‹ Nécropoles puniques de CarthageChapitre 15 sur 220 · Catal. ms · texte numérisé non relu

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dire de miroir. La circonférence est garnie d'une fragile série de grandes pointes terminées par des boules arrondies, et doublée d'une autre série de pointes aiguës plus

petites ; au sommet, deux dents, inclinées obliquement, figurent les deux cornes d'un croissant montant. Le disque est orné de huit médaillons, quelques-uns presque effacés : ils contiennent des télés, figurées par quelques traits en relief, avec deux points pour les yeux, léles qui rappellent les effigies les plus primitives et les plus rudi-

menlaires des monnaies de l'ancienne Afrique. Le médaillon du sommet, placé juste sous le croissant, contient le buste d'une femme ornée d'un frontal et vue de face. Les autres bustes, vus de profil, se correspondent des deux côtés du disque. Ce sont, autant qu'on en peut ju-

ger, des hommes portant de bizarres coiffures surmontées de pointes, d'aigrettes, et peut-être d'uraeus, comme on en trouve représentés sur des peintures égyptiennes l. Les deux médaillons qui a voisinent celui du centre contiennent en outre deux attributs facilement reconnaissablés : celui de gauche, le disque de Tanit, et celui de

1. Cf. Rosellini, Monurn. slorici, pi. CLX. Comparez d'autre part à la coiffure du guerrier, représenté sur le bas-relief rupestre de Mogliarel-Tahtania : Tissot, Pr. rom. d'Afr., I, p. 491 ; el à celle «les hommes figurés sur les bandeaux d'or estampés qu'on a trouvés prés de C acérés : G. Schlumberger, Bandeaux d'or estampés d'époque archaïque. Extr. de La Gaz. src/i., 1885, p. 9 du tirage à part et pi. II.

droite, une sorte de harpon, ressemblant beaucoup à la serpe du dieu Saturne. Le disque, avec ses ornements, semble avoir été estampé, plutôt que coulé dans un moule. Il en est de même d'une curieuse figurine de plomb, où l'on avait cru reconnaître l'image d'un soldat, casqué et cuirassé, servant de jouet d'enfant. Sans doule. comme les soldats de plomb qu'on fabrique aujourd'hui, elle était faite pour se tenir debout dans une position verticale, sur ses pieds posés à plat et lui servant de base; mais à cela se borne la ressemblance. La figurine, qui est en assez bon état malgré la cassure des pieds, représente une femme, peut-être une déesse. Elle est vue de face, les jambes bien campées, les mains ouvertes et posées à plat sur le ventre, les pouces en haut. Les seins sont représentés par deux boules, la place du nombril est marquée par un double cercle avec un point au milieu. Elle est vêtue, semble-t-il, d'un justaucorps très orné, faisant de nombreux plis sur les épaules et sur les bras. Des perles au cou, un frontal dans les cheveux, des boucles d'oreilles, complètent la parure : la pose et le style sont ceux que l'on retrouve sur un certain nombre de sculptures phéniciennes d'Asie ; elle offre notamment de grandes analogies avec la figure centrale d'un bas-relief provenant d'Ascalon, qui est au Louvre, et qui semble représenter la divinité locale de celle cité, Athara 1.

1. Const. , sér. 4, VI, p. 55; Album, pi. X; Catel., 285. Cf. Héron de Villcfossc, Not. des monum. prôv. de la Palestine, Paris, 1879, n° 64, p. 46 et 66 . — Comparez la figurine conservée au Musée avec une au tri' analogue, trouvée dans le Rouinel en deux fragments, et appartenant à M. Carbonnel. L'un des fragments, le corps, a été publié dans Const., sér. 2, X, p. 168, n° 3 et pi. XVIII, n° 3. La tète a été retrouvée, depuis, dans le Houuiel.

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