SAINT-CHABLES
triomphe, formé tnec les produits de Tagrieulture et les instruments du travail. Cet arc de triomphe était ainsi compose :
Deux charriots attelés chacun de deux bœufs, et placés à droite et à gauche de la route, supportaient sur une base de fourrage, une foule de produits agricoles, tels que blé, oi^e, fèves, tabac, maïs, sorgho, mûriers, oliviers, vignes, légumes, etc. Sur le devant des cbarriots, les initiales de leurs Mejestés avaient été formées avec du coton en bourre. Un peu au-dessus, on avait placé avec ordre un échantillon de tous les instruments aratoires, encadrant un écusson aux armes impériales, L'aigle tenant dans son bec une couronne; planait au sommet de ces tropliéea agricoles.
A 41 heures du matin, le 28 mai, le cortège impérial arriva sous l'arc de triomphe, près duquel toute la population formait la haie. L'Empereur répondit à la petite allocution qui lui fut adressée par M. Merle des Isles, et remarquant avec satisfaction le trophée agricole et les nombreux bestiaux que Ton avait réunis sur la place du marché^ lui dit : s M. le Maire, < vous aves voulu me montrer ce que vous produisez dans « votre commune, c'est très-bien et très-beau, je vous en fais « mon compliment. it
Sa Majesté interrogea ensuite le maire sur rétat des récoltes, sur le chiffre de la population, et demanda si les indigènes vivaient eu borme intelligence avec les européens. M. le maire répondit que la bonne harmonie n'était pas souvent troublée, mais que les indigènes n^aimaient pas le travail*
Passant à un antre ordre d'idées, l'Empereur dit au maire : « La terre vous manque probablement ; mais rassurez-vous, a vous ailes avoir une bonne Sodété , la Société du crédit fon^ « der, qui vous permettra d*acqnérir des terres et d'étendre « le cercle de vos expldtatfons. »
Le cortège impérial se mit en route lentement et s'arrêta un peu plus loin, près de Tare de triomphe que la Compagnie du chemin de fer avait élevé sur un pont. M. Lesca, entrepreneur
Ï'HUMMX m UJ.NSIAMI.NE
de m irii^'urUiiiU travaux, reçut TEmpereur à ia ièU de cinq c*nlii ou»nf fs, ijui acclamèrent Sa Majesté.
L KiijfitTiMir > i!iroi-{tJ i i ' IV-iat des travaux, et apprit avec hati^iacuori fju'ils inarthaiciit rapidement.
I'ui<. au moment de s'idoipner de Saint-Charles, Sa Majesté lit approcher le porte bannière de la Société de secours mutuels, qui l'escortait, et lui demanda si la Société était nombreuse, si elle existaît depui» longtemps. 11 lui fut répondu qu'elle aTait été créée depuis peu de temps, et qu'elle ne comptait encore que trente membres, Sa H^esté dit alors : c Moi aussi, je veut concourir à sa formation, » et prenant son porte monnaie, te vida dans le chapeau du porte bannière, que le maréchal de Ifac-Mahon offrit à Sa Majesté, en voyant son intention.
Du iKfiiit où h» cortéffft ét4iit arrivé, rEinpereur voyait tout e villag^c: l'église oniée de «j^iiirlandes et de drapoau.x, Tare de triomphe dressé par 1 entreprise Lesca, devant la maison oc> cupée par ses employés, un autre arc de triomphe, élevé à la porte du village, par la milice et formée avec des fusils, des sabres et des baïonnettes, et sur la place, un beau troupeau de bœufe, un peu plus loin, sur la ligne du chemin de fer, depuis Saint-Charle3 jus(|u\'irOued-Amar, les wagons chai^gés et ornés de drapeaux, de guirlandes, étaient mis en mouvement, et parcouraient une certaine étendue de terrain.
L*Emper«»m l.-moi^Mia à M. Merle des Islcs la satiblaciion que lui faisait éprouvei- tout ce qu'il voyait, le remercia de l'accueil qu'il avait reçu à Saint-Charles et tgouta : « Je ne a vous dis pas adieu, M. le maire, mais au revoir, dans quel* ques jours je reviendrai ici. t
Àu retour de Constantine, VEmpereur s'arrêta en effet à Saint^harlesy pendant quelques instants. Il remarqua le nouvel arc de triomphe que les entrepreneurs du. chemin de fer avaient construit, et répondit avec beaucoup de bienveillance aux acclamations des ouvriers, qui portaient une bannière sur laquelle étaient inscrits ces mots : A isapoléon 11 1^ le travail reconnaissant.
SAiNT-CHAHLES.
I^es colons et les indigènes entouraient lo coi tége iiupt rial. Sri Majesté jeta des pièces de monnaie à un groupe d'nrahos qui se tenait sur le bord de la route. Remarquant queli{uo.suns d'entre eux (lui étaient déguenillés, Eile dit nu maire ; « Ces indigènes sont donc bien malheureux ? » M. Merle des Isles les connaissait presque tous, et savait qa*iis n'étaient pas dans la misère, aussi répondit-il : « Sire, l'Arabe, en général, ne change de vêtement que lorsqu'il est complètement usé; quant à ceux que vous voyez là, ils voudraient faire croire qu'ils sont malheureux, mais ils sont au contraire dans Taisance, et ^iont ordinairement beaucoup mieux vêtus. » L'Eni* pereur parut étonné de cette réponse.
L^attention de l'Empereur se porta sui* un petit enfant habillé en zouave, qui s'était glissé presque sous les roues de la voiture, et s'adressant à M. le maire, Sa Majesté lui dit : « Veuilles faire retirer cet* enâmt , il pourrait lui arriver c malheur ; dites-lui que j'ai reçu la pétition de sa mère. »
L*£mpereQr s'entretînt avec H. le curé et H. le maire, des intérêts de la commune, des besoins delà population, et leur dit ensuite adieu, en les remerciant très-gracieusement.
Après le départ de TEmpereur, le sieur Bolland, qui tient rh('>tel de la Poste, et qui avait entendu les paroles échangées entre le maire et Sa Majesté au sujet de la misère des arabes, demanda à l'indigène Ahmed-ben-Damen. dont il avait souvent remarqué la bonne tenue, pourquoi il était aussi salement vêtu ; celui*ci répondit, qu'il était venu dans cet état, uniquement pour exciter la pitié de l'Empereur, et obtenir de lui des secours comme il en distribuait partout.
Ce trait et celui de l'indigène qui faisait sonner les pièces de 5 francs données par TEmpereur, pour s*assurer si elles étaient de bon aloi, dépeignent bien le caractère des arabes, qui sont généralement, sauf de très-honorables exceptions, menteurs et méiiauts.
PBOVINCE DE GQNSTAJiTIME.
GASTON VUIE.
Gafttonvîlle, cbef-liea de oommune, est situé à 25 kilomètres de PhilIpiieTille, sur la route de Conetantme, non loin de ia rive gtoche du Saf-Saf.
Fondée en 1848, et administrée militairement, la colonie agricole de Gastonrille, fut remise, en 4852, à l'autorité dvile* Elle a f'ié éri|/ée ou cliel-liou de ( oininuae par un décret impérial du 22 aoiit 1862. Sa population est de 580 habitants^ dont 152 indigènes.
Ce village doit son existence et sa prospérité relative à sa situation sur les routes de Robertville et de Constantine ; mais rindustrie des transports par le roulage devant beaucoup souffrir de la création du chemin de fer qui doit relier Phi- IippeviUe à Constantine, il est à désirer que l'on poisse augmenter dans un bref délai les ressources agricoles du village, en donnant de nouvelles terres aux colons , et en exécutant le barrage projeté de Zardezas.
De grandes tenues se rattarlient à la commune de Gastonville, la ferme Lestiboudois de 000 hectares et ia ferme Hubert de Sainte-Croix.
L*EBBf «rear ClAat«Bvllle.
Spuiilanernent, iuus les colons de Gastonville s'étaient mis à l'œuvre pour préparc i une belle réception à l'Empereur.
Les fleurs, les feuillages, les pi oduits agricoles et les instruments aratoires, artistement combinés, formaient des arcs de triomphe* — La sœur Théodule, religieuse de la Doctrine chrétienne , aidée par les petits en£Emts confiés à ses soins et
EL-ARROUCH. ilï
par toute la population, avait tressé les couronnes. On remarquait notamment une aigle impériale aux atles déployées, entièrement composée de fleurs.
A rentrée du village , l'Empereur fut reçu par le moire,
M. Tierce, par les Bsembrcs de la société de secours iiiutuelB et par les enfants des deux écoles et de la salle d'asile. — Un petit garçon et une petite fille débitèrent de gracieux compliments en offrant des fleurs à Sa Majesté. La petite fille était un peu émue , TEmpereur Tencourageait en lui caressant Iftl joues et en lui disant: « Dis, dis, ma petite fille. »
L'instituteur avait composé une cantate, mais il comprit qu*il n'aurait pas le temps delà faire exécuter par son petit monde^ qui courait autour de la voiture impériale en criant : Vive V Empereur, YwelePrinoe Impérial» Il s'excusa de ne pouvoir se faîr« entendre. H. le maréchal de tfac Mahon prit la caniaie, et, avec son bon sourire affectueux , dit à l'instituteur qu'on la chanterait en route.
A son retour l'Empereur s'arrêta de nouveau à Gastonvillo, et dit au Maire qu'il s'était occupé à Constantine de la question du barrage des Ardezas. Toute la population était encore sur pied, la rue principale traversée par le cortège impérial , ne formait, dans toute son étendue, qu'un vaste bocage de ver dure et de fleurs. — Les vivats accueillirent Sa H^esté et l'accompagnèrent bien sur la route.
EL-ARRÛUCH.
d-Arrouch, chef-lieu de commune, est situé à 32 kilomètres dè Philippeville sur la route de Oonstantine, au confluent SafSafet de VEniw,
PIIO\m*R DE CONSTAimilE.
Te Mll;»;:t». Créé en 18i4 >ous la protectiuji d'un camp, a été érige en rhct-lieu de commune en 1861. Il comprend trois AOnexes: Saiitte-Wilhclmine, El-Kantour et Thoumeites. Sa populatioa totale est de 2,381 balûtaiits, dont 1,630 indigèiies.
EUAmuch est un des centres agricoles les plus prospères de ramndisieroeiii de Phîlippenlle. Les eanx d'une source abondante 7 sont amenées par un canal TOùté. Son territoire parfiûtement arrosé est très-fertile, et d'excellents pfttnrages (avonsent l'élevage du gros bétail. Il se tient à El-Arrouch, tous les vendredis, un marché où les huiles, les céréales, les lainrs. les peaux et les tissus sont Tobjet de transactions importantes.
L'Empereur ik El-Arroueli.
Le 27 mai, les colons d'El-Anroueh avertis que TEmpereur traverserait leur village le lendemain, s'étaîoit tous mis à
l'œuvre pour préparer une belle réception à Sa Majesté.
veille au soir, les portes avaient été ornées avec do ia verdure et des drai>eaM\" . un tri's-bel arc de triomphe s'était élevé comme par eneliaiitement au iiulieu du village.
€ Le 28, dès le matin, dit une correspondance particulière, les habitants sont dans la plus grande animation; les uns, conduisent les instruments aratoires, sur un emplacement désigné, en dehors de la porte, les autres décorent les maisons de guirlandes et de drapeaux aux couleurs nationales. — A - 8 heures, une dépèche annonce le débarquement de Sa Ifiyesté à Philippeville, et son départ pour Constantine à 9 heures. — Cette nouvelle se répand comme un torrent, tout le monde veut mettre la dernière main à rornementation de sa maison^ y ajouter encore quehiue- i out- de guirlandes.... »
t Vers midif (nous contmuons à copier la lettre dont on vient de lire un passage), vers midi, on aperçoit dans le lointain au milieu d*un tourbillon de poussière, le cortège impérial.
BL-ARROUCU.
MO
une commotion électrique s'empare de la foule, l'Empereur est là, il arrive, tout le monde s'approche, s'aligne pour mieux voir. La milice l'orme la haie de chaque côté de la route. Quelques instants après, la voiture débouche au tournant, alors UD long cri de : Vive V Empereur! s*échappe de toutes 1m poitrines, le cortège ralentit sa marche, Sa Mtyesté s'arrête à la porte.
« L*£mpereur adressant la parole à M. Vuillemin, maire â*El-Ârroucb, lui dit: Approchez M. le Maire, avez- vous été
militaire? Sur la réponse négative du maire, l'Empereur lui désigne un des conseillers municipaux décorés, et lui demande s'il a été militaire, oui, Sire, répond M. Vuillemin — Alors Sa Majesté voulut savoir si cet ancien serviteur avait une concession, et 8*il était heureux de sa position àEI-Arrouch. — Puis, il interrogea M. le Maire sur les récoltes, sur le travail des colons et enfin sur tout ce qu*il lui importait de connaître dans rintérèt de notre irillage.
«.Après avoir écouté avec une bienveillante attention un discours prononcé par le Mûre, l'Empereur se dirigea vers l*arfc de triomphe où Tattendaient les 'enfants des écoles. L'un d'eux, à peine âge de ans, s'étant approché de lu, voilure impériale, monta sur le marche pied et là, soutenu par M. le curé, adressa ce petit complmient à Sa M^esté : (k Sire,
«c Nous aussi, petits enfants de l'Algérie, nous voulons être de 'éette fête et offrir à notre Empereur nos hommages respec* tueux et nos petits cœurs.
c Les enfants de France vous aiment beaucoup, Sire, nous voulons vous aimér plus qu'eux encore !
« Vous êtes venu dans noe contrées pour foire du bien à tous, Boyez-en à jamais béni !
« On nous a dit que le bon Dieu vous a donné pour compagne, Mn ange que toute la France aime et vénère, dites-lui s'il vous plaît. Sire, qu'ici on î'âdore. On nous a dit encore que la divine Providence vous a. envoyé un Prince qui sera un jour notre
PIU)VINC£ 0£; CUNSTANTIKE
la p wei ir^ mt prions le bon IM«a d» nous U eonsemr ét de hi domar no eœar noble et généreux oomme le vôtre, pieux el bon comme celui de son auguste mère. •
Pendant que reniant parlait, Sa Majesté ayait Tair d*épnniw la plus grande sntisfîiction. Elle a répété à plusieurs reprise», util»! que u'.*> hauts per^^onna^K ^ui étaient dans sa toitare, t oomme cet enfant parle bien ! »
Les sentînients exprimés par ce jeune enfant ont paru teire iropreMon tur Sa Miyeeté, qui Ta remercié très-gracèeiieement UEmpereur a remis une somme de 280 fi*, au Maire pour les pauvres et la Société de secours mutuels.
Sa Miyesté s*est remise ensuite en route au mUieu des accla^ mations générales. Les décorations faites devant l'hôpital, ont ét- particulièrement remarquées.
L'air de bonté, de satisfaction, répandu sur la figure de Sa Majesté, a laissé parmi la population, une impression profonde. On se demande (juand 1 Empereur repassera, tous se prometient de le fôter encore mieux à son retour.
L'heureux jour du retour arrive, les maisons, les moimmeiits pvblics, ont conservé leurs décorations, leurs drapeaux, mais partout OQ renouvelle les robes de verdure. Une dépèche télégraphique annonce le départ de Gonstantina pour il heures un quart. A une heure et demie, tout le monde est d^à à son poste. La milice, la municipalité, les cheft de service, sont réunis à la porte de Constantine.
Vers les trois heurc.'^, arrive le convoi impérial. Cette fois, le*» indigènes, qui avaient entendu parler de la générosité de Sa Majesté, se trouvent en plus grand nombre; à 50 mètres de la porte, ils se Jettent sur la voiture impériale , étalent à dessain la lèpre hideuse de la misère ; Tescorte est obligée de dé> gager la voiture.
Ua cri prolongé de : etee VEmpemir^ vive Vln^^érafrice^ vive le Prttuas Impérial, accueille Sa MeiwU à la porte. Elle nous honore d*un salut gracieux, sa voiture marche au pas, ce n*est (Qu'une ovaùûu jus^u^à Tare de triomphe, où i^attend yne
ËL-ÀRBÛUCH.
grande partie de la population. Gomme la première fbts, les enfants sont à leur poste, la plupart avec des corbeilles de fleurs.
M. le nuiit e s'étant approché de la voiture impériale, Sa Majesté lui a montré un morceau de galette très-noire: « voilà ce que m'a remis un arabe, en me disant: regarde, « Sultan, comme nous sommes malheureux, voilà ce que nous « maqgeons. ~ Est-il bien vrai que les indigènes soient si « malheureux? »
H. le maire a réponda à Sa Majesté, que. c'était la vérité ; mais qu'ils étaient malheureux par leur faute, que beaucoup d'entre eux ne travaillent pas, qu'une partie ne travaille qu'à deux époques de Tannée, au moment des labours et au moment des récoltes.
Cette déclaration a paru étonner Sa Majesté, elle a répété plusieurs fois : a — C'est hien vrai, ce que vous dites, monsieur le « maire? — Cest la pure vérité, Sire. »
Au moment où M. le maire se proposait de faire connaître à Sa Majesté que la paresse, et par suite la misère, poussaient les indigènes au vagabondage, au vol, la foule est arrivée ; une petite fille lui a présenté un bouquet, et a récité quelques vers de droonstanee, qui ont été gracieusement accueillis.
Le matin même, un honorable oolon^ avait été père d*un gros garçon, il a l'heureuse idée de présenter un placet à Sa Majesté pour qu'Elle daigne en être le parrain lionoraire, ce placet est agréablement reçu, Sa Majesté répète : a — C'eat bien, trèb-bien; « mais le nom du père ? Par oubli il n'a pas été inscrit au bas € du placet- — Losson, Sire, lui dit le père, v Alors, M. le général Fleury inscrivit lui-même le nom au bas du placet*
P, S, L'enfimt a été nommé Louis Napoléon, M. le maire a représenté Sa Majesté aux fonts baptismaux, et peu de jours après, M. le curé recevait, revêtu de la signature Impériale, Pacte de baptême qu'il avait envoyé à Sa Majesté en double expédition.
l'RUVIMCE D£ C0ASIANT1N£.
CÛND£-SM£NDOU.
CoiMlé*SiD«iMioa, chef-lien de commune, est âtaé à Î8 kilo* mètres de Conetantiae, sur la route de Pliilippevîlle.
Ce village a été fondé en 1847, lar remplacement d'an ancien camp. Sa position, au milieu des terres fertiles et bien
arroî?<«cs. en ;i f.iit un contre agricole important. On Ta réceminciii t ngé eu chcf-Ueu de comrounef en y annexant le village de ni/ot
La pôpul.iiioii de CVtnde-Suiondou i»'est ([uo de 210 europoens environ, uiai^ su banlieue comprend plus de 3,000 iodi-
L'iîiiftpcrcur il Cctndé-Smeiidoa.
Nous trouvons, dans le journal VInâépendant de Constantiiiè,
le compte-rendu suivant de la réception qui a été fidte à TEnipcreur par les habitants de ce village ;
Grâce à une sousci iplioti des habitants, s'élevait au milieu du villa?*» un arc de triomphe de verdure, surmont<? d'une aigle couronnée, au-dessous de laquelle se voyaient ces mots, écrits avec des fleurs : a A Napoléon III, l'Algérie reconnaissante. » Sur les ba8-c6tés, on lisait, à droite : c 1865 i et à gauche : « Ère nouvelle. » / - De chaque c6té, les nombreux enfànts des écoles étaient placés ^sur des gradins en amphithéâtre. '
Chaque maison était pavoisée et ornée suivant rinspiratxoii de chacun.
Sa Majesté a été, à ses deux passages, le 28 mai et le 5 juin, accuciUie par des vivats frénétiques. Elle s'est arrêtée chaque fois environ vingt minutes, laissant à tous Ir temps de lui re-
BIZOt.
meltre leurs piacets. Les arabes ont même abusé de lu bienveillance de Sa Majesté. Profltant du manque de police, ils ont envahi violeniinent les abords de la voiture impériale, demandant l'aumône ou remettant des pétitions. L'une d'elle était vraiment originale : c'était une demande de dégrèvement d'impôts, accompagnée d'une gerbe d'épis de blé et d*orge, attestant par lear maigreur que la récolte serait mauvaise.
Le grand nombre, Tairde santé des enfants, a fixé Tattention de Sa Majesté, qui s*est même levée dans sa voiture pour mieux se rendre compte, et les a remerciés par un signe de leurs cris multiplios tle : a Vive le Prince Imph'ial î »
Les colons de Smendou entrerais une adresse à l'Empereur. M. Clair, maire de la commune, lui a dit ces simples paroles?, qui ont, ainsi que le fait remarquer M. Fenoux, auteur d'une relation du voyage impérial, quelque chose de touchant dans l«iir forme natve :
c Sire,
t Que le bon Dieu protège votre voyage et que votre voyage soit prospère à notre colonie Algérienne. »