A DÉJEUNÉ ICI
LE 28 MiU 1865.
L'Empereur^ remarquant la famille Brugelli qui le saluait avec enthousiasme, fit arrêter sa voiture , et après avoir remercié Pascal Brugelli, lui demanda s'il désirait quelque chose : — Non, Sire, répondit le colon. —Mais dans quel but, reprit Tauguste mîieur, avez-vous fait cette dépense ? — Pour perpétuer dans ma fiunille et dans le pays le souvenir de votre voyage. — Merci, vous ne désires rien, insista l'Empereur ! — Non, Sire,
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n'iH^tUtt Je liuuNeaii Hinigelli, en retiiettant à Sa MajesUl' une petite adresse dont r£inpereur voulut bien prendre œnnaissance immédiatement, et dans laquelle M. Pascal Brugelli eiprîmait tout son bonheur d'avoir donné pendant quelqaes UMtanuriiospitalité àrUlustreSoavenûn « qui était mtt constater |iar lui-rnéme les besoins de la Colonie a?ec un soin et une eoUicittide que ne montra jamais le metUeordes princes. »
Cet ineident du voyage impérial ne manque pas d'intérêt. Une rt'ponse remplie d*à-prop08 que l'on prête à BnigcUi a surtout étt' renianiui'e- On lui demandait pour(|aui il hHn ut pl;ir,- (ju'iirio insrri|tlioii sur \o. monum(*nt :\ quatre faces qu'il venait d'élever ? u C'est que, chaque année, a-t-il répondu, quand ma récolle me le permettra, j'inscrirai sur une plaque nouvelle ce que TEmpereur aura fait pour TAlgérie, après son voyage, i
Voici, sur ce digne colon, quelques renseignements biographiques, qui font connaître comment on parvient en Algérie à sa créer on petit avoir*
Pascal BrtigelK est un de ces rudes travailleurs que Tile de Malte fournit ù l'Algérie. Journalier d'abord chez l'un de ses compatriotes, il fut plus tard embrigadé parmi les caiitonnicrs 11 une »'poque où ces agents étaient obligés de faire preuve d'énergie et de dévouement, en butte qu'ils étaient sans ce&se aux attaques des indigènes. Il fut remarqué par son intelligence, son aptitude et son courage En 1845, il était brigadier au déûlé d*El-Dlss, fun des points les plus exposés aux tentatives des maraudeurs.
Plus tard, et au moyen de quelques économies qu'il avait pu réaliser psr un travail incessant, il acheta sur ce même point d'EI-Diss, une concession qu'avait obtenue son beau-père Figuera et, pour s'adonner complètement a la culture, résigna ses foiicUofis de brigadier cantonnier. En octobre 1863, sa foînillc s'étant augmentée, (il est père de quatre i^arçons et de deux fUles) il demanda et obtint de Tadministrâtion une concession de huit hectares de terres limitrophes de celles qu'il avait mises en valeur.
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Aujourd'hui, Bru^elli vit du produit de «es terres, de son ilébit et d'un m uliii i larine qu'il a uclu Lé et fait valoir par lui-in6ine. Ses revenus suffisent à sa modeste existence de travailleur. Les indigènes, ses voisins, trouvent cliez lui assistance et protection, et souvent des secours. II est aimé d'eux, et vit avec eux sans inquiétude pour ses récoltes et son troupeau.
' Comme il Ta dit dans sa lettre à FEmpereur, Pascal est attaché de cœur à la France qui lui a donné sa modeste fortune, et c'est un sentiment tout spontané et désintéressé qui Ta porté à édifier de ses deniers, le monument qui consacre le
bou venir d uiie halte de Sa Majesté sur la limite du domaine que son travail lui a Uoiiin .
Le passage de l'Empereur à E!-Dissa inspiré au savant conservateur du musée archéologique de Philippeville^ M. Joseph Roger, les réflexions suivantes, qui ont un véritable intérêt au point de vue historique.
« L*hi8toîre nous apprend que FEmpereur Adrien visita les provinces d'Afrique, enl*aniS^ de TèredeJ.-C.^etque, rentré à Rome, il accorda des privilèges aux dites provinces.
« Il 7 a donc 18 siècles révolus que les ancieimes provinces ratnaines d'Afrique furent visitées comme nous venons de le dire, par un souverain.
« En 183(X la France ût successivement la conquête de ces mêmes provinces où la barbarie avait succédé, depuis de» siècles, à la civilisation romaine, à la moralisatioo chrétienne.
c Nous voici arrivés bientôt à la trente-cinquième année d'occupation, et S. M. FEmpereur des Français est venu, comme FEmpereur Adrien, visiter ces mêmes provinces, afin de vivifier par sa présence, affirmer par un voyage fatiguant, Faspiration qui est celle de tous les cœurs français : la pacification par l'instruction, le commerce et Tindustrie...
« En se rendant de Piiilippcville à Constantine, Sa Majesté, lorsqu'elle prit son déjeuner à El-Diss, ne se doutait guère qu'elle se trouvait vis-à-vis la nouvelle voie romaine qui fut construite
|Mr Tordra de rewperevr Adrien, aliii de satàMte ph»
ainplemeiit aux besoins commerciaux qui reliaient Rwiêaâê (P!nli|»j)eville) à Cirta (Constantine). Ce précieux dociiiuent est gruvé sur une coloruit; luilliaire que , grâce au concours obligeant du Forvicedes ponts ti chaussées, nous sommes parvenu À abriter au Musée archéologiqnCf le M août 1864. Elle gÎMttt dapoie 18a0, époque à laquelle nous en fîmes la reoonnaissanee^ sur ta voie romame, vie-à*râ le nenvième beeto-* mèire compris entra les bornes kilométriques 10 et il de la route Impériale actuelle, s