Il s'ensuit que tout plébiscite populaire peut
£tro allaqiir uu nom du droit ; que ]a patrie elle-même irexislc; pour chacun (|u*à la condition de respecter le droit et que là où le droit sérail collectivement violé par la nation. clia(|ue citoyen aurait le droit de s'opposer h la nation, de répudier ses actes, et de se déclarer libre envers elle de tout devoir et engagement.
1Î5. — Dans la société, tout citoyen a droit de gouvernenn'iit et droit de justice. Ce droit ne s'abdique jamais; le mandat ifest point un transfèrement de Houverainrté ; c'est une commission.
Tout*' élection des représentants sans définition de son objet est nulle.
11 n'y îi pîi« d«» commission en blanc; cela implique contradiction.
C'est |)ourqu(»i l'électitïu du représentant, du Pré- 8id<Mit, de rKmpereur, est nulle. Le mandat de tout ordonner cl tout faire, au nom du peuple, est absurde.
IG. — La loi résulte : 1'^ d«» la discussion publi- Lie, prolongée, préalable, pour la presse, les meetings, etc: — 2" de la discussion (b's grandes corporations : — 3'» de leur transaction, La loi n'est la volonté de personne : le peuple n'est pas infaillible.
17. — La transaction n'est pas b» vote; le vote n'est qu'un moyen d'arriver à une transaction. Toute loi votée par 300 députés, rejetée par 150, est injuste.
La transaction est le compromis entre les 300 et les 1:50.
18. — La transaction est l'expression synthétique qui résulte de toutes les opinions pour et contre, exprimée sur la loi
19. — Toute divergence d'opinions conduit à une synthèse, qui est l'opinion générale, la loi actuelle.
20. — La loi est changeante, selon l'Elat des opinions dont la divergence varie, et donne lieu par conséquent à une transaction nouvelle.
21. — Le travail étant assuré, la subsistance garantie à chacun, l'enseignement rétribué partie par l'Etat et par les communes, Tinstruction sera obli" gatoire, la fréquentation de l'école libre.
22. — Le but de la Société est l'extinction de la guerre : — le gouvernement no présuppose point rhostilité des autres gouvernements, n'est animé à leur égard d'aucune intention hostile, ses plus grands efforts tendront au désarmement universel.
23. — Les précautions que pourrait exiger Iransitoirement la défense seront confiées à un comité spécial, nommé par les corporations, révocable par elles, à mandat limité; et auquel l'Elat sera tenu do fournir tous les moyens d'action qui dépendront de lui. — •Sous un pouvoir despotique, l'armée ne représente jamais Idi patrie (Waterloo).
En deux mots, le ministère de la guerre est en deliors du gouvernement.
24. — L'action de l'Etat, est d'ailleurs la moindre possible.
Elle tend à s'effacer de plus en plus.
Toute initiative industrielle ou commerciale lui est rigoureusement interdite.
24. — L'Etat ne fait point la banque, ni le change; il ne commandite personne; il n'est point le caissier ni le créancier de la nation. •
25. — L'Elat ne doit de reconnaissance à personne, ni au soldat, ni à l'ouvrier.
Tout citoyen est tenu de travailler pour lui-même
14 NAPOLÉON m
jus(|ij*au dernier soupir. Les iiitinnes et les estropiés sont ù la charge des familles, des corporations et des communes : Tassislance publique ne s*étend pas au delà.
20. — Dans celle assistance, la famille a la plus grande part; la corporalion la 2^, la commune la 3* rt lu moindre.
Les hudgels. les salaires, etc., doivent être réglés dans cette pension.
Ceci est un tout autre monde. Entre le programme de L. Blanc et cidui-ci, il n'y a aucune compatibilité.
La responsabilité ministérielle, corrélative do Tinvioiabililé royale, n'est pas une invention arbitraire, imaginée au xix* siècle,, pour le besoin et un système. KUe existe sous Tancieu régime : (cf. Berms, des Causeries du lundi, où on le voit s'offrir en expiation de la guerre de Ireiile ans.)
Les choses se passaient souvent avec une certaine brutalité, qui sentait son despotisme : Bernis était exilé dans ses terres; Fouquet mis en jugement. Une chute ministérielle^ causée par une improbation des chambres, n*est guère moins solennelle ni moins grave.
(]*est une preuve des plus grandes ignorances de Napoléon et de ses copistes^ que la façon brutale avec laquelle il a parlé du Grand électeur de Sieyès, lequel n'était autre chose que le Monarque constitutionnel. Ce rôle est très grand, la cheville ouvrière du système, dont l'absence rend toutes les républiques intenables.
Napoléon, né pour le commandement^ disait-il, habitué à ne voir la société que dans l'armée, n'était
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pas homme à comprendre ce fait élémentaire : que le mouvement d'une armée et sa direction partent d*un point hors d'elle, de Tordre du général; tandis que, dans la nation, elles sont une résultante.
Le roi est la personniGcation de cette résultante^ dont les ministres représentent, près de lui, les aboutissants. La vie sociale est spontanée, collective d'ensemble; Tarmée non. Du moins, c'est fort rare. C'est pour cela que l'armée est le séjour de l'injustice.
Dans l'armée, la force collective est un pur instrument dans la main du général ; — dans la société, cette même force existe par elle-même, se produit seule, ne sert qu'elle, et se crée des instruments divers, qui sont, ex œquo, ou hiérarchiquement, le Prince, le Prêtre, le Magistrat, le Parlement, le Producteur,
Tout le problème est de combiner ces instruments de manière à produire une harmonie.
Le mot de Bonaparte est tout simplement une insolence de soldat brutal, grossier, ignorant, dénué de sens juridique et social. 11 est triste de voir de prétendus libéraux et républicains y applaudir et se faire complices ainsi du despotisme.