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LA TERRE TENUE POUR INVARIÉE ET SANS HISTOIRE

Boccone furent des premiers à le faire, on fut porté à croire que les fossiles pourraient bien être les restes des poissons et des coquillages charriés ou des êtres terrestres noyés par Tinflni débordement des eaux.

L'idée ne pénétra pas sans peine et ce fut une longue dispute. Entre les deux camps ennemis des diluviens et des minéralistes, Edward Lhwyd dans son ouvrage, le Lilhophylocium (1699), prit un moyen terme curieux parce qu'il nous renseigne sur les croyances relatives à la genèse ou organisation spontanée des formes. Des êtres vivants, ou en décomposition déjà, s'élèvent avec la vapeur d'invisibles germes qui, dilués par l'eau, suintent le long des rochers et des montagnes qu'ils pénètrent. Agissant sur les matériaux du voisinage, ils se développent en quelque manière aux dépens de la terre qu'ils conglo mèrent en des formes semblables à celles des vivants, — sans la vie, considérée donc comme un principe spécial indépendant de la matière et de la forme. 11 est assez curieux de voir rallié à de pareilles idées Ch. Nicolas Lang, de Lucerne, qui avait composé un catalogue complet des pierres figurées de la Suisse pour permettre de les déterminer et de les rapporter aux formes animales correspondantes.

Les diluviens cependant l'emportèrent. Jean-Jacques Scheuchzer, chanoine de Zurich, fut un dos plus vigoureux champions de cette cause. Comme les autres, longtemps, il avait pris les fossiles pour d'aimables délassements de la nature ; mais l'étendue de sa collection le remplit d'évidence et en 1709 il publia son Herbier du Déluge (1) qui est le premier ouvrage de botanique fossile et qui relate les empreintes végétales alors connues. Puis, avec le zèle d'un converti, il combattit le bon combat. Il alla, du reste, un peu loin dans cette voie avec son retentis-

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