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et la lampe-coupe à bords recourbés, d'importation grecque, qui lui succède chronologiquement dans les tombes carthaginoises.
Le sarcophage 195 paraît avoir été violé : il était rempli de sable ; au tamisage, on recueillit plusieurs éléments de collier: trois cylindres d'argent creux, longs de 0 m.0J8, renflés au centre et aux extrémités ; quatre jolies perles d'émail à points bleu saphir, sur fond bleu turquoise ; une perle bleu foncé; deux oudja en émail verdâtre ; quatre uraeus en forme d'S renversé ; un petit galet carré en quartz; une aiguille en bronze; enfin, un beau scarabée en cornaline, représentant Isis, Osiris et, entre eux, Horus enfant, assis sur une fleur de lotus.
Le sarcophage n° 196 était intact. Il renfermait :
Une boucle d'oreille en or, d'un type très fréquent dans la nécropole du ive siècle de Bordj-Djedid, très rare au contraire à Dermech, où il ne se rencontre que dans la région des sarcophages et jamais dans celle des tombeaux plus anciens : c'est une tige de métal fin enroulée sur elle-même, et dont les extrémités amincies sont tordues plusieurs fois autour de l'anneau. Poids = 4 gr. 5;
Une bague en argent, mesurant 0 m. 028 de diamètre, et pesant 9 grammes, avec chaton ovale, ornée de palme ttes puniques gravées en creux ;
Un grand anneau sigillaire en argent mesurant 0 m. 048 de diamètre, avec chaton mobile formé d'un scarabée en cornaline richement monté sur or. Le cachet représente Isis aux cornes de vache, debout, allaitant Horus enfant, dans la forêt de lotus ;
Trois disques bombés en bronze, paraissant être les couvercles de petites cassolettes à parfums analogues à
celles ([iii oui déjà été signalées par le P. Delattre1; Enfin les débris d'un étui en bronze, Inbe cylindrique de mêmes dimensions que le précédent, surmonté de la tête de Bàstit, et renfermant un bandeau d'argent dont la sulfura tion a fait éclater l'enveloppe.
En résumé, les étuis métalliques que j'ai recueillis jusqu'à ce jour (20 janvier J 900) , dans la nécropole punique de Dermech, sont au nombre de six :
Un étui d'or, surmonté de la tête de Bàstit, et conlenant un rouleau d'or fin ;
Un étui d'argent, surmonté de la tête de Sokhit, et contenant un rouleau d'or pâle ;
Un étui d'argent, surmonté de la tête de Bàstit, contenant un rouleau d'argent ;
Un étui de bronze, surmonté de la tête de Bàstit, contenant un rouleau d'argent ;
Deux étuis d'argent, suspendus à une tige de même métal, contenant un rouleau d'argent.
1. Cf. P. Delattre. Carlhage : la nécropole punique de Douirnès. Fouille* de I S93-94. Extrait du Cosmos, p. 23, fig. 41 ; de Villefosse, C. R. Acad., 1894, p. 452 : « Six boîtes cylindriques en argent à couvercle muni d'un anneau de suspension. » Cf. également P. Delattre, C. R. Acad., 1894, p. 439 : « boîte en argent ouverte en carré à ses deux extrémités, et contenant un cube de bois de senteur. »
Un étui d'or, découvert dans le tombeau d'Iadamelek, se rapproche plutôt de notre série. Voici ce que dit le P. Delattre de cet objet : « Etui « en or de forme cylindrique. — 11 contenait un petit morceau de fer et « une poudre noire renfermant des parcelles brillantes, semblables à du « mica, ou, mieux encore, offrant l'aspect de fragments d'ailes d'in- « sectes. » Je me demande si ces débris n'étaient pas plutôt les restes du bandeau d'argent, qui, en se sulfurant, serait tombé en poussière. Cf. P. Delattre, La nécropole punique de Douirnès, 1893-94, p. 16, fig. 27, n() 3, et C. R. Acad., 1894, p. 453. — Pour d'autres étuis d'or à matière noirâtre, cf. P. Delattre, La nécropole punique de Douirnès, 1895-96. Mémoires de la Société des Antiq. de Erance, 1897, p. 316 et p. 366.
Malgré les différences de détail que j'ai indiquées, ces objets se rattachent tous au même type : ils forment le premier noyau d'une série, que les fouilles futures enrichiront sans doute d'exemplaires nouveaux. Dès à présent, je puis en signaler, à Carthage même, deux autres, fort endommagés, il est vrai, mais cependant reconnaissablés : un rouleau d'argent, sans étui, et un étui de bronze contenant encore quelques parcelles du rouleau intérieur ; ils figurent dans une vitrine du musée Saint- Louis de Carthage, au milieu de divers débris, non classés, recueillis à Douimès par le P. Delattre.
D'ailleurs, si la présence de ces bijoux n'a jamais encore été mentionnée à Carthage, des objets analogues, trouvés sur d'autres points du bassin occidental de la Méditerranée, dans des nécropoles puniques, ont déjà été étudiés et décrits.
Tels sont, notamment, ces trois cylindres de bronze plaqué d'or, que surmontent respectivement les têtes de Sokhit (lionne), Bâstit (chatte) et Knouphis (bélier), et qui ont été découverts dans un tombeau construit de la nécropole phénicienne de Cadix [de Laigue, Amulettes de style égyptien, trouvées dans la nécropole phénicienne de Cadix, lier, arch., 1892, II, p. 291 à 296].
Telle est surtout la riche collection d'étuis d'or, d'argent et de bronze découverts en Sardaigne, et dont les principaux (non pas tous, — les collections parliculières de Cagliari et Sassari en renferment un certain nombre, mais il esl devenu presque impossible de se les faire montrer, leurs possesseurs se défiant avec raison des rigueurs de la loi italienne sur la propriété des anliquiiés) sont conservés au musée de Cagliari.
Deux d'entre eux, étuis d'argent garnis d'or et surmontés de la tête de Bâstit, provenant de Cornus, ont été vidés, les rouleaux d'or et d'argent qu'ils contenaient ont été développés et sont exposés au musée, où j'ai pu les étudier : ils sont couverts de figures divines de style égyptien, tout à fait analogues à celles de nos bandeaux d'or de Carthage. Ils ont été décrits dans des notices détaillées, malheureusement presque introuvables aujourd'hui (Gara, Monu menti diantichità di Tharros e Cornus , p. 15, pi. III, n° 2, et Descrizione di due lamine con gerogliphici. Cf. Spano, Bullettino, IV, p. 33 à 36, et Perrot, Histoire de l'art, III, p. 237 et suiv., figures 183 et 184 : « ...légers étuis en or ou en argent, qui renfer- « niaient des lamelles du même métal, roulées autour a d'un mince cylindre en bronze doré. Sur ces lamelles « sont écrits des textes que l'on n'a pu déchiffrer encore. « La lamelle est froissée, et d'ailleurs les caractères sont « d'une extrême finesse »).
Mais le plus grand nombre des étuis qui garnissent les vitrines du musée n'ont jamais été publiés d'une façon suffisante (ils ne sont même pas mentionnés dans le Guida somma rio del U. Museo di Antichità di Cagliari, plaquette in- 18° de 18 pages, publiée en 1899, et seul catalogue existant du musée). Je crois pouvoir affirmer que plusieurs d'entre eux renferment encore des rouleaux métalliques, que l'on n'a pas essayé jusqu'ici de retirer de leur enveloppe. Je me contenterai de les énumérer ici, en les désignant, à défaut de références à un catalogue qui est encore à faire, par leur numéro d'inventaire.
Étuis d'or à tête de chatte (Bâstit), n08 135, 136, 9345- 16-47:
Etuis cTor à tête de lionne (Sokhit), nos 9337-38 ;
Etuis d'or à tête d'épervier, sans numéro : achat Sauna Serraluzzi; provenance : Tharros;
Étui d'or à têle de bélier, n° 19593 ;
Etui d'or à tête de lièvre, n° 19591 ;
Étuis d'or prismatiques, sans têle au sommet, nos 9348-
Étui d'or. Tombeau 100.
Je me suis empressé de signaler ces étuis à l'attention des conservateurs du musée de Gagliari, en insistant sur l'intérêt qu'il y aurait pour la science à procéder à l'examen du contenu de ces tubes; et je souhaite que les recherches, qu'ils n'auront pas manqué de faire à ce sujet, produisent l'heureux résultat que j'en espérais1.
I. Parmi les richesses du musée de Cagliari, La superbeet depuis longtemps célèbre collection de bijoux d'or et d'argent, et de scarabées en jaspe sarde, rn pierres dures et en pâte de verre, a acquis un intérêt loui particulier depuis les dernières fouilles de Carthage (1893-1900); on y retrouve tous les types que nous ont fournis depuis liml ans les nécropoles de Dominés, de Dermech el de Bordj-Djedid. D'autre pari, le musée renferme un certain nombre de pièces toul aussi importantes el qui sont restées, pour la plupart, assez, peu connues. Je crois devoir signaler ici tout particulièrement: une hachette en bronze inédile, du
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Les étuis métalliques à lames gravées apparaissent donc assez fréquemment clans les nécropoles puniques, surtout les plus anciennes, et dans celles-là seulement. Ils peuvent être considérés comme un des objets caractéristiques du mobilier funéraire phénicien primitif. Ce ne sont pas, à proprement parler, des bijoux, mais bien plutôt des amulettes. Les ligures gravées sur leurs rouleaux sont de même nature que les staluettes et les bijoux protecteurs, dont les Carthaginois se plaisaient à entourer leurs morts : divinités purement égyptiennes,
type de celles de Bordj-Djedid (ive siècle ?-), couverte de dessins gravés au trait très finement, figurant des poissons et trois tireurs à l'arc, l'un à genoux, les autres debout. J'espère obtenir une reproduction de cet objet qui reste, depuis de longues années, inconnu dans une vitrine du musée, et qu'il serait si intéressant de comparer à nos hachettes de Cartilage (Provenance : Tharros) ;
Une intéressante série démoules circulaires en terre cuite : palmettes phéniciennes et torsades *, cheval et cavalier, entourés d'animaux divers ; tête de Gorgone ; cinq poissons disposés en cercle ;
Trois masques phylactères en terre cuite : le premier semblable à l'un de ceux que j'ai découverts cette année à Dermech 2 : vieillard de type sémitique très accentué, front fuyant, nez busqué, yeux clignotants, bouche largement ouverte, et montrant toutes ses dents dans un rictus affreux ; mais, détail à noter : les tatouages qui sillonnent le front de l'un et l'autre masques, et que, sur celui de Carthage, on pourrait prendre pour de simples rides, affectent ici la forme d'une longue barque à raies longitudinales, dont la proue et la poupe se recourbent sur les tempes, en tête de cygne (Rapprocher ce motif ornemental de celui des hachettes de bronze rituelles, et des manches d'étuis signalés plus haut) ;
Le second masque, que l'on peut rapprocher de celui que le P. Delattre a découvert, en 1899, à Bord-Djedid, représente un homme barbu, d'une monstrueuse laideur, le nez épaté et retroussé, la face bestiale, les oreilles pointues comme celles d'un félin. Le dernier, découvert à San Sperato, et offert au musée par M. Vivanet, a le nez traversé d'un nezem, et porte sur le front, au lieu de la loupe habituelle, divers signes symboliques superposés dans l'ordre suivant : une fleur de lotus épanouie, une rosace, un bandeau à chaton central et ruban plissé qui traverse tout le front, un globe solaire surmonté d'une palnietteet accosté de deux uraeus.