ANNEXES
A. — Études techniques et administratives pour l'établissement de grands canaux de navigation,
L Canal du Nord sur Paris, Par M Fiauaxr, Ingénlour en elief doe ponts dt ehausbies,
La présente étude est l'historique sommaire des principales
phases par lesquelles a passé l'instruction de la déclaration d'utilité publique du canal du Nord sur Paris. On y trouvera Ja description du projet, l'indication des études faites, le résumé des enquêtes et des délibérations auxquelles ce projet a donné lieu, depuis le moment où il en a été pour ln première fois question, en 1878, jusqu'au jour où, après avoir été partiollement déclaré d'utilité publique par la Chambre des députés et fait l'objet d’un rapport favorable au Sénat, il a été retiré de l'ordre du jour de cette assemblée. Au cours de cette longue instruction, il a été, a bien des reprises, vivement atlaqué. Los polémiques auxquelles il a donné lien n'ont plus aujourd'hui qu'un médiocre intérét, et il n'on sera pas fait mention, Cependant, là comparaison de l'avant-projet dont il s'agit at de celui qui a été mis concurremment aux enquêtes a donné Tiou, à tous les degrés de l'instruction, aux discussions les
arndentes ; il sera difficile de la laisser entièrement de côté, mais elle sera abrégée autant que possible. -
Cette étude 80 divise en trois parties. La première ësL consacrée aux études antérieures à la rédaction de l'avant-projet; la seconde, de beaucoup la plus importante, contient la des-
- cription de cet avant-projet et du projet de détail du type
L'une ee à dde UE présence de la houille dans un vaste bassin qui alimente non seulement la contrée dont il occupe le sous-sol, mais encore ne grande partie du territoire français. C'est surtout au point
: des besoins du développement de ce bassin houiller lo canal du Nord a été proposé, et il importe de dire
quelques mots de leur importance.
| Bassin houiller. — Le bassin houiller du Nord et du Pas- L forme, sur le terriloire de ces deux départements,
prolongement du bassin belge de Liège, Charleroi et Mons. Il s’étend depuis la frontière de Belgique, près de Valenciennes et de Condé, jusqu'à la vallée de la Lys près de Thérouanne, sur une longueur d'environ cent kilomètres dont quarante dans Ilédépartement du Nord et soixante dans celui du Pas-de-Calais.
Sa largeur varie de quinze à deux et mème à un kilomètre ;
esl, en moyenne, de douze.
| La surface concédée en 1878 était de 124.721 hectares, dont
où où se ire Les si ex so iLé, dan: HE
l'estimation ie par la pra a 1 pe cou & du l'in LE nt
EE sem dre 4/0 eut ei
poursuivies dans ment, ne loulous permeltaient d aceroïissement notable de ce dernier chiffre.
Le basssin houiller du Nord est Se bee | dernier. En 1896, il produisait déjà plus de 00 tonnes de bouille, et en 1830, un million de tonnes envi
Le bassin du Pas-de-Calais n'a été exploité qu'à partir 4851 et sa découverte a été l'origine d'un nceroisse ment rapide | dela production, La quantité de houille extraite dans les deux | départements s'éleva successivement :
En 4851 à 4.054.098 tonnes, En 1860 à 2.206,908 — ” En 4869 à 4.336.183 — En 1878 à 7.069.855 — - Dans celte année 1878, la production totale de la Franco À avait été de 46.960.946 Lonnes, et sa consommation totale de 24.555. 300 tonnes. Les départements du Nord et du Pas-de- Calais avaient done fourni plus des deux cinquièmes de la bulle produite et près des trois dixièmes de la houille consommée en France.
| Les sept millions de tonnes de houille extraites dans ce bassin l'avaient été par 33 compagnies concessionnaires dont la carte (p. 426) montre l'emplacement et l'importance relative. À. La production était loin d'être arrivée à son apogée, et les … travaux neufs destinés à on favoriser l'accroissemont étaiont … considérables. Dans le Pas-de-Calais seulement, en effet, les
compagnies avaient consacré à cos Lravaux, pendant les dix
dernières années, une somme lotale de soixante-sept millions trois cent mille franes, savoir :
De 1868 à 4872, . . 17.550.000 fr.
Soit en moyenne 3.510.000 fr, pur année.
De 4873 44877. . . . . . « . . 49.750.000
Soit en moyenne 9.950.000 fe. par année.
Total de 1868 à 4877. , , , . 67,300,000 fr.
Des dépenses analogues avaient été faites dans le départément du Nord, de sorte que, pendant cette période de dix
gouvernement.
rsque les deux décrets de M, le Président de la Répue, rendus sur la proposition de M. lo Ministre des travaux le 2 et le 45 janvier 1878, eurent inslitué des com missions régionales chargées d'étudier les questions relatives | à l'amélioration des voies de transport et des ports de commeree, et à la création de voies nouvelles, une grande agitation se produisit, dans la région du Nord, parmi les industriels, les et les producteurs de toute sorte, Les préfets du Nord et du Pas-de-Calais, pour répondre à ce mouvement de À l'opinion publique, et pour en apprécier la direction, consti- À luërent des commissions lucales de travaux publies qu'ils com posèrent des représentants les plus autorisés des intérèts
industriels et agricoles de leur département. Les ingénieurs furent appelés à faire connaitre, à ces
commissions locales, les projets qu'ils avaient l'intention de soumellre aux commissions régionales, et dans la note remise par lui le 4° mars 1878, M. Bertin, alors ingénieur en chef du service des voies navigables du Nord et du Pas-de-Calais, insistait sur la nécessité de créer do nouvelles lignes de navi- gation intérieure pour desservir la région du Nord.
Canal de Douai à Rouen. — Constalant quo le marché
À de Rouen, qui consommait envirdn 800,000 tonnes de houille
… par an, était à peu près formé aux houillères du Nord, en.
raison de la concurrence anglaise, il indiquait, comme de
nécessité, la création d'un canal direct de Douai à
Rouen, déjà demandé par le comité des houillères. Ce canal
K devait s'embrancher sur celui de la Sense à Arleux, passer à
Croïsilles, Albert, Amiens, Conty, Beauvais, Gournay, el
arriver à Rouen par le vallon de Darnétal, en suivant le tracé
À qui avait déjà été proposé en 1820 par M. Becquey, directeur général dés ponts et chaussées.
. M: Bertin indiquait, comme complément de cette entreprise,
un embranchement de Beauvais à Creil, suivant la vallée du
( Priire
| eanagees suite hoc on da la commission locale du département du Pas-de-Calais,
Utilité d'an canal vers Parts, — Peu à pou, cependant, À ques publique s'éclairail otles besoins véritables arrivaiont + On reconnaissail qu'il serail lonjours difficile, Sd) impossible, aux producteurs de houille du Nord dé sou tenir la concurrence anglaise sur le marché de Rouen, qu'en. conséquence le canal demandé vers Rouen risquait fort, une fois construit, de rester à peu près inutile et qu'il était d'améliorer les conditions du transport vers Paris, ss de consommation bien plus important que Rouen et vers lequel il importait de diriger tous les efforts. Ce n'était , en effet, le seul marché de Rouen qui menaçait d'étre par la concurrence anglaise. La loi du G avril 4878 qui venait d'être votée, autorisait le gouvernement à exécuter les travaux nécessaires pour porter à Lrois mètres le tirant | Lori la Seine entre Paris et Rouen et elle inspiraitaux exe)
£ de houille du Nord et du Pas-de-Calais de vives in= quiétudes pour l'avenir de leur industrie. Ces travaux devaient amener dans les prix des transports de Rouen à Paris une no- È table diminution qui favoriserait l'arrivée » des charhons anglais sur le marché parisien, d'où ils pourraient chasser les pro
\ duits français de La région du Nord.
C'est dans celte disposition d'esprit que M. de Freycinet, … alors ministre des travaux publies, trouva les industriels du , dans le voyage qu'il fl en septembre 1878. Partout il à fut présenté des vœux pressants pour l'ouverture d'une
d'Itres, près duquel coule la rivière de de la Somme. Le faite séparatif des deux vall être franchi en ce point, et le canal, suivant cette indre la Somme, non plus à Amiens, Mactis Péronne, La traversée du premier fall s’elfocainsi dans des conditions aussi bonnes, sinon meilleures, en se dirigeant vers Amiens. Lu longueur à construire, ux à Péronne, est en effet plus courte que celle d'Arleux ens et, d'après les premières reconnaissances, le souternstruire semblait devoir être aussi plus court dans te nouvelle direction.” n revanche, les conditions d'alimentation pouvaient pace un pou moins bonnes, Les sources de la Tortille sont abondantes que cello de l'Anero que l'on aurait utilisées premier tracé, etelles sont aussi un peu moins élevées, les unes ni les autres ne pouvaient suffire, en temps , à l'alimentation d'un canal à grand trafie et il fallait deux cas prévoir une alimentation artificielle au d'eau élevée par machines; et alors, lo tracé par la rédevenait le plus avantageux, enr son bicf de parbeaucoup plus rapproché, en plan et surtout en 6lélu cours d'eau où l'on devait puiser les caux à élever, de la Somme.
est surtout à partir de ja vallss de je Somme que le ü tracé présentait dés avantages sérieux. Pour passer llée dans celle de l'Oise, l'on pouvait, à partir de sûns s'écarter notablement de la direction géné- , profiter d'un grand coude de la Somme pour e rivière ou plutôt son canal latéral, jusqu'aux envi-
ER ET l'état-major au
Lau moins la réduction au
r D Dee nine] | des ponts ei chante soumise à l'examen du Consoil dos pants et donna lieu, dans cette Assemblée, à une très longue
re dont le résumé fat transmis aux ingénieurs le 9. Le Consoil roconnaissait unanimoment que la accordée au tracé passant par Marquion 1 Péronne L sur des raisons péromptoires et il émettait l'avis : - n Que sur Les quatre tracés étudiés, il convient d'écarter les niers el de ne retenir, pour en faire l'objet d'études approfondies, ne le quatrième, lequel, commençant ne -Doule, près Noyelle-Godault, passe par ou de Ham à Noyon et de AR bassin de la Villette. »
soil invitait en même temps les ingéniours :
comprendre dans leur. FH les déponses à faire, Jo canal de la Somme entre Péronne ct Ham, soit sur nal latéral à l'Oise et l'Oise canalisée pa harmoniser les : seelions de Ja nonvelle ligne du Nord à Paris; er en méme Lemps ce que coûterait le prolongement nn! latéral à l'Oise de Janville à Méry-sur-Oise. en ellet, pendant la discussion qui a eu lieu dansle sein nseil des ponts at chaussées que l'idéo du prolongement ‘latéral à l'Oise, de Janville à Méry-aur-Dise, s'est
RTE 16 Conseil dos ponts oL chaussées, il n'y L à à craindre l'objection de l'impossibilité de ro forme très régulière de la vaée permettait d'ailleurs d'oble= mir une exactitude suffisante avec une étude beaucoup plus | - sommaire. On se contenta de lever un profil en long suivant ne tracée à l'avance d'après les minutes au ;7+5 de la carte de l'État-major, et quelques profils en travers sur les pus très rares, où le terrain n'était pas sensiblement hori-
ns temps, on effectuait des sondages à des distances. variables suivant les besoins et partout où, soit l'aspect du Ler= rain, soit les indications de la carte géologique, portaient à penser qu'il pouvait être utile dé le faire. On entreprenait aussi le jaugeage des sources et des cours d'eau, Pour les ouvrages d'art, on avait adopté et dessiné en détail un certain nombre de Lypes, on en avait fait les métrés, qui se trouvaient ainsi les mêmes dans toute l'étendue du service. Les prix élémentaires seuls variaient suivant l'emplacement des ouvrages, Dans ces conditions, on pouvait donner à l'étude du projet des garanties d'exactitude bien supérieures à celles dont on se conténle ordinairement dans les avant-projels. Le travail se poursuivit pendant toute l'année 1879, etle 27 février 1880 fut adressé à l'Administration l'avant-projet dont la description ‘fait l'objet du second chapitre.
Utilité du Canal, — En mème temps on recucillait des - renseignements destinés à justifier l'utilité du canal, … Laproduction du bassin houiller du Nordet du Pas-de-Calais - avait atteint, en 1878, le chiffre de 7 millions de tonnes. L'importation de houille étrangère, qui se fait principalement par la frontière du Nord, élail, pour la purtio de cette
“vue encombrée tnpartatifne del
mière insuffisante les besoins industriols pére mais son insuffisance était 13 on la: comparait aux besoins de l'avenir. | . probable du nouveau canal, — On pat e on l'a dit plus ant, prévoir l'époque pou éloignée. bassin du Pas-de-Calais produirait 15 millions à an, lesquelles ajoutées à # millions de tonnes t de l'étranger donneraient un total de 49 millions nes dé houille, dont 7 ou 8, au plus, seraient condans les deux déparigments produeleurs, Îl resterait a LA à 42 millions de tonnes de houille à expédier ar de la France, lon considère que les hoüilles représentent, tant at de fer du Nord que sur les canaux de moitié environ! du trafic total, pr
are CI pe ET
débouché, sen Dune. Lattes es à l'ensemble de toutes les industries, au lieu de rester limités, comme ils lé eee 1863, à la capacité maximum de trafe du canal
Il devait réaliser, entre le Nord et Paris, nne voie directect économique, destinée à produire dans le prix du fret un abais= sement notable résultant à la fois de Ja diminution du parcours et des facilités données à la navigation.
Dans ces conditions, le canal pouvait-être assuré d'avoir un trafie de quatre millions de tonnes environ.
Ces considérations sur l'utilité du nouveau canal avaient été sommairement indiquées par la Commission d'études tech= niques. Le Parlement en adopta les conséquences en introduisant, parmi les lignes nouvelles comprises dans la loi de août 4879, relative au classement et à l'amélioration des voies navigables, un « Canal destiné à mettre en communication la région industrielle du Nord avec Paris. »
su