A L'IMPÉRATRICE
B<>rlin, fi novembre 1806, 9 heures du soir.
N J'ai reçu ta lettre où tu me parais fâchée du mal que je dis des femmes. Il est vrai que je hais les femmes intrigantes au delà de tout. Je suis accoutumé à des femmes bonnes, douces, conciliantes, ce sont celles que j'aime, si elles m'ont gâté, ce n'est pas ma faute, mais
la tienne. Au reste tu verras que j'ai été fort bon pour une qui s'est montrée sensible et bonne, madame de llatzleld. Lorsque je lui montrai la lettre de son mari, elle me dit en sanglotant, avec une profonde sensibilité et naïvement : « Ah ! c'est bien là son écriture! » Lors- (|u'elle lisait, son accent allait à l'âme. Elle me fit peine; je lui dis : « Eh bien ! madame, jetez cette lettre au feu, « je ne serai plus assez puissant pour faire punir voire « mari. » Elle brûla la lettre et me parut bien heureuse. Deux heures plus tard il était perdu.
« Napolkon, »
Tnme XIII, pa^e WH.
AU MARECHAL BERNADOTTE Osterode, 27 février 1801, 5 heures el demie du soir.
« Mon cousin, le général russe que le maréchal Ney a fait prisonnier hier à Peterswalde vient d'arriver. J'ai causé longtemps avec lui. 11 en résulte que l'armée russe n'a point fait de mouvement, qu'il n'y avait devant nous que de l'iiifanterie légère et des Prussiens; que du reste ils étaient dans la misère et n'avaient pas plus que nous du pain.
« Il est, en vérité, bien extraordinaire que celte canaille de Prussiens veuille lever le Ion..'.