‹ NapolineChapitre 58 sur 75 · MAT H IL DE · texte numérisé non relu

MAT H IL DE

Son épouse était jeune et belle, et ses aïeux Remontaient au berceau de notre vieille histoire; Alors on repoussa bien loin de tous les yeux L'obscur enfant des jours de gloire.

Dans le hameau du pauvre à vivre condamné , N'accusant que le sort de sa dure misère, Et se voyant, hélas! si jeune abandonné. Il pleurait la mort de son père.

Tandis qu'aux pieds des rois le courtisan guerrier Invoque l'Éternel , vainement le supplie D'accorder à ses voeux un fils , un héritier Semblable à celui qu'il oublie!

Mais il grandit; — enfin il connut son vrai nom; Il sut reconquérir un droit qu'on lui renie.

JVïATHILDE. a-ïi

Ah ! dans les nobles cœurs aigris par l'abandon , Le désespoir est du génie !

Je le vis. — Des plus fiers l'estime l'honorait; Les femmes , devenant son ange tutélaire , De la tendre pitié que son sort inspirait Se faisaient un droit de lui plaire.

Que j'aimai ce front calme et ce coeur agité,

Et, par tant de malheurs, sa jeunesse ennoblie, Ce mélange de grâce et de sévérité , D'esprit et de mélancolie !

Au monde avec courage il dérobait ses pleurs; Moi , je les devinai sous sa fierté frivole ; Je dis : « L'amour coupable a causé ses malheurs : Oh! qu'un amour pur le console 1...

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