stratégique, et pour l'apprécier tout entier, il ne faut pas se renferme^ dans les limites de l'art de la gueïre." — C'est fort bien } mais le général Foy ajouteaussitôt,— ce qui paraît inôon?» Sistant : — " cet art ne se compose pas seulement de détails techniques, — il a aussi sa philosophie. Quand Na* J)oléon commandait de petites armées en Italie, sur PAdige, tout fut observation des règles, tout fut beau, tout fut grand ; successivement, il a fuit de grandes choses, mais souvent, l'emploi du moral a prédominé sur lu positif. La sphère s'agrandit, tout fut chanceux, tout fut caïtulé pour de grands résultats. Quelque habile qu'on soit, il y a presque toujours, dans ce jeu terrible, des risques proi/ortionnés à lu grandeur des profits." Eh ! Voilà précisément pourquoi, à la fin de la lutte, Napoléon et Wellington s'accordaient à se défier du système de guerre sur une échelle sans proportions qui avait élé suivi depuis dix ans ! Au maréchal Gouvion Saint Cyr, qui disait aussi à Napoléon que sa ôampagne d'Italie était son chef d'œuvre, Na|>oléon acquiesçait à Dresde, et, bien loin de dédaijs^ner comme le général Foy, la stratégie de Montecuculli et de Turenne, il déclarait ce dernier le plus parfait général. Cette idée lui revenait à. Ste. Hélène. " De tous les généraux qui l'ont précédé, et peut être de tous ceux qiïi l'ont suivi, Turenne est le plus grand." Il ne fcsait point le même cas de Condé, dont le génie avail pourtant beaucoup plus d'analogie avec le sien.

Comme le tacticien Lloyd le remarque du Grand Frédéric, Napoléon était inappliqué et sans expérience dans la guerre obsidionale, branche pour laquelle il n'avait pas

«B effet assez de patience : ce n'est j^ lui qui serait res^ M -un an à assiéger Sebastopol.

(^oiqu'il en soit. Napoléon a toujours été un guerrier dans toute la force de l'expression.. Il fesait la guerre ^arec volupté ; il l'aimait comme on aime une amante an printems de la vie. C'était encore moins le but que • la route à parcourir pour y arriver, qui souriait à son imi^* ^ination $ car l'agitation était son élén^ent : il se délectait au sein des tem))étes. Pour justifier aux autres, et peut-être à lui-même le dérèglement de ses projets, il, montrait la révolution française incompatible avec les préjugés prétendus sur lesquels roule le monde depuis la chute de l'empire romain* Tel est aussi Napoléon 111$ mais sa capacité stratégique a été restreinte par une méfiance bien raisonnée de celle de son devancier. Il n'y a que cela qui a mis en quelque sorte un frein aux mêmes passions. Pour lui) ce n'est pas tout ou rien, -comme pom Na^léon 1er: on ne court pas sans reprendre haleine après le merveilleux, quand on fait invariablement mmns qu'on n'avait parié. Il devait enlever à la Russie la: Crimée. L'a-t-il fait 1 — Lui, qui promettait à ses soldats de ne pas remettre l'épée dans le fourrea^i que l'é-^ tendard de l'Autriche n'eût reculé jusque à TAdriatique, ne l'a-t-il pas laissée, au point de vue purement militaire, dans une plus menaçante attitude' derrière son quadrila^ tère, que quand elle avait à surveiller sous le canon des forteresses piémontaises la plaine de la Lombardie ?

Toutefois la campagne de Solferino nous montre tout d'abord Napoléon III, général sans expérience assurément, doité aussi, comme son oncle, d'une haute capacité stratégique* Or la stratégie, dans un capitaine, ce n'est pas tout, mois c'est le principal ; c'est cette qualité qui n?apparaît chez ceux qui comniandent, qu'à des siècles de distance. Napoléon reconnaît de la stratégie à Anniba). Pyrrhus ne connaissait que la tactique. Le généml Jomini, dans la préface des esquisses militaires de l'archiduc Charles, aperçoit à peine un véritable exemple de stratégie en Gustave- Adolphe, puis, jusque à Frédéric le Grand, il cite, comme faits isolés, la marche de Marlborough de la Meuse au Danube, et celle d'Eugène sur Turin. C'est donc beaucoup si un général e^itend la str^^r r tégie ; mais il &ut d'autres qualités, car delui qui comr mande est un homme multiple. Il faut au besoin qu'il

organise, et dans tous les ç^s, la conduite d'une armée est une toahutehtiôû' cdnipiiqiiéé. ■« '^ ' ' '« <

Comme organisateur, Napoléon n'a été'infèrielir àper-* sonné, que Frédéric le Grand-,' sur les brisées dii6uôl'ii'a nécessairement iharché. '" La gi\érré[con^dè!^é'e'e&inmé' science techdiqué?, dit Foy, fit'faît des «progrès 'CjtMîtîniJfels mÈiisr lents depuis f emploi de la |ioudt«e'jltsque ail ïenoii-''^ vellëttient dtr pas égal et au perfectionnement du ^y'stônie*' de f(Ài dans les armées prit?siènnés/ Elle' ifefetèrl pr^bfti--* blement'statîonnaire, tant qu'une découverte capitale' ne '■ produira pos ixtie révolution danà \èî arts.' En efifet, vin^quatre années de batailles livrées att mondé entferiparlaf plus ingéhieuse des ilationfe, li'ont suggéré ailcuri change- ■ miefat à' l'arme- princJi pale des modernes, le fusil garni* de * labaïonnet!e ; et la- tactiqiie ' n'a gûères étè;poussée au» delà de^ combiniaisoùs que le Grand 'Frédéric avait' ima^^ ^» gin'èes/' ■ .;■• '".^ '*" '" '^' ■« ' r •

Il ne faut point oonfofftdre "labsolàmént' l'orgaiwsatJoa^i des troupes avec leur adniiniëtrati'on, et èncôrfeniiotos'àvett'^: leur disciplftiè.' • ' ' ; '•''"• *; ' -* -■'' ' ^ ' ^ ' -' r- •'!;■•••

Foy est touj'ô^r^'ma souciée 'pouj:' illustrer ces diÔferente»' branches de la guerre- " L'œuvVe 4«é lesRx)mainsîVrai'e!lt»;* achevée en cinq cents ans,' Naîioléon essaj[a, dît-il, dô l'accomplira lui seul' et avec ûrie seule génération» «il' vodlut ravir en courant la conquête du monde ;• son secret était d'arriver vite, encore plim que de frapper fort; Profond dans l'art d'émouvoir l'imagination, le jour où on ne le croirait plus sur parole, son astre devtiit pâlir dans sa course. Cette terreur de son nom, qui paralisa longtems le courage des ennemis, il la commandait' pc^r des* marchés glorieusertient rapides. J>es loirs, plus de magasins échelonnés sur des lignes d'opérations imprévues, ptus de convois de vivres organisés dans des direction» . continuellement variables, et le moins possible de oe« bagages si bien appelés par les- anciens impedimenta*^ Ainsi que la neige pré(*i]pitée du sommet des Alpes dans les vallons, nos armées innombrables détruisaient «en ' quelques heures par leur passage, les ressources de tonte une contrée. Elles bivouaquaient Mbituellementy et ichaque gîte, nos soldats démolissaient des mdisons bàtiès depuis un demi-siècle, pour construire, a.vec les décombres • ces longs villages alignés q[ui, souvent; ne devaient durer qu'un jour; Au défaut du bois des forêts, les arbres frai» •

tiers, les végétîuix précieux, comme le mûrier, l'olivief^ Poi^anger, servaient à les réchauffer. Celui-là serait mort ddi'ftiimv'qiii aurait attendu, pour marîger, que l'administration d^l'aifôiée' lui fît distribuer les ration de pain et de 'Viande. ' Lès jeunes conscrits, transportés pnr un pouvéiir ïliagîqtie', dli foyer paternel aux extrémités de l'Eu* rc^i^'-mêiéiâ tout à coup avec les hommes de toutes lear cottfréeà, et irrités à la fois par lo besoin et par le danger, cetflràctai^nV tnie ivresse morale dont nous ne cherchions pas aies guérir, car elle les empêchait de succombera des fatigues 4aouies. Nous les avons vus, dans l'âge où le corps n'a pas encore acquis son entier développe mept, . dé**tJi^és'parle soleil en été, ayant la neige pour lit en hivârjfiiifeanit des= marches sans souiliers à travers les miarais dè% Poltjghé ou au milieu des pointes de rochers de» Alf^S ou Ues Pyrénnées, réduits à arracher au laboureitr la'frtigaie rtotir'riture dé ses enfants. Plus d'une fois il a farR^vnoits, leurs généraux et leuhs pères, fermer les yeux fitfir'leS sbuffrartces des habitans pour conserver la vie de ces'jéuHes Français, qui devaient la sacrifier avec plu» d^Uiiité jKïurlà patrie. Ce désordre étant reconnu iné-» vitaMe, il il 'a pas toujours été facile d'en fixer k durée et laC^trA^ite: Il s'est attaché à k guerre d'envahissemeflt comme une' plaie dévorante. Ce fléau est devenu terrible encore lorsque des passions exaltées ont mis les armes atiX mains de ceux que la condition de leur vie n'appelait pas à les porter. Malheur alors, trois fois malheur au «ol qlie foulait le char de la victoire ! La guerre d'armée à peuple participe do la nature des guerres civiles; et l'on y commet de part et d'autre des crimes qui û'ins^pi-^ reiit,;rii 4égôut ni horpetir. Nos soklats, totijour-s généreux dans leurs relations avec les guerriers, furent ame-. nés à êl^e inexorables envers le patriote armé pour dé-, feiidré les fruits de son jardin ou l'honneur de sa fille. Les relatimis militaires ne piésentèreat plus qu'une sans, glante série de villages saccagés et de villes emportées d'assaut ; et s'il arrivait que les ministres d'un Dieu de paix se trarisfor massent en chefs d'insurrection et de guerre, on ne s'étoiinait plus de voir le soldat violer les couvens, les églises et jusque à Pasile des tombeanx." 'Œj'armée française saccagea la bibliothèque da prince HçiTdèmberg. Evi Portugal elle brûla Alcobaça un des plus béaiuc mx>num.eas gothiques et déterra les rois. Elle n&

s^est pas mienx conduite après l'ffction de Malegnano, et n'avait pas mieux fait dans l'expédition de la nierd'A2of.(*) I.es Turcos sont une des hontes de la soldatesque française» Mais comment la grande armée aurait-elle été disciplinée, quand Napoléon ne Tétait pas lui-même. '< Napoléon, dit encore Foy, fut pour les Prussiens sans générosité et sans pitié. Il avait débuté dans son entreprise par insulter dé* loyalement une reine belle, héroïque et malheurease* Des contributions et des vexations, imaginées parle génie de la fiscalité, achevèrent dans le pays couqUfis ce que la pillage du soldat avait épargné."

Ici pous aiderons le général Foy. En ent-ranl à Berlin^ il promit de rendre la noblesse prussienne si pauvre qu'elle €ÙLi réduite à, mendier son pain, et envoya pour ainsi dire aux galères les officiers de la garde chargés de fers aux* quels était attaché un boulec. Il donna ordre de fusiller le prince de HalzfeM, pour avoir été fidèle à son prince» Le divc de Brunswick, son adversaire de bataille, blessé à mort, lui écrivit pour lui recommander ses états: il répondit par une tirade contre ce qu'il appelait la démence du vieillard, saisit ses états, proscrivit sa maison et l'obli* •gea d'aller mourir en exil à Altona. Il réduisit la Prusse an désespoir, à une époque où on ne pouvait guères prévoir que les Prussiens pourchasseraient à. leur tour les Français â Plaucenoit, à Génappe et à Is^y, — qu'un détachement de Landwehr prussienne fermerait la chambre des 'dé pu tés, et qu'un vaincu aTena, — MufFling, deviendrait gouverneur de Paris.

En Espagne, Napoléon prévit et autorisa Paffreux massacre de Tarragone, coupable d'avoir soutenu cinq w sauts, et il s'exchma un joiir avec une joie féroce : lé peuple Espagnol n'existe plux l En Allemagne il trempa ses mains dans le sang d'Andréas Hofer, le héros du Tyrol, 35 citoyens furent fusillés à Vienne et 17 à Berlin. Il faut avouer que ses lieutenans la secondèrent à. merveille* Sache t,— on aura peine à le croire — força Garcia Conde de lui rendre la citadelle de Lerida, en y pourchassant i

(*) Le correspondait du Times lat cet amer reproche prravé par Qa ofïïc'er russe sur un objet brisé du Musée de îa viUlt de Yenikale :-*.

'* Dans ce temple ju passé, j'ai ru les traces d'une invasion fîe Vandales. Français ou Anglais, .faites la gaeire à rhuroanité^ maia ne Ifl '^iies point à l'histoire J"

coups de canon les femmes et les enfans. Masse iia re* eueillit pour ses soldats les femtnes depuis l'âge de douzô ans jusque à quarante cinq,et on les laissa ensuite mourir de faim. Soult et Bessières prononcèrent la mort contre tout paysan qui sortirait armé de son village, et ne furent arrètéç que par le parti pris de la Junte Suprême d'ordonner trois exécutions pour une qui serait faite parles Français- Suchet, Clarfcè, Davoust, Rapp, Morand et bien d'autres furent autant de Vefres dans les pays conquis. En un mot, Bonaparte était le champion du vandalisme^ com* me le czar Alexandre et lord Wellington le furent de la civilisation. '' Nous sommes trop sensibles â. la gloire, disait Chateaubriand en 1814, pour ne nous pas senti? touchés, quand nous voyons ce véritable grand homme jltomettre, lors de notre retraite du Portugal, deux gui* liées pour chaque prisonnier français qu'on lui amènera Vivant. Par la seule force de son caractère, plus encore que parla vigueur de la discipline militaire, il amiraciiieusèment suspendu en envahissant nos provinces le rcssen* liment des Portugais et la vengeance des Espa-guols." ** Les hôpitaux ! continne Foy, notre guide, c'est ici

Îite l'humanité en pleurs accuse les forfaits de l'ambition. 1 n'était plus permis aux cœurs généreux de palpiter au récit de la victoire : nos lauriers étaient noyés dans une merde sang. Les conscrits vivaient trop vile pour durer longtems. L'extrême mobilité des armées et Pincerlitudo des lignes d'opération ne permettaient* pas toujours de constituer des hôpitaux réguliers, et compromettaient sans cesse les évacuations. Les blessés furent souvent abandonnés faute de moyens de transport. Vainqueurs ou vaincus, nous avons perdu quatre fois plus de monde par le désordre inséparable de notre système de guerre, ^ue par le fer ou le feu de l'ennemi."

" Napoléon put augmenter à sa fantaisie des armées destinées à vivre aux dépens de l'étranger. La disposition législative qui fixait à, quatre années le service des ^conscrits, fut comme non avenue : on entra dans le service militaire pour n'en plus sortir vivant. Le vote des levées, annuelles passa du co^rps législatif au sénat. Ua conseiller d'état fut préposé à la direction de la conscription, et ce ne fut pas le moins important des départemens ministériels, que celui d'approvisionner l'autre du lion. Des colonnes mobiles parcoururent le territoire de la

Prance, et contraignirent, l'épée à la main, la natîotl à devenir conquérante. Il fallut établir une législation d'exception pour une foule de délits nés d'une tyrannie nouvelle. La limite de vingt à vingt-cinq ans, établie parla loi fandamentale, ne suffit pas longtems à la consommation de l'espèce. Le gouvernement recula dans le pas3é, et anticipa sut l'avenir. Accouplant ensenible la ruse, qui déconsidère, et la force, qui fait haïr, i,l imagina, pour tromper le peuple, des appellations inusitées. Tantôt des légions dites de réserve étaient créées pou/ une destination spéciale, et à peine formées, on les transportait à une autre. Tantôt on fesàit des appels de volontaires, comme si le mot' seul n'eût pas été une dérision. Les citoyens mariés^ et livrés aux travaux utiles étaient requis et dé payses soiis le nom" de gardes' ' nationales en activité. On leurrait les jeuiies. soldats en ies formant en régimens-adjoints a la garde impériale, sans eji partager les prérogatives. Les' conscrits", éçha.ppés' au service à prix d'argent, furent repris^ ï>rus -tard dans les gardes d'honnènr, dans le ban et rarriérc-ban. 'ï)ésormais,'pour un Français, la mort naturelle était celle qu'on trouvait au champ d'honneur. On on vint jusque à demander onze cents mille soldats, eu une seule année à une nation épuisée par trois mille combats et batailles."

Le Journal des Débats a fait une remarqye iqiii me frappe. *• Le duc de Wellington avait une belle et grande qualité, — le respect pour la vie des hommes : il ménageait le sang. Mais c'est encore une de ces qualités qui ne sont pas faites pour toucher les masses, et c'est précisément par les soldats qu'elle est le moins appréciée. L'empereur n'était point avare d'hommes, et il est reste le dieu des soldats et du peuple."

C'est un fait, et pourtant, que de déloyauté n'y a-t-il pas dans le caractère même purement riiilitaire de Bonaparte! .. ..En Egypte, Kléber ne le dénonce t-il pas avec raison au Directoire comme déserteur de son armée? Ne le voit-on pas massacrer en plaine la garnison de Jaffa — quatre mille hommes, auxquels il vient d'accorder une capitulation î Ne rapporte-t-on pas la belle réponse du chirurgien' Larrey, à qui il proposait de donner du poison aux blessés ? Et certes ! la voix du soldat en faveur de Bonaparte eût été sans doute moins unanime, s'il n'eût trouvé le njoyen de se défaire de Pancienne arm^é de la

République,; — de l'armée de Moreau, dont la victoire d'Ôheiilinden lui portait ombrage. Quelle fitt la récompense de si glorieux services î. . . . Il envoya celte armée ce faire tuer par les nègres d'Haiti! Bonaparte a dit avec raison de Pichegru, que le crime le plus révoltant est celui de prêter soi-même la main à la tuerie de ses soldats. Or'ce qu'a faitP'ichegru, Bonaporte l'a fait lui-même dans des circonstances bien plus aggravantes. Il répondait au citoyen Forfait, qui lui démontrait l'impoUtique de l'expédition : "y'ai besoin, vous dis-je, de me débarrasser de 60,000 hommes, ^^ Il voulut corrompre les juges de Moreau pour faire trouver contre lui un crime capital ; mais il reçut d'un de* membres du tribunal une réponse digne desjllus beaux temg de la magistrature. Pichegru fut trouvé mort dans son cachot par le mods d'exécution usité en Turquie. Assurément ,dans les décrets de la îa providence, la captivité de Ste. Hélène était un sort bien doux pour l'auteur de si grands, atten^tats contre l'htii^ianité. Le climat ne lui allait point! Mais Toussaint Louverture, saisi à la faveur de la foi trompeuse d*un traité, ne fut-il point séparé de sa famille et envoyé au

^château de Jou-x dans les montagnes du Jura, dans le dessein de faire a'gir sur sa constitution un climat contraire

*au sien ? Et comment l'organisateur des prisons d'fe- *tat,(lont le cardinal Pacca nous a laissé une si navrante

''peî^tiirè, a+t-il pu léguer ^opprobre de sa mort à la maison

^'rî^gnsinte d'Abpjlëîerre?.. .. lui le geôlier dé Pie ef de

''Fèrnand'VII ! '■ E tait ^il" bien Thëkhistocles, étÙe6rièi;'£i^ taxèi^x^s / ' Ce 'Bi'est ' {loitit* tout . Koità ' qLVons Vu cèmiïfebt il se comporta avec le due die Bnînswîtrk. 'Ses imiîrè\yations contre Wellington ont fait dire à Lamartine : " des protestation n'altèrent pas les événemens et ne changent point les personnages historiques. Il faut être capable

. de regarder sa fortune en face quand elle est contraire comme quand elle est complaisante ; le génie devrait ren<* •dre justice au génie même dans un adversaire, et une dilfamation comme celle-là n'est point du patriotisme. Elle n'a point exalté Napoléon ni rabaissé Wellington.'* — -Invequons aussi le témoignage du réfugié Charas : — *^ Il eût fait retraite s'il eût pu, a dit Napoléon ; triste 'vengeance du vaincu, que cette allégation tant repétée I

* Le plan du général anglais, se reposait sur la. défense du plateau de Mont Saint Jean jusque à l'arrivée des colon*

ne» prussiennes ; elles étaient proches, et il aurait renoo»oé à le disputer avec la masse.de braves qui lui restaient^ encore !• • • . Vous pouvez être tué, lui dit lord Hill ; quels.- «ont vos projets, vos instructions ? — de tenir ici jusque aa dernier hmime. — Kempt, qui a remplacé Picton, deman-de des renforts : — Qu'il n'y compte pas, et qu'il continue la lutte. — Le mot de la journée est dans ces laconiques, réponses dignes de l'antiquité, des plus beaux tems à^ notre République. Il est puéril, peu honorable de mé«eonnaitre ses ennemis." (*)

Mais le comble de l'opprobp ;. c'est ce testament dU mourant, qui déclare, que si le meurtre du duc d'Eoghiea était à refaire, il n'hésiterait point, et qui lègue 10,000 francs au hussard Cantillon, qui a tenté d'assassiner soa adversaire de bataille. <' Il y a des actions qui âétrifseaV l'humanité " a dit M. Capefigue.

Son parjure réservé, il n'y à point enjcore une pareille- Uste de forfaits à porter ou compte de Napoléon III ;r mais le fait qu'il est l'anique soutien efficace des désQr-dres de tout genres qui se commetteat dans les Légations de l'Emilie, doit le faire jauger capable de tout. Mes amis, sont témoins que, dès le déluit de la guerre d'Italie, je n'ai plus rien attendu de boa aloi de cet associé die Garibaldi, selon eux si désintéressé. Et Ton va voir que les traits du portrait du neveu spnt si semblables de toul point à eolui de l'oncle, q,ue l'on peut prévoir que si la fortune lui devient contraire, il n'aura pas non plus assez ds cœur pour l'eavisager digaement*.

^ C*) Il faut avouer qQe]le généralissime Earopéen le lui rendait bien- En effet, il écrivait au maréchal lord Beresfôrd :— " You will bsTe heard of our battle of tho 18th. Never did I see such a poan-

. 4ing-matcli. Both were wbat tbe boxeurs oal> gluttons. Bonaparte did<s DOt manœurre at ail. He just moved forward in the old style, ia columna (*) , and was drivea io the old stjle. The only différence w$i*^ tqat be mixed cavalry with bis infantryand supported bothwithan tfiormoQS quantitj of artiltcry. We had for a long time the Frtnch

' valking about us as if tbej bad been our owa. I nerer saw the Britisb Infantrj behave so well.

(•/ J3miai lui reproche également cette attaque en colonnes pro* fondes, qui n'avait jamais réussi contre une ligue anglaise de bataUlk 4*01 Is Péninsule. . '

' Bien qne Des mœurs des tems modernes ne donnent

5[ue très peu d'encouragement à nos grands hommes de s6 aire ])QSser pour des dieux on des prophètes, dit l'auteur '^e La Théorie des Sentimens Moraux, le succès cependant, joint à' une grande faveur populaire, leur a quelquelois tourné la tête au point qu'ils se sont attribué une importance et une habileté bien au-dessus de la réalité, et qu'cme telle présomption les a rendus téméraires, — les a engagés dans des entreprises ruineuses. On peut surtout mttribuerà Napoléon III, bien pkis encore qu'à Napoléon îér., lé portrait que le Chancelier Cowper fesait du fameux Harley, comte d'Oxford. (*)^ Mais le fond du caractère de l'un et de- l'autre, est un eomposé de supercherie et de duplicité, avec par intervalles des accès de franchiie inattendue, des exemples d'infatuation indicibles, de grands projets enfin, entremêlés de traits de petitesse. Mais Napoléon III agit davantage par soubresauts, ses^ actions brillent d'un moindre d'éclat, et partant, il échappe moins au jugement de l'opinion : elle le taquine, paréequ'^il ne ta rédiuit pa9 au silence par des coups de toninerPe. Iln'es^ poini ce mêtèor<e qui peut jeter toute une nation dans^ l'illusion ou dans la stupeut y mais il pousse la dissimulation beaucoup, plus loin ; il est le Louis XI^ le le Oromwell de la France, sous ce rapport.

Napoléon 1er. ne fesait de traités, bien souvent, que pour cacher un projet qu'il n'aurait pu avouer, et sur lequel il voulait )}u'on prit le changé. Tel* fut le traité aveo Toussaint Loiiverture, qui fut suivi de l'arrestation de ce fondateur ; tel fut aussi le traité de San Lauranzo pour la partition du Portugal, à, laquelle il ne songeait nullement, mais dont il se servit pour remplir l'Espagne de lies troupes ; car il pensait depuis longten;s déjài à se Màiaix de cette monarchie. . De la part de Napoléon ÎII,

(*> That homoar of bis, ^hîoh iras nerec to deal clearly a d openl7« bat always wltb reserve, if not dissimulation ; and to loYti trlcks when not necessarjr, bot from ao inward satisfaodon in app^aa^ng. i^ own canning. l ' '

les formalités du traité de Zurich maintenant virtuellemeut annullé, ont semblé couvrir des projets non moins nébuleux. C'était de la part de l'oncle, se créer de l'em7 barras bien inutilement; car il était plus maître, de l'Espagne que le gouvernement du pays mèmjs. Il crut longtems avoir joué une fameuse pièce) mais sou giiet-à-pens tourna à la fin contre lui-même, car alors il aunii^tOien voulu se débarrasser de Barcelone, Panipelùne^ Figuièjfes, Gérone, où il était entré: eu. traître. A l'iieure où il Savait à opptoser ; que 40,000 conscrits aux- alliés^, m rjipprpchant sans cesse de Paris, 150,0-00 vieux sosldats. restaient inutiles dans les forteresses de. l'Allemagne étdelaiÇiéninsule. Il renvoya Feritand yil . en lui fesant^ promettre de lui rendre ses vétérans ; Mats Wellington empêcha les Cortez dé consentir à une évacuation quiiaiu»|it fourni à Napoléon 50,000 gcogriards, avec .lesquels. ^il aurait peut-être refoulé h coalition sur le ilhini*= Le cç^namissaire anglais Stuart dissuada également . 'Be)Bn«L.stJotte de permettre à l'armée de Davoust d'évacuer Hamb0i9«g. Napoléon voulant détrôner la- maison de BragaiiCft,^9e hâta trop de parler. Le prince îRégent se refaisait à émigrer au Brésil^ quand Sidney Smith liil appoirta le Momleur. Il y était écrit ; La Maison deSragance m finiide régner. C'est comme Napoléon d'aujouïd'hui ; la Frani^e est sur le point d'avoir la gloire de possédei: dans son sein un congrès qui va régler la question d'Italie ; les. plénipotentiaires sont iiommés,-rils arrivent..'! iMajsl'ehiptJreur ne peut jretenir sa langue ; il lance !dans, Içi plabJic • 43 mille exemplaires de son incohérent .tjUoique brillant i';|)amphlet, et le Congrès se dis/pei^e ôani'arriFelplu6i.\;^a tirade de Nùpoléon III à l'ambassadeUrfi'Aulricbè, le)'jptP- . mièrdeTan l'839,est lacopiB.dô.l'éçlat!iDdi$0r.étqi4e leijiilfe- ! inier empereur fit devant lôrd'Whitwôryiien près^ne^de tout le corps diplomatique^ ^péivaprès «Ifei f)fekix d'^Am[e«IS* Napoléon 1er se jouait des traités diplomatiques jj mftis.pn ne voit pas qu'il violât la fxïrtole idùnnée-' spQQtaiijém^iil i il ne reste plus vestije de confiance dans. l'empei:éur:di'»âi'jourd'hui, parce qu'il viole, à la suite d'un traité solennel, la parole donnée sans demande à son clergé et au Souverain Pontife. Chez le premier, c'était ppift rie : pas trop descendre de ^sa grandeur \\o% n*é tait, pas manque' de supeircherie et d'infidélité. En efîet, ce potentat cré^^a Confédération du Rhin 5 il invite le roi de Prusse à cens-

titoet iiti€ autre Confédération dans le Nord de PÂUema* gde ; mais il en exclut expressément les Villes Hanséatiques^et il négocie sous mains avec les électeurs de Besse etde Saxe pour les empêcher d'y entrer. Que

^lïestait-il jDOurfurmer le contre-projet de la Prusse? — Il prend en Italie la couronne de iër à la condition de la remettre à un autre aussitôt que les troupes étrangères ftUFont évacué le royaume de Naples, où il n'y avait point di^auteefc troupes étrangères que ses soldats. Il garantit l'intéigrité «de iLa Poirte avec la Prusse, et il envoie cependant Lauristonisaisir la République de Kaguse. Il défend Cons» taotinople" contre les Anglais et les Russes, et, parle traité dé' Tilsit, il laisse carte blanche t la Russie. Le foi de Saxe ne lui donna-t-il pas un exemple de fidélité

.fui,deuse,en 181>S ?•••• eh bien ! en essayant de nouer iin6*Bégbciation sè]f)aréeavec le czar, il propose d'ôter à -çpa'allié le graiid-duché de Varsovie, pourvu qu'on agrandisse le royaume de Westphalie pour Jérôme Bonaparte. Quel traÉc n'a-t-il pas fait de la Pologne ? Napoléon ÏJI sera^t-ilplns fidèle à ses alliés î. . . On l'accuse déjà dlâ- Toi» abandonné l'Angleterre en Crimée. A-t-il été sérienx^ quiand il aLsoffert iau pape; la présidence d'une Coàftdération italienne ?• • • Ce titre n'était pas moins Aitiléy eindoi (aussi' fidieiile que eelt^i d'empereur des deux Amériques, que Napoléon 1er fesait prendre au bon CharleslV, à la yeiile de lui enlever ses états. Mais de nos jours on ne trouve plcts de si bons rois. Napoléon III voulait bien placer à Naples un Murât 5 mais le feu roi s'est rencontré, ^lira' bravé du France et Albion sa compagne, fie IX a Voulu imiter ce -roi fort au centre même de la fôiblésse, (^)

'Le^iièfoniiesvoul'ites par le siècle sont le prétexte dti 'second empereur. Il faut bien qu'il ^^sécomnié son oh bloi ^m dx»ina à' l'Espagne des réformes intempestives. Rien

/ i%lA%) CkuiMla<«ayDiéÂ>S9. le: témoignage de ràdmfràtibfi qtié Itil Jn8{>^rfi;«n jBti gç^o^ .oQijir^^ge.^ U^îa ..le« orKADieateurs d» l'asâftinbléd 4e IloDtreal ont eu, entre autres torts, celui de donner rezc1ii9iop,i|Q:pii^mter magistrat de la Cité. SHls ne s'étaient point ré.^eryé expreai* ffiéMIMë tt^nopble dd ditrconr^, on aurait j^ur leur d!i^ que les mots auMsi Ucnét qm icadx;40 tous les «ouvetfÀi ns : âei l'Bu^e^i sont ttèk fkibleé 'et qu'ils étabUssent une comparaison, par exemple, entre l'autorité da âoarerain Pontife et ceUe de Napoléon III, qui n'a pourtant d'aatrd ÎMttà^T^^ " QwUieïn^aM ••t-U vlol4^P' dit*i, piaï^ M.

n'était plus ii2ipolit;iiiue de sa part, dit ^ l'historieii! La'vèAlée, que de s'aliéner d'avance le Clergé 1 Quant aux Espagnols, ces réformes n'étaient point non plus de leur goût alors, quoique les idées révolutionnaires n'aient que trop germé dans leur malheureux pays. Les moines nourrissaient le peuple et exerçaient l'hospitalité. Le menu peuple périt de misère partout où on abolit les moines, de l'aveu tardif d'écrivains même protestans, tel que Turner. Pour Napoléon III, il est vrai qu'il ne s'est pas mis le Clergé à dos tout d'abord ; il a commencé par s'en servir^ puis jjar le tromper. Mais la science du moraliste et du publiciste a été épuisée dans les réclamations des évêques d'Allemagne, d'Espagne, d'Irlande et des Etats-Unis, et dans celles de l'évèque d'Orléans, des comtes de Falloux et de Montalembert,de lord Nounanby el; de MM. Villemain, Foisset, Veillot, Poujoulat, Albert de Broglie , Alfred de Nettement, de Sacy. Aussi n'ai-je pas un mot à ajouter à ce qu'ils ont dit sur l'inviolabilité du pouvoir temporel du Saint Siège. Douter n'est plus permis qu'aux esprits tout-à-âiit dévoyés. Il n'est pas fort étrange que Napoléon III, . souverain illégitime , veuille remplacer le droit par le fait ,-^ il ne l'est pas même que le fait . récent lui convienne niieux que le fait ançiçn ; mais il l'est du moins qu'il ose l'avouer, (f)

J'ai dit cependant qu'au milieu de la duplicité des deux empereurs, il y a parfois des accès inattendus de franchise. Voici quelques aveux du premier." Cette combinaison m'a perdu, dit-il, de la guerre d'Espagne^ — , toutes les circonstances de mes désastres viennent se rattacher à ce noeud fatal ; elle a détruit ma nK>ral!ité eli Europe, compliqué mes embarras."

" La Russie !. . • . n'est-ce pas la tête de l'hydre, l'Antée de la Fable, dont on ne saurait venir à bout qu'en le ^ saisissant au corps et l'étouffant dans ses bras 1 Mais où trouver l'Hercule 1 II n'appartenait qu'à nous d'oser y prétendre, et nous l'avons tenté gauchement, il faut en convenir.'*

^ f ^^< J'ai été gâté, il faut l'avouer 5 j'ai toujours commandé, dès mon entrée dans la vie. Je me suis trouvé nanti

(f)'L'arcliçvêquB(rôî>îibri!i, enïWande/ètréTèqiw deSit. H^^i^jî' Ibe en Canada, avaient bien jugé de l'homme I

dé? là piîiftsftncB, et les circonstances et ma force ont été telles, que, dès que j'ai eu le commandement, je n'ai plus réconnu ni maîtres hi lois."

Dans le manifeste qui a suivi lés préliminaires de Villa Franca, Napoléon III analyse ses mécomptes avec un non moindre abandon, peut-être.

Napoléon 1er et Napoléon III ont été des tyrans dans toute la force de l'expression ; mais le premier ne s'est goères démenti, tandis que le second est en contradiction Saî^rante avec lui-même,— en France, champion dit despotat, et de la liberté licencieuse en Italie. (J)

" Bonaparte releva le trône, dit le général Foy ; fa postérité dira au profit de qui. Héritier de la flévolution et succédant à la République, l'autorité impériale flit sans frein, sans limites. Le sénat ap[»rit au peuple jusque à quelle abjection peut descendre une assemblée dont les membres, recommandables d'ailleurs par l'exercice individuel des vertus ou des talen», ne sont liés entre eux ni par le sentiment des devoirs envers Ja patrie, ni même par l'esj)rit de corps. La nation perdit le peu de libertés que l'ancien régime lui avait laissées, et toutes"' celles que le nouveau lui'' avait données. Droits politiques, intérêts particuliers, propriétés des communes, éthication, science, pensée, le gouvernement envahît tout. On sentit son poids dans la famille comme dans la Cité. Les Français ne formèrent plus qu'un gi;os bataillon mû aa commandement d'un seul homme. Le Clergé fut réduit au rôle d'instrument docile des volontés du maître- (ie Clergé (Taujourtfkuitoîit'à'fait^cpveuglé (Pabord, f}icm'.

[t] Voici ce qne disaient en 1814, dans nn cas analogie à la déposition d^ Pape par an Congrès, Talleyrand et le comte de Maistre^t '

*' Ponr reconnaître cette dfsposition, il faudrait reconnaître comme > léicitime, il faudrait tenir poiK vsai que les nations de l'Europe ne sou point unies entre elles, par d'aittres liens moraux que ceux qui les uniesent ant insulaires de l'Océan austral ; qu'elles ne Tirent entre elles que sous les lois de la pure nature, et que ce qu'on nomme le droit pQ- ' dUc de l'Europe n'existe pas ; que, quoique toutes les sociétés cirllep, par tonte la terre soient entièrement ou en partie gouvernées par des coutumes qui sont pour elles des lois, les coutumes qui se sont établies entre les nations de* l'Europe, et qu'elles ont universellement, constamment et réciproquemeût conservées pendant trois siècles, ne sont point nne loi pour elles ; en un mot, que tout est légitime à qui est la plMfort."

Un roi détrôné par une délibération, par un jugement formel de ses"

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