JE N'AIME PLUS
Éteint pour la douleur, éteint pour l'espérance. Mon cœur fut tout à coup frappé d'indifférence!...
Oh ! voilez à mes yeux cet horizon désert, Ou rendez-moi, mon Dieu, tout ce que j'ai souffert ! Dans mon âme du moins , de tourmens poursuivie , La douleur et l'amour faisaient sentir la vie!... J'éprouvais tant d'orgueil de mes regrets constans ! Mes yeux étaient si fiers d'avoir pleuré long-temps ! Je disais : (f Ah ! du moins, si, dans son jeu barbare, « Sur la terre des pleurs le destin nous sépare , « La même tomlDe, un jour, saura nous réunir! n Et mon désespoir même était plein d'avenir!... Confiante en mes vœux , la mort me semblait belle l Maintenant, à l'espoir ma piété rebelle. Hélas ! ne trouve plus un désir à former ; Je perds plus que la vie en cessant de l'aimer.
JE N'AIME PLUS. 2i3
Du repos éternel redoutant le mystère,
Je vois avec horreur un trépas solitaire;
Mon inconstance enfin, me remplissant d'effroi,
Sur l'immortalité vient d'ébranler ma foi;
Et, brisant les liens d'un souvenir si tendre.
Me fait douter des cieux où j'espérais l'attendre!...
Yilliers-sui'-Orge, 2g septembre 1828.
iHatl)ilî>e.
matï)ii^e. '
C'ÉTAIT dans les beaux jours de l'ère des combats; C'était à cette époque où la gloire était reine; Quand, sur les monts glacés, sous les brûlans climats. Planait notre Aigle souveraine.
• Ihic Nouvelle intitulée Emile, publiée il y a plusieurs années, a fourni le sujet de cette élégie.
aiS MATHILDE.
Cent beautés des hëros accueillaient le retour.
La gloire c'était l'or, la vertu, la noblesse;
Les femmes ne voyaient , fières de leur amorn^ Qu'un succès dans une faiblesse.
De cette com' brillante, en franchissant le seuil, La plus sage suivait un dangereux modèle : Tendre , elle devenait coquette par orgueil , Et, par élégance, infidèle.
Né d'un de ces amours, liens sans avenir. Un enfant, en secret, s'éleva pour les armes. Chéri de ses parens, qu'il devait trop punir De sa naissance, par ses larmes.
De soins mystérieux on savait l'entourer; Mais, triste et solitaire au sein de l'opulence,