‹ Napoléon Ier et son tempsChapitre 1 sur 389 · PRÉFACE DES ÉDITEURS · texte numérisé non relu

PRÉFACE DES ÉDITEURS

Malgré les nombreux écrits qui ont ^yris pour titre le nom de Napoléon, nous avons pensé qu'il était possible de faire sur le même sujet un livre nouveau, nouveau à deux points de vue. — Au point de vue du texte, en se tenant à une distance égale de la simple biographie et de V étude exclusive des grands événements politiques et militaires, et en montrant l'action que le grand homme a exercée sur son époque et sur la société; — au point de vue de l'illustration, en reproduisant non pas seulement les sujets militaires et les silhouettes guerrières devenues classiques, mais encore tous les documents de l'époque qui apportent des preuves à r histoire et permettait de saisir le mouvement des esjjrits dans la littérature, dans la science et dans l'art.

De la sorte notre ouvrage offre un exposé impartial, une narration vivante etjidèle, aussi éloignée du pamphlet que du panégyrique. aS'H lui est impossible de ne pas parler de la légende, qui s'attache à toute grande histoire, il la représente dans V illustration par les types inoubliables de Gharlet et de Raffet. Tout en donnant, en effet, la première place aux documents de V époque même, il nous eût paru regrettable de laisser de côté certaines grandes œuvres qui en ont dans la suite marqué le souvenir et la consécration. Des toiles signées, après 1830, Horace Vernet, Bellangé, Philippoteaux , devaient trouver rang dans une histoire de l'Empire.

Nous citons plus loin les artistes célèbres dont notre gravure s'est efforcée de rendre le genre et les plus remarquables compositions. Mais

yy PRÉFACE DES ÉDITEURS.

à côté des œuvres des maîtres qui s'imposent, l'on trouvera aussi ces documents moins connus peut-être, mais intéressants à coup sûr : caricatures, scènes de mœurs, gravures courantes françaises et étrangères, qui rendent si bien la physionomie d'une époque et mettent comme à nu les mœurs publiques et privées.

Tel est l'ordonnancement de l'ouvrage. Il fait suite à la collection du Bibliophile Jacob,qui s'était attaché à faire revivre les gloires des siècles passés. Le siècle qui se termine a eu aussi les siennes. M. Roger Peyre s'est chargé denous en montrer le commencement. Il l'a fait avec la sûreté et l'impartialité de l'historien, qui sait que l'histoire parle plus haut et mieux que les hommes. Le temps, du reste, qui éloigne tout, lui a facilité la tâche; pour l'époque impériale l'aigreur n'est plus de mise, encore moins l'indifférence; car au delà des fautes de la politique et des mauvais calculs des partis, il y a la génération d'alors, pleine de jeunesse, d'enthousiasme et d'élan généreux, en un mot, la France.

Page 1