AU CITOYEN MEL2I
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Paris, 19 messidor an X (8 juillel 1802).
« Le projet de loi que m'a remis Marescalclii, sur la lil)erlé du commerce des blés, est tout à fait inconscf|in'nt. Tout ce qui est relatif aux blés ne peut être du ressort de la Icgislatiou. Nous avons en France une expérience de dix ans ; après avoir longtemps erré, il n'y a en France qu'une seule opinion ; c'est que le gouvernement peut seul ouvrir ou fermer les barrières à l'exportation des blés, selon les circonstances. Il est donc très-imprudent de rien soumettre sur celte matière aux législateurs. Il ne faut pas, sans doute, que le blé soit à Irop bon marché ; mais de deux inconvénients, il vont encore mieux tomber dans le bon marché que daii;! la cherté. Des mille questions qui divisent «l'opinion et d'intérêt le prolétaire et le propriétaire, la valeur des blés est celle où ils sont le plus en opposition d'intérêts. C'est aussi celle et |)eut-étre l'unique, sui" larpiclle le gouvernement doit toujours favoriser les prolétaires contre les propriétaires, sans quoi Ivraniiie de la part des propriétaires et révolte de la part du peuple. (Juel est donc l'effet de la loi qu^nn propose? ' -î de plaire, sans donle. aux propriétaires, mais d(>
ri2 NAPOLÉON I" PEINT PAR I,Ll-MfiME.
porter à l'Klat le coup le pins dangereux, en ébranlant la confiance dn peuple.
0 Certainement les propriétaires ne peuvent pas se plaindre dans la république ilaliennc. Ils ont vendu assez cher leur blé. Le peuple, tontes ces années-ci, a été assez malheureux. Il faut tenir la main à ce que le blé 8oit à très-bon marché. Il me semble, par tous les renseignements que j'ai, qu'il est beaucoup trop cher.
a l^OKAPARTK. »
Tomt' VII, page filO.