ATURE
Se déroulait plus beau, plus vaste, plus féerique !
Des cascades, avec un grand fracas lyrique,
Se brisaient à ses pieds poussiéreux, en passant
Dans le cerceau d'un arc-en-ciel éblouissant;
Sur son front, des pics bleus allaient crever les nues;
Et ses regards voyaient s'ouvrir des avenues
D'arbres miraculeux qui lui tendaient leurs fleurs;
Et des oiseaux, chantant des airs ensorceleurs.
Semblaient lui dire; « Viens ! )),dans les bois; les collines
Lui disaient aussi : « Viens ! » avec des voix câlines;
a Viens ! » disaient les parfums des prés mystérieux.
Et l'homme allait, allait toujours, ouvrait les yeux,
Levait les bras, tremblait d'extase et de délices,
Voulait-il reculer ? De merveilleux calices
Ou des grottes de marbre, ou des lacs irisés
Apparaissaient devant ses yeux inapaisés ;
Et la brise semblait pleine de mains ténues
Qui le poussaient, et des caresses inconnues
Arrivaient du soleil, et les lointains ormeaux
Lui faisaient des appels en hochant leurs rameaux.
(( Va donc ! » lui conseillaient tout bas les sapinières ;
Et la fraîcheur des bois, l'écume des rivières.
LA ROUTI': FATALK «249
Les cieux enrubannés de nuages lilas,
Tout se liguait autour de l'homme faible et las,
Pour qu'il allât plus loin, pour qu'il allât plus vite !