‹ Napoléon Ier et le monopole universitaire;Chapitre 113 sur 221 · LE CONSEIL DE L UNIVERSITE · texte numérisé non relu

LE CONSEIL DE L UNIVERSITE

Le peu que nous savons, par l'étude de quelques affaires particulières, sur la marche de travail dans ces bureaux ne nous donne pas l'impression que Fontanes les surveillât avec une vigilance attentive et impé rieuse ni quïl les dirigeât d'une main ferme. Indolent, élégant, répugnant aux détails, point paperassier, laissant sans doute faire Dumonchel, qui était expérimenté, n'intervenant que dans les grandes questions, surtout politico-religieuses, tel nous apparaît le grandmaître, ou plutôt, en l'absence de témoignages sûrs, tel nous le devinons ou supposons.

11 faut dire aussi qu'une bonne partie de la grande besogne était faite par le Conseil de l'Université.

Les dix conseillers titulaires à vie, nommés par l'empereur, furent ' :

De Bausset, ancien évêque dAlais, membre du chapitre impérial de Saint-Denis, qui avait protesté contre

notaire; M. Godard, avoué (en supplément, VAlnianach ajoute : Billecoq, avocat de l'Université). Al. Poyet, architecte; M. Gatteaux, graveur; M. Fain, imprimeur; M. Brunot-Labbe, libraire; M. Magnicr, papetier. Appariteurs : MM. Champion, Frontier, Labadens. ■■ — Le traitement des chefs de division était de 8 000 francs; des chefs de bureau, 4 500 et oOOO; des sous-chefs, 3000 (Cf. Jourdain, Le budget de l'instruction publique, p. 43). Les bureaux de l'Université, ainsi que le Conseil, y compris Arnault, restèrent les mêmes à la première Restauration {Alinanach royal de 1814-1815). A la seconde Restauration (Alinanach de 1816), le chef de la V division est Campenon; bureau des Académies : Dumouchel, sous-chef (sic); bureau des Facultés et écoles primaires : Alix; collèges royaux : Pillet: collèges communaux : Descozeaux.

1. Cinq d'entre eux firent partie de la noblesse impériale : de Bausset, Delamalle, Nougarède, Cuviercl Lep-endre.

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la constitution civile et émigré, mais qui considérait Bossuet comme « l'oracle de lÉglise gallicane ' »;

L'abbé Émery, supérieur général de la communauté de Saint-Sulpice, qui mourut en 1811, et ne semble pas avoir été remplacé;

Delamalle, ancien et célèbre avocat au parlement de Paris, ancien bâtonnier ^il fut appelé au Conseil d'État en 1811, tout en restant conseiller de l'Université);

Nougarède de Fayet, auditeur au Conseil d'État, membre du Corps législatif;

Desrenaudes, ancien grand vicaire de Talleyrand, ancien tribun;

De Donald, le célèbre auteur de la théorie du pouvoir politique e<reii(/teua;, adversaire militant de la Révolution et de la philosophie :

Cuvier, l'illustre savant, d'opinions très conservatrices, quoique protestant ;

Legendre, le mathématicien, membre de l'Institut:

De Jussieu, le botaniste, membre de l'Institut;

Guéroult, ancien professeur d'éloquence au collège d'IIarcourt, proviseur du lycée Charlemagne (il sera directeur de l'École normale, à la première forma tion).

On remarquera qu'il n'y avait, parmi ces conseillers titulaires, ni un inspecteur général, ni un recteur, quoique l'empereur, par le décret du 17 mars 1808, se fût engagé à les choisir exclusivement parmi ces fonctionnaires.

A l'exception de Desrenaudes, qui était d'ailleurs fort modéré, il n'y avait point, parmi eux, un seul homme de la Révolution, et on y voyait de Ronald.

i. Ainbroise Rendu, par FAigo.ne Rendu, p. 44.

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C'est Fontanes qui avait proposé à Napoléon ces choix et en particulier ce choix. Une note anonyme, dans les papiers de Fontanes, nous apprend que le grand-maître « lutta contre les préventions de Bonaparte pour obtenir des nominations honorables, celle de M. de Bonald entre plusieurs autres », et nous donne ce détail : c .M. de Fontanes soutenait que M. de Bonald avait de grands talents et qu'il était très attaché au gouvernement. Bonaparte voulut l'éprouver. Il ordonna que M. de Bonald fit un mémoire dont le but était le plus noble et le plus utile qui puisse entrer dans la pensée dun grand souverain ; il s'agissait d'établir dans la guerre maritime la même civilisation et le même respect pour les droits de propriétés particulières que dans les guerres continentales. M. de Bonald fît le mémoire et l'ut nommé conseiller à vie de l'Université K »

Une lois nommé, de Bonald, qui résidait à la campagne, dans le Rouergue, se fît tirer l'oreille pour veair à Paris. Le grand-maître le chargea d'inspecter le lycée de Rodez. Au retour de cette inspection, il écrivit à Ambroise Rendu : « Ce lycée, je crois, ira mieux ; il ira, à peu près comme ceux qui vont bien ». Mais il n'avait pas confiance dans le « corps laïque », où u il n'y a et ne peut y avoir que des individus, que des vues pcr-

1. Bibliolhè(iue publique et universitaire de Genève, M. f., 208-213. Communiqué par M. Marcel Roulî. La note ajoute : « Voici le plan donué par Bonaparte et le mémoire, sous le \\° 11 ». Nous n'avons pas ces pièces, mais on voit qu'elles étaient restées dans les papiers de Fontanes. Sous la Restauration, les amis de M. de Bonald dirent qu'il n'avait accepté celte place qu'à son corps défendant, pour ne pas compromettre Fontanes, qui l'avait présenté à son insu. Voir l'article Bonald dans la Biographie nouvelle des contemporains par Arnault, Jay, Jouy, Norvins.

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sonnelles d'ambition et de fortune ' ». Malgré sa défiance et sa mauvaise humeur, il se décida à venir siéger au Conseil de l'Université : en 1812, il fît partie de la Commission qui corrigea les compositions de discours français au Concours général, et je me suis assuré qu'il en signa le procès-verbal-.

Quant à Émery, le célèbre directeur des Sulpiciens, qui avait une si grande autorité sur le clergé, Fontanes ne l'avait pas placé d'abord sur la liste des conseillers : « Comment ! lui dit l'empereur, l'abbé Émery n'est pas du nombre ! Je ne comprends pas le Conseil sans cet homme-là. » Émery hésita, puis écrivit à Fontanes : « J'ai pris conseil, j'ai pensé au chef de l'Université, et mon incertitude sur l'acceptation a cessé ». Au Conseil, il passe, comme on va le voir, pour avoir eu l'influence qu'il prenait partout où il se trouvait. Mais il mourut en 1811.

Les conseillers ordinaires, au nombre de vingt, devaient être pris parmi les inspecteurs généraux, les doyens et professeurs de Faculté, les proviseurs, et nommés par le grand-maître. Cependant les choix de Fontanes furent soumis à l'empereur par l'intermédiaire du ministre de l'Intérieur. L'empereur les approuva le 18 novembre 1809".

Ce furent d'abord les dix inspecteurs généraux dont les noms suivent :

Joubert, le célèbre moraliste, ami de Fontanes depuis trente ans; Fr. Noël; Ambroise Rendu, avocat, collaborateur de Fontanes au Mercure; Queneau de Mussy (Fontanes écrivait à l'empereur, sur Rendu et Guéneau

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