‹ Napoléon Ier et le monopole universitaire;Chapitre 103 sur 221 · Annales des concours généraux, p · texte numérisé non relu

Annales des concours généraux, p

2. Le fait est si extraordinaire que je me suis demandé si l'éditeur de ces Annales des concours généraux n'avait pas fait une erreur de date, et s'il ne s'ajjissait pas de l'année 1814, où ce discours serait tout naturel. .Mais il attribue cette composition à l'élève Forget, et c'est bien ce nom <\ue donne le Moniteur de 1813. S'il y avait eu, en 182.J, seulement douze années plus tard, erreur ou supercherie, il est probable qu'un des témoins survivants, peut-être même l'intéressé, eût protesté. Quant au sujet de la composition, c'est bien celui qui fut donné. La preuve en esta la Bibliothèque de l'Université de Paris, où les Archives nationales ont versé (je ne sais pourquoi) deux liasses de « copies » du Concours général. Le discours français de 1813 y est représenté par quatre copies de lauréats (du second au quatrième accessit), mais il n'y a là ni le premier ni le second prix. Dans aucune de ces quatre copies les allusions ne sont aussi directes et vives que dans la copie du premier prix. Mais on n'en peut lire aucune sans pensera Louis XVIII et à Napoléon. Aux Archives nationales, dans F'', je vois seulement qu'en 1812 la Commission qui examina les copies de discours français au coucours général avait pour membres Guéroult, Desrenaudes, de Bonald, conseillers titulaires de l'Université, Adry, membre de la Commission des livres classiiiues. et Dumoucliel, chef de

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Pendant que Fontanes faisait faire ainsi aux écoliers des déclamations contre Napoléon, il cachait ce jeu par des louanges publiques, non pas fades ni plates, mais élégantes et ingénieuses, qu'il plaçait ainsi, dans son discours à la distribution des prix du même concours général, en conclusion dun développement sur le rapport qu'il voyait entre les bonnes doctrines littéraires et les bons principes politiques :

Quand ranarchie osa s'introduire dans les doctrines littéraires, elle passa bientôt dans les doctrines politiques. Aussi les esprits séditieux ont presque toujours attaqué les maximes de l'ancienne éducation pour ébranler plus sûrement la base des Empires.

Ne cessons donc point de remettre en honneur ces solides études qui développaient à la fois la raison et le goût, et qui ne rendaient les esprits plus justes que pour faire des citoyens plus fidèles.

Nous recueillerons encore les fruits de ce double enseignement. Le même esprit règne dans tous les lycées de l'Empire. Ces concours annuels justifient de plus en plus nos espérances.

L'Université n'a point vu sans un vit intérêt, que, dans les compositions tirées même des sujets anciens, les meilleurs élèves s'étaient empressés de saisir avec le discernement le plus sûr toutes les allusions brillantes qu'offraient les temps modernes. Plusieurs ont ramené l'image du prince dans les discours les plus distingués par leur élégance et leur correction, et cette image, environnée de tant de gloire, n'en a que mieux inspiré leur jeune talent.

Un écrivain éloquent a dit qu'on ne pouvait parler sans

éloquence de Rome et d'Athènes. En effet, l'imagination

'élève en présence des lieux célèbres. 11 sort même de

division [absent pour cause de maladie]. (Arch. nat.,Fi' 3189.) Nous ne connaissons pas la composition de la Commission pour 1813. II est probable que ce furent les mémos membres, au moins en partie.

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