PI. LXV, LXVI.J
2. Los murs, formés de grandes dallos do calcaire coquillier, no sont pas revêtus d'enduits, lin/1, archéol., 1901, cxm].
de 2 m. 0,r> et large de 1 mètre, s'emboîte exactement dans les murs latéraux, qui présentent extérieurement un évidement en saillie, ménagé pour la recevoir. Le coin supérieur gauche ayant été écorné, peut-être intentionnellement, la lacune existante a été remplie au moyen d'une sorte de bouchon en pierre, qui épouse exactement sa forme ; le tombeau est orienté, la porte s'ouvre, comme toujours, à l'Est.
Le caveau renfermait un cercueil, formé de planches épaisses de 0 m. 10 environ, réunies par des chevilles en bois, et dont les débris, assez bien conservés, recouvraient entièrement le squelette, un homme, dont la tête était tournée, contrairement à l'usage, vers l'Est. Cette particularité s'explique sans doute par la difficulté que l'on éprouva, vu l'étroilesse du caveau, à tourner le mort dans le sens rituel ; une fois descendu dans le puits, les pieds en avant, il fallut l'enfourner dans le caveau en lui conservant la même position. J'ai dit que les planches du cercueil étaient agencées avec des chevilles en bois, contrairement à ce qui se produisit plus tard clans les tombes du iue et ne siècle, clans la nécropole de Rordj-Djedid où le P. Delattre a découvert quantité de clous en bronze et en fer. Ici, j'ai bien recueilli quatre petits clous en bronze, à tête arrondie et double pointe recourbée en crochets, et un fermoir en forme d'agrafe ; mais ces objets se trouvaient groupés au fond du tombeau, au delà des pieds du squelette ; les débris ligneux, auxquels restaient encore fixées les goupilles de bronze, étaient d'une teinte noirâtre, et non plus acajou comme ceux du cercueil lui-même, et d'une texture plus serrée. Les goupilles étaient groupées deux à deux, comme pour soute-
nir une anse ; le fermoir se trouvait au centre. Enfin les dimensions de ces pièces étaient beaucoup trop faibles pour pouvoir s'adapter au cercueil lui-même. Les clous mesurent (crochets non compris) 0 m. 05 de longueur dont 0 m. 04 seulement enfoncés dans le bois. Ils ne servaient donc pas, comme on Ta supposé pour d'autres tombeaux puniques, à fixer au cercueil les poignées servant à le descendre; ils appartenaient à ce coffret en bois, orné de boutons appliqués et de palmettes incrustées en ivoire, dont nous sommes amenés à supposer la présence dans la moitié au moins des tombes que nous avons fouillées. Ils devaient fixer à ce coffret deux petites poignées faites soit de bronze (et dans ce cas nous les retrouvons à côté des crochets), soit de cuir, de corde ou de sparterie (et dans ce cas il n'en reste pas plus de traces que du coffret lui-même). C'est ce qui s'est produit ici ; mais nous avons retrouvé seize boulons d'ivoire, qui couvraient sans doule le couvercle du coffret.
Auprès des crochets, se trouvaient les poteries réglementaires qui caractérisent la 3e région : deux grandes jarres en obus, deux pelites œnochoés, l'une à bouche tréflée, l'autre à orifice circulaire, la lampe et sa palère ; puis une épée en fer, la première que nous rencontrons dans la nécropole punique. La poignée, en forme de croix, est revêtue de plaquettes de bois, fixées sur ses deux faces par deux clous ; la lame est large et droite, le fourreau, en bois également, a presque disparu.
Le cercueil lui-même ne renferme, comme c'est aussi la règle pour les sarcophages de la 3e région, que le cadavre cl les quelques bijoux ou amulettes appartenant en propre au morl :
1° Un petit pendant d'oreille en or, de 0 m. 02 de diamètre, du type si fréquent dans la nécropole de Bordj- Djedid, et que je n'ai jamais rencontré, au contraire, dans les tombeaux de la l'° el de la 2° région à Dermech. C'est une lige d'or ' amincie aux deux bouts, arrondie en anneau, et dont les deux extrémités, se doublant, s'entortillent autour du cercle de métal ainsi obtenu. Il n'y avait qu'un seul pendant : aujourd'hui encore les enfants arabes, filles et garçons, se parent d'un unique anneau d'or ou d'argent, fixé à l'oreille droite;
2° Un autre pendant, provenant sans doute d'un collier : cœur en cornaline, suspendu à une boucle d'or. Hauteur, 0 m. 016 ;
3° Un gland de chêne admirablement travaillé. Le gland lui-même est formé d'une perle en cristal de roche, avec évidement cylindrique en cul de sac dans l'axe. La cupule, en or, extérieurement ornée de globules multiples el microscopiques, soudés séparément à l'or et figurant les aspérités de l'écorce, est munie au centre d'un tuyau cylindrique qui s'engage dans le gland, et qui renferme une feuille d'or roulée sur elle-même. Celte tablette est gravée de trois figures divines de style égyptien : au centre, Osiris, assis sur un trône à dossier, que supporte l'Oiidja ; à droile, un ibis aux ailes éployées présenté de biais, avec un effet de raccourci toul japonais ; à gauche, un uraeus ailé, à corselet de phalène. Le P. Delattre a trouvé un bijou analogue à Douimès, mais moins bien conservé, et ne renfermant pas de feuille intérieure ;
4° Plusieurs perles en émail et quelques amulettes, un scarabée, une Isis debout, un éléphant, un épervier,