LE MARÉCHAL
Les temps ne sont plus oii l'on gouvernait les peuples en cachant la vérité : j'ose dire que ce rapport est déloyal et infidèle. Après la funeste journée du 18, peut-on soutenir que nous avons encore 60,000 soldats incorporés; Grouchy n'en a que 25,000 ; s'il en avait plus , il pourrait couvrir la retraite , et l'empereur aurait h présent le commandement d'une armée sur les frontières. La vieille garde ne se ralliera pas; cest inoi qui l'ai commandée ; cest moi-même qui ai été témoiii de sa bravoure, de son extermination sur le champ de bataille. L'ennemi est à Neuilly avec 80,000 hommes. {Avec une voix lente et distincte.) Il n'y a de salut que dans d'instantes propositions pour la paix. Oui, je le répèle, la vieille garde est anéantie ; et le seul recours est dans les négociations. Si les ministres veulent me blâmer pour cette représentation , ou pour ces expressions , le temps
m'excusera. Je ne sais pas de ceux dont l'intérêt est tout;y<3 ne veux pas tromper le pays. Qu'est-ce que je gagnerais par la restauration dé Louis ? Je serais banni ou fusillé ; mais il faut que je dise la vérité.
Je sens profondément toutes les souffrances qui déchirent la nation , sur laquelle j'ai régné tant d'années. La gloire (Si en deuil, et l'ennemi à nos portes. Dans te temps de ines conquêtes, les souverains alliés ne parlaie?it que de principes et de vertus ; mais aujourd'hui qu'ils soïit victorieux , ils pratiquent, sans pudeur ^ tous les torts quils nous reprochaient alors eux-mêmes '*', Je vols tous les maux que la superstition va répandre en France; c'est pourquoi j'appelle les Français à donner les secours dont nous avons besoin; et j'adjure les chambres par leur fidélité et;*mênie par le serment qu'elles m'ont prêté si récemment , de concourir aux mesures du salut public, nécessitées par le danger.