INTRODUCTION
Mesdames,
Messieurs,
Permettez-moi de vous remercier d'avoir répondu en aussi grand nombre à mon appel et laissez-moi me réjouir de voir une assistance aussi nombreuse et aussi distinguée se presser dans cette salle pour y écouter parler de Lui, comme l'appelle le chantre de toutes les gloires, Victor Hugo, dont le père, le général Hugo, était un des héros de la funeste mais grandiose campagne d'Espagne.
J'ai redouté un moment que le changement de date (1) auquel je m'étais, bien à
(!) La date de la conférence avait dû être reculée de huit jours; le soir pour lequel elle avait été primitivement fixée, une assemblée politique convoquée par rhon. M. Flynn, premier ministre, devait avoirlieu dans le même local. Malheureusement le décès d'un des enfants du premier ministre empêcha également cette réunion.
Vlll INTRODUCTION
contre-cœur, décidé pour cette soirée — changement devenu inutile par suite d'un deuil auquel nous nous associons tous — ne décourageât quelques-uns de mes auditeurs. Je constate avec joie qu'il n'en est rien.
Bourrienne, qui fut l'ami et le confident de Napoléon, amitié et confiance dont il profita plus tard pour écrire contre Bonaparte toutes les infamies possibles, raconte quelque part, à propos du grand chanteur Garât, un incident amusant.
Garât était de Bordeaux ; c'était un chanteur inimitable, mais gascon, dont les prétentions égalaient le talent qui était énorme. Garât était resté le dernier de ces Incroyables dont l'opérette de La Fille de Madame Angot nous a transmis le type. Son costume, ses manières, sa tenue étaient le comble de l'exagération et les femmes en raffolaient.
Garât avait fait annoncer longtemps à l'avance dans les journaux que le lendemain de Noël, on disait alors le quintidi 5 nivôse, samedi 26 décembre, il donnerait, de jour, à la salle de la Victoire, rue